Paris. Imp. Fraillery 3. r. Fontanes.]

Peu après nous longions le marigot et nous arrivions à Kalabala, village

peu important, habité par des Bambaras. A côté des nouvelles cases en

paille, on voyait les débris de l’ancien village ruiné, comme tout le

pays, pendant la conquête ; on pouvait encore juger de la disposition

des cases qui étaient en terre comme à Dianghirté, et souvent en sous-

sol. Après le déjeuner, on se remit en route pour aller coucher à

Fabougou, village en reconstruction sur le bord de l’une des branches du

marigot. Nous y fûmes agréablement surpris par la vue d’un troupeau de

deux à trois cents bœufs, appartenant à Sambouné Poul, chef de Hofara,

ou plutôt à son fils Houka, nous dit-on, Sambouné étant mort. Les bœufs

s’étaient précipités dans les flaques d’eau du marigot et les

troublaient tellement, qu’il nous fut impossible d’avoir de l’eau

propre. Les bergers qui vinrent nous voir offraient le type Peuhl dans

toute sa pureté : nez aquilin, cheveux soyeux nattés, lèvres minces.

Pour un peu de poudre nous nous procurâmes abondamment du lait, ce qui,

joint à nos ressources et au souper du village, nous laissa encore dans

l’abondance.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 56 / 368 题