Koundian 13° 08′ 57″ 12° 58′ 22″

La ville se compose de la forteresse et d’un village, dont les cases

sont en partie maçonnées, mais couvertes presque toutes de paille.

La forteresse est un carré régulier, de 160 mètres de côté, flanqué de

seize tours, dont deux ont des portes : l’une de ces portes, située à

l’Est, sert à la circulation ; l’autre, qui est dans une des tours de

l’Ouest est toujours fermée. Cette muraille, de 8 à 9 mètres de haut, a

1m,50 d’épaisseur à la base ; elle est en pierres maçonnées avec du

pisé, et chaque année on la crépit en terre. Il ne nous a pas été permis

d’en visiter l’intérieur ; mais elle contient, outre la maison d’El

Hadj, dans laquelle il a une femme et que gouverne Diango, l’habitation

de la plupart des sofas (esclaves guerriers) et d’une partie de talibés.

Tout autour s’étend une plaine à laquelle on arrive par quatre défilés

bordés de hautes montagnes. Cette place présenterait une grande

difficulté, même à l’attaque de troupes régulières. Le pays est riche en

mil et en or, mais il n’avait plus de bestiaux, car à la suite de la

guerre, il y a eu disette et l’on a tout mangé. Aussi le cadeau d’un

bœuf que me fit Diango était-il princier.

En somme, Diango était un Malinké, et les instincts rapaces de sa race

se montraient souvent. Je lui fis un cadeau, il en parut mécontent ;

mais quand il vit que sa colère ne m’effrayait pas et que je le menaçais

de son maître, lui disant qu’il pouvait prendre, mais que je ne

donnerais pas, il devint petit garçon, et il m’extorqua petit à petit du

sel en assez grande quantité, des pièces de guinée, etc., etc.

D’autres côtés, on venait m’obséder de demandes. Les griots et les

griotes venaient faire de la musique et danser ; les chefs venaient

mendier qui un pantalon, qui un boubou ; les malades pleuvaient au

docteur qui y eût épuisé sa pharmacie et qui tomba malade lui-même de

fatigue. J’avais eu moi-même la fièvre à la suite d’un bain froid. Il

fallait sortir de là. Je sommai donc Diango de me donner le guide promis

et j’exigeai qu’il fixât l’heure du départ.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 33 / 368 题