RABELAIS.

À l'époque où commence cette histoire, Raoul et Marguerite (un joli nom

pour les amours) étaient mariés depuis cinq mois environ.

Mariage d'inclination, bien entendu.

Raoul, un beau soir, en entendant Marguerite chanter la jolie romance du

colonel Henry d'Erville:

_L'averse, chère à la grenouille,_ _Parfume le bois rajeuni._ _... Le

bois, il est comme Nini._ _Y sent bon quand y s'débarbouille._

Raoul, dis-je, s'était juré que la divine Marguerite (diva Margarita)

n'appartiendrait jamais à un autre homme qu'à lui-même.

Le ménage eût été le plus heureux de tous les ménages, sans le fichu

caractère des deux conjoints.

Pour un oui, pour un non, crac! une assiette cassée, une gifle, un coup

de pied dans le cul.

À ces bruits, Amour fuyait éploré, attendant, au coin du grand parc,

l'heure toujours proche de la réconciliation.

Alors, des baisers sans nombre, des caresses sans fin, tendres et bien

informées, des ardeurs d'enfer.

C'était à croire que ces deux cochons-là se disputaient pour s'offrir

l'occasion de se raccommoder.

À se tordre: Histoires chatnoiresques · 第 29 / 81 题