Peu après nous longions le marigot et nous arrivions à Kalabala, village
peu important, habité par des Bambaras. A côté des nouvelles cases en
paille, on voyait les débris de l’ancien village ruiné, comme tout le
pays, pendant la conquête ; on pouvait encore juger de la disposition
des cases qui étaient en terre comme à Dianghirté, et souvent en sous-
sol. Après le déjeuner, on se remit en route pour aller coucher à
Fabougou, village en reconstruction sur le bord de l’une des branches du
marigot. Nous y fûmes agréablement surpris par la vue d’un troupeau de
deux à trois cents bœufs, appartenant à Sambouné Poul, chef de Hofara,
ou plutôt à son fils Houka, nous dit-on, Sambouné étant mort. Les bœufs
s’étaient précipités dans les flaques d’eau du marigot et les
troublaient tellement, qu’il nous fut impossible d’avoir de l’eau
propre. Les bergers qui vinrent nous voir offraient le type Peuhl dans
toute sa pureté : nez aquilin, cheveux soyeux nattés, lèvres minces.
Pour un peu de poudre nous nous procurâmes abondamment du lait, ce qui,
joint à nos ressources et au souper du village, nous laissa encore dans
l’abondance.