Max avait disparu.
C’est en vain que ses amis s’étaient présentés chez lui; la réponse
avait été invariable:
--Monsieur le vicomte est sorti, répondait le domestique. On se livrait
aux plus singulières conjectures.
Était-il à Paris?
Son père l’avait exilé dans une terre.
Il était aux eaux avec une de ses tantes.
Mais non, la saison était passée.
Il était en Italie alors.
Il avait été enlevé par une danseuse.
Tous ces bruits contradictoires avaient été longuement discutés, mais
l’opinion publique n’avait pas décidé encore.
Qui donc eût pu se douter que Max, épris follement d’une ouvrière,
passait ses journées, ses soirées, tout son temps, préoccupé sans cesse
de cet amour.
Heureux seulement quand il voyait Louise, quand il pouvait rester
quelques heures avec elle.
Car, maintenant, il allait souvent chez Louise; leur mariage était bien
convenu, Max n’attendait qu’une occasion pour obtenir le consentement de
son père.
Et Max était plus heureux qu’il ne l’avait jamais été, même dans ces
jours de folie où, puisant sans compter, il jetait à pleines mains l’or
et sa belle jeunesse.
Louise était heureuse aussi, l’avenir maintenant c’était l’amour de Max,
le bonheur au lieu de la misère et du désespoir.