3.--LES MÉTAUX.

On partageait les métaux en deux groupes, séparés par la mention de

quelques espèces de pierres précieuses, comme le lapis-lazuli et la

malachite: celui des métaux nobles, l'or, l'électrum, l'argent; celui

des métaux vils, le cuivre, le fer, le plomb, auquel on joignit plus

tard l'étain.

Le fer était réservé aux armes et aux outils de fatigue, ciseaux de

sculpteur et de maçon, tranchants de hache ou d'herminette, lames de

couteaux ou de scies. Le plomb ne servait guère. On en incrustait

parfois les battants de portes des temples, des coffrets, des meubles,

et on en fabriquait de petites statues de divinités, surtout des Osiris

ou des Anubis. Le cuivre pur était trop mou pour résister à l'usage

courant: le bronze était le métal favori des Égyptiens. Il n'est pas

vrai qu'ils aient réussi, comme on l'a dit souvent, à lui procurer par

la trempe la dureté du fer ou de l'acier, mais ils ont su en obtenir des

qualités très différentes, en variant les éléments et les proportions de

l'alliage. La plupart des objets examinés jusqu'à présent ont donné les

quantités de cuivre et d'étain employées aujourd'hui encore à la

fabrication du bronze commun. Ceux que Vauquelin étudia, en 1825,

renfermaient 84 pour 100 de cuivre, 14 d'étain, 1 de fer et d'autres

matières. Un ciseau, rapporté d'Égypte par Wilkinson, ne contenait que

5,9 pour 100 d'étain, 0,1 de fer et 94 de cuivre. Des débris de

statuettes et de miroirs, analysés plus récemment, ont rendu une

quantité notable d'or ou d'argent, et correspondent aux airains de

Corinthe. D'autres ont la teinte et la composition du laiton. Beaucoup

des plus soignés résistent d'une manière étonnante à l'humidité, et

s'oxydent très difficilement; on les frottait encore chauds d'un vernis

résineux, qui en remplissait les pores et laissait à la surface une

patine inaltérable. Chaque espèce avait son emploi: le bronze ordinaire

pour les armes et pour les amulettes communs, les alliages analogues au

laiton pour les ustensiles de ménage, les bronzes d'or et d'argent pour

les miroirs, les armes de prix, les statuettes de luxe. Aucun des

tableaux que j'ai vus dans les tombes ne représente la fonte et le

travail du bronze, mais l'examen des objets eux-mêmes supplée à ce

défaut des monuments figurés. Les outils, les armes, les anneaux, les

vases à bon marché étaient partie forgés, partie coulés d'un seul coup

dans des moules en terre réfractaire ou en pierre. Tout ce qui était

oeuvre d'art était coulé en un ou plusieurs morceaux, selon les cas,

puis les pièces ajustées, soudées et retouchées au burin. Le procédé le

plus fréquemment employé était celui de la fonte au carton: un noyau de

sable ou de terre mêlée de charbon pilé était introduit dans le moule,

et le modelé du dehors se répétait grossièrement au dedans. La couche de

métal était souvent si mince qu'elle aurait cédé à une pression un peu

forte si on n'avait pris la précaution de la consolider en laissant le

noyau en place pour lui servir de soutien.

La plupart des ustensiles domestiques et des petits instruments du

ménage étaient en bronze. On les rencontre par milliers en original dans

nos musées, en figure sur les peintures et les bas-reliefs. L'art et le

métier n'étaient pas incompatibles en Égypte, et le chaudronnier

lui-même s'efforçait de prêter à ses oeuvres les plus humbles une forme

élégante et des ornements de bon goût. La marmite où le cuisinier de

Ramsès III composait ses chefs-d'oeuvre est supportée par des pieds de

lion. Telle bouilloire semble ne différer en rien de la bouilloire

moderne (Fig.267), mais examinez-la de près: l'anse est une fleur de

papyrus épanouie, dont les pétales, inclinés sur la tige, s'appuient au

rebord du goulot (Fig.268). Le manche des couteaux ou des cuillers est

presque toujours un cou de canard ou d'oie recourbé; le bol est parfois

un animal, une gazelle liée comme les bêtes offertes en sacrifice

(Fig.269). Un petit chacal est accroupi sur la poignée d'un sabre. Une

paire de ciseaux du musée de Boulaq a, pour branche principale, un

captif asiatique, les bras liés derrière le dos. Tel miroir est une

feuille de lotus découpée: la queue sert de manche. Telle boîte à

parfums est un poisson, telle autre un oiseau, telle autre un dieu

grotesque. Les vases à eau lustrale, que les prêtres et les prêtresses

portaient à la main pour asperger les fidèles ou le terrain sur lequel

défilaient les processions, méritent une place particulière dans

l'estime des connaisseurs. Ils sont pointus ou ovoïdes par le bout, et

décorés de tableaux au trait ou en relief. Tantôt ce sont des images de

dieux, chacune dans un cadre; tantôt c'est une scène d'adoration. Le

travail en est ordinairement très fin.

[Illustration: Fig. 267]

[Illustration: Fig. 268]

[Illustration: Fig. 269--(D'après Wilkinson.)]

La statuaire s'était de bonne heure emparée du bronze: malheureusement,

aucune ne nous a été conservée de ces idoles qui remplissaient les

temples de l'ancien empire. Quoi qu'on en ait dit, nous ne possédons

point de statuettes en bronze qui soient antérieures à l'expulsion des

Hyksos. Quelques-unes des figures qui proviennent de Thèbes sont bien

certainement de la XVIIIe et de la XIXe dynastie: la tête de lion

ciselée qui était avec les bijoux de la reine Ahhotpou, l'Harpocrate

de Boulaq, qui porte le prénom de Kamos et le nom d'Ahmos Ier, plusieurs

Ammon du même musée, qu'on dit avoir été découverts à Médinét-Habou et à

Shéikh Abd-el-Gournah. Les pièces les plus importantes appartiennent à

la XXIIe dynastie, ou lui sont postérieures et contemporaines des

Pharaons saïtes; beaucoup ne remontent pas plus haut que les premiers

Ptolémées. Un fragment qui est en la possession du comte Stroganoff, et

qui a été recueilli dans les ruines de Tanis, faisait partie d'une

statue votive du roi Pétoukhânou. Elle était exécutée aux deux tiers au

moins de la grandeur naturelle, et c'est le morceau le plus considérable

que nous ayons jusqu'à présent. Le portrait de la dame Takoushit, donné

par M. Démétrio au musée d'Athènes, les quatre figures de la collection

Posno, aujourd'hui au Louvre, le génie agenouillé de Boulaq, sont

originaires de Bubastis et datent probablement des années qui

précédèrent l'avènement de Psamitik Ier. La dame Takoushit est debout,

le pied en avant, le bras droit pendant, le bras gauche replié et ramené

contre la poitrine (Fig.270). Elle est vêtue d'une robe courte, brodée

de scènes religieuses, et a des bracelets aux bras et aux mains. La

perruque à mèches carrées, régulièrement étagées, lui emboîte la tête.

Le détail des étoffes et des bijoux est dessiné en creux, au trait, à la

surface du bronze, et relevé d'un fil d'argent. La face est un portrait

et semble indiquer une femme d'âge mûr. Le corps est, selon la tradition

des écoles égyptiennes, un corps de jeune fille, élancé, ferme et

souple. Le cuivre est mêlé fortement d'or et a des reflets doux, qui se

marient de la manière la plus heureuse avec le riche décor de la

broderie. Autant l'aspect en est fin et harmonieux, autant celui du

génie agenouillé de Boulaq est rude et heurté. Il a la tête d'épervier

et adore le soleil levant, comme c'est le devoir des génies

d'Héliopolis; son bras droit est levé en l'air, son bras gauche se serre

contre la poitrine. Le style de l'ensemble est sec, et le grenu de

l'épiderme augmente encore l'impression de dureté; mais le mouvement est

juste, énergique, et le masque d'oiseau s'ajuste au buste d'homme avec

une sûreté surprenante. Les mêmes qualités et les mêmes défauts se

retrouvent sur l'Hor de la collection Posno (Fig.271). Debout, les bras

lancés en avant, à hauteur de la tête, il soulève le vase à libations et

en verse le contenu sur un roi jadis placé devant lui. La rudesse est

moins sensible dans les trois autres figures, surtout dans celle qui

porte le nom de Mosou gravé à la pointe sur la poitrine, à l'endroit du

coeur (Fig.272). Elle est debout, comme Hor, le pied gauche en avant, le

bras gauche tombant près de la cuisse. La main droite, relevée à la

hauteur du sein, tenait le bâton de commandement. Le torse est nu, les

reins sont ceints du pagne rayé, dont la pointe retombe carrément entre

les deux cuisses. La tête est coiffée de la perruque courte, à petites

mèches fines, imbriquées l'une sur l'autre. L'oreille est ronde et

grande. Les yeux, bien ouverts, étaient sertis d'argent et ont été volés

par quelque fellah. Les traits ont une expression remarquable de hauteur

et de fermeté. Que dire, après cela, des milliers d'Osiris, d'Isis, de

Nephthys, d'Hor, de Nofirtoum, qu'on a retirés du sable et des décombres

à Saqqarah, à Bubaste et dans toutes les villes du Delta? Beaucoup, sans

doute, sont de charmants morceaux de vitrine et se recommandent par la

perfection de la fonte ou par la délicatesse du travail; mais la plupart

sont des objets de commerce, fabriqués pendant des siècles sur les mêmes

modèles, et peut-être dans les mêmes moules, pour l'édification des

dévots et des pèlerins. Ils sont mous, vulgaires, sans originalité, et

ne se distinguent non plus les uns des autres que les milliers de

figurines coloriées, dont nos marchands d'objets de sainteté encombrent

leurs étalages. Seules, les images d'animaux, les béliers, les sphinx,

les lions surtout, gardèrent jusqu'à la fin un cachet d'individualité

des plus prononcés. Les Égyptiens avaient pour les félins une

prédilection particulière: ils ont représenté le lion dans toutes les

attitudes, chassant l'antilope, se ruant sur les chasseurs, blessé et se

retournant pour mordre sa blessure, au repos et couché d'un calme

dédaigneux, et nul peuple ne l'a rendu avec pareille connaissance de ses

Habitudes ni avec pareille intensité de vie. Plusieurs dieux et

plusieurs déesses, Shou, Anhouri, Bastît, Sokhit, Tafnout, avaient forme

de lion ou de chat, et comme le culte en était plus populaire dans le

delta que partout ailleurs, il ne se passe guère d'années où l'on ne

déterre, au milieu des ruines de Bubastis, de Tanis, de Mendès ou de

quelque ville moins célèbre, de véritables dépôts où les figurines de

lion ou de lionne, de femmes ou d'hommes à têtes de lion et de chat, se

comptent par milliers. Les chats de Bubaste et les lions de Tell-es-sebâ

remplissent nos musées. Les lions d'Horbaït peuvent compter parmi les

chefs-d'oeuvre de la statuaire égyptienne. Le nom d'Apriès est inscrit

sur le plus grand d'entre eux (Fig.273), mais ce témoignage précis nous

manquerait, que les caractères du morceau nous ramèneraient

invinciblement à l'époque saïte. Il faisait partie des pièces qui

composaient l'ornementation d'une porte de temple ou de naos, et la face

postérieure en était engagée dans un mur ou dans une pièce de bois. Il

est pris au piège, ou couché dans une cage oblongue, d'où ne sortent que

la tête et les pattes de devant. Les lignes du corps sont simples et

puissantes, l'expression de la face calme et forte. Il égale presque par

l'ampleur et la majesté les beaux lions en calcaire d'Amenhotpou III.

[Illustration: Fig. 270]

[Illustration: Fig. 271]

[Illustration: Fig. 272]

[Illustration: Fig. 273]

L'idée d'appliquer l'or et les métaux nobles sur le bronze, sur la

pierre ou sur le bois, était déjà ancienne en Égypte, au temps de

Khéops. L'or est très souvent mêlé d'argent à l'état naturel; quand il

en renfermait 20 pour 100, il changeait de nom et s'appelait électrum

(_asimou_). L'électrum a une belle teinte jaune clair. Il pâlit à mesure

que la proportion augmente: à 60 pour 100, il est presque blanc.

L'argent venait surtout d'Asie en anneaux, en plaques ou en briquettes

d'un poids déterminé. L'or et l'électrum arrivaient partie de Syrie, en

briques et en anneaux, partie du Soudan, en pépites ou en poudre.

L'affinage et la fonte sont figurés sur les monuments des anciennes

dynasties. Un bas-relief de Saqqarah nous montre la pesée de l'or confié

à l'ouvrier qui doit le travailler; un autre, de Béni-Hassan, le lavage

et la mise au feu du minerai; un autre, de Thèbes, l'orfèvre assis

Devant son creuset, le chalumeau à la bouche pour attiser la flamme, et

la pince à la main droite, prêt à saisir le lingot (Fig.274). Les

Égyptiens ne frappaient ni monnaies ni médailles. A cela près, ils

tiraient le même parti que nous des métaux précieux. Comme nous dorons

les croix et les coupoles des églises, ils recouvraient d'or les portes

des temples, le soubassement des murs, les bas-reliefs, les pyramidions

d'obélisque, les obélisques entiers. Ceux de la reine Hatshepsitou à

Karnak étaient bardés d'électrum. «On les apercevait des deux rives du

Nil, et ils inondaient les deux Égyptes de leurs reflets éblouissants,

quand le soleil se levait entre eux, comme il se lève à l'horizon du

ciel.» C'étaient des lames forgées à grands coups de marteau sur

l'enclume. Pour les objets de petite dimension, on se servait de

pellicules, battues entre deux morceaux de parchemin. Le musée du Louvre

possède un véritable livret de doreur, et les feuilles qu'il renferme

sont aussi fines que celles des orfèvres allemands au siècle passé. On

les fixait sur le bronze au moyen d'un mordant ammoniacal. S'il

s'agissait de quelque statuette en bois, on commençait par coller une

toile fine ou par déposer une mince couche de plâtre, et l'on appliquait

l'or ou l'argent par-dessus ce premier enduit. Il est question de

statues en bois doré de Thot, d'Hor, de Nofirtoum, dès le temps de

Khéops. Le seul temple d'Isis, dame de la pyramide, en renfermait une

douzaine, et ce n'était pas l'un des plus grands dans la nécropole

memphite. Les temples de Thèbes paraissent en avoir possédé des

centaines, au moins sous les dynasties conquérantes du nouvel empire, et

les sanctuaires ptolémaïques ne le cédaient pas en cela aux thébains.

[Illustration: Fig. 274]

Le bronze et le bois doré ne suffisaient pas toujours aux dieux: c'était

de l'or massif qu'il leur fallait et on leur en donnait le plus

possible. Les rois de l'ancien et du moyen empire leur dédiaient déjà

des statues taillées en plein dans les métaux précieux. Les pharaons de

la XVIIIe et de la XIXe dynastie, qui puisaient presque à volonté dans

les trésors de l'Asie, renchérirent sur ce qu'avaient fait leurs

prédécesseurs. Même quand la décadence fut venue, on vit de simples

seigneurs féodaux continuer la tradition des grands règnes, et, comme

Montoumhît, prince de Thèbes, remplacer les images en or et en argent,

que les généraux d'Ashshourbanipal avaient enlevées à Karnak, pendant

les invasions assyriennes. La quantité de métal ainsi consacrée au

service de la divinité était considérable. Si on y trouvait beaucoup de

figures hautes de quelques centimètres à peine, on en trouvait beaucoup

aussi qui mesuraient trois coudées et plus. Il y en avait d'un seul

métal, or ou argent; il y en avait qui étaient partie en or, partie en

argent; il y en avait enfin qui se rapprochaient de la statuaire

chryséléphantine des Grecs, et où l'or se combinait avec l'ivoire

sculpté, avec l'ébène, avec les pierres précieuses. Ce qu'elles étaient,

on le sait très exactement, et par les représentations qui en existent

un peu partout, à Karnak, à Médinét-Habou, à Dendérah, dans les tombes,

et par les statues de calcaire et de bois: la matière avait beau

changer, le style ne variait pas. Rien n'est plus périssable que de

pareilles oeuvres; la valeur même des matériaux qui les composent les

condamne sûrement à la destruction. Ce que les guerres civiles, les

invasions étrangères, la rapacité des pharaons et des gouverneurs

romains avait épargné, devint la proie des chrétiens. Quelques

statuettes mignonnes, placées sur les momies en guise d'amulettes,

quelques figures, adorées comme divinités domestiques et égarées dans

les ruines des maisons, quelques ex-voto, oubliés dans le coin obscur

d'un temple, sont parvenus jusqu'à nous. Le Phtah et l'Ammon de la reine

Ahhotpou, un autre Ammon en or de Boulaq et le vautour en argent

découvert à Médinét-Habou vers 1885, sont les seules pièces de ce genre

attribuées certainement à la grande époque. Le reste est saïte ou

ptolémaïque et ne se recommande point par la perfection du travail. La

vaisselle que renfermaient les temples et les maisons n'a pas eu

meilleure chance que les statues. Le Louvre a acquis, au commencement du

siècle, des coupes à fond plat que Thoutmos III donna à l'un de ses

généraux, Thoutii, en récompense de sa bravoure. La coupe d'argent est

très mutilée, la coupe d'or est intacte et d'un fort joli dessin

(Fig.275). Les parois latérales sont ornées d'une légende

hiéroglyphique. On a gravé au fond une rosace, autour de laquelle

circulent six poissons. Une bordure de fleurs de lotus, reliées par une

ligne courbe, tourne autour du sujet principal. Les cinq vases de

Thmouïs, conservés à Boulaq, sont en argent. Ils faisaient partie du

mobilier sacré, et avaient été enfouis dans une cachette, où ils sont

demeurés jusqu'à nos jours. Rien n'indique leur âge; mais, qu'ils soient

de l'époque grecque ou de l'époque thébaine, la facture est purement

égyptienne. Il ne reste plus de l'un d'eux que le couvercle avec une

poignée formée de deux fleurs réunies par la tige. Les autres sont

intacts et décorés au repoussé de boutons de lotus et de lotus épanouis

(Fig.276). Le galbe en est élégant et simple, l'ornementation sobre et

légère, le relief très fin; l'un d'eux est pourtant entouré d'une

ceinture d'oves assez fortes (Fig.277), dont la saillie altère un peu

les contours de la panse. Ce sont là des pièces intéressantes; mais le

nombre en est si restreint, que nous aurions une idée très incomplète de

l'orfèvrerie égyptienne si les représentations figurées ne venaient à

notre aide. Les pharaons n'avaient pas comme nous la ressource de jeter

dans la circulation, sous forme de monnaie, l'or et l'argent qu'ils

recevaient des peuples vaincus. La part des dieux prélevée, ils

n'avaient d'autre alternative que de fondre en lingots, ou de changer

en vaisselle et en bijoux ce qui leur revenait du butin. Ce qui était

vrai des rois l'était encore plus des particuliers, et, pendant six ou

huit siècles au moins, à partir d'Ahmos Ier, le goût de l'argenterie fut

poussé jusqu'à l'extravagance. Toutes les maisons possédaient non

seulement ce qu'il fallait pour le service de la table, plats, aiguières

à pied, coupes, gobelets, paniers sur lesquels on gravait au trait des

figures d'animaux fantastiques (Fig.278), mais de grands vases

décoratifs qu'on remplissait de fleurs, ou qu'on étalait sous les yeux

des convives les jours de gala. Certains d'entre eux étaient d'une

richesse extraordinaire. Ici, c'est une coupe dont les anses sont deux

boutons de papyrus, et le pied un papyrus épanoui; deux esclaves

asiatiques somptueusement vêtus semblent la soulever difficilement à

force de bras (Fig.279). Là, une sorte d'hydrie allongée a pour

couvercle un lotus flanqué de deux têtes de gazelle (Fig.280). Deux

bustes de chevaux, bridés et caparaçonnés, sont adossés au pied. La

panse est divisée en zones horizontales: celle du milieu figure un

marais, qu'une antilope effarouchée parcourt au galop. Deux burettes

émaillées ont pour couvercle, la première une tête d'aigle huppé

(Fig.281), la seconde un masque du dieu Bîsou, encadré entre deux

vipères (Fig.282). Un surtout en or (Fig.283), offert à Amenhotpou III

par un vice-roi d'Éthiopie, représente une des scènes les plus

fréquentes de la conquête égyptienne. Des singes et des hommes font la

cueillette des fruits dans un bois de palmiers-doums. Deux indigènes en

pagne rayé, parés d'une longue plume, conduisent chacun au licol une

girafe apprivoisée. D'autres hommes appartenant à la même tribu sont

agenouillés sur la lisière et lèvent les mains pour implorer la pitié

des troupes égyptiennes. Des prisonniers nègres, étendus à plat ventre

sur le sol, relèvent péniblement la tête et le buste. Une coupe à pied

bas, surmontée d'un cône allongé, se dresse au milieu des arbres.

Évidemment les ouvriers qui ont exécuté ce travail tenaient moins à

l'élégance et à la beauté qu'à la richesse et à l'effet. Ils se

souciaient peu que l'ensemble fût lourd et de mauvais goût, pourvu qu'on

admirât leur habileté, et la quantité de métal qu'ils avaient réussi à

employer. D'autres surtout du même genre, présentées à Ramsès II, dans

le temple d'Ipsamboul, remplacent les girafes par des buffles courant à

travers les palmiers.

[Illustration: Fig. 275]

[Illustration: Fig. 276]

[Illustration: Fig. 277]

[Illustration: Fig. 278]

[Illustration: Fig. 279]

[Illustration: Fig. 280]

[Illustration: Fig. 281]

[Illustration: Fig. 282]

[Illustration: Fig. 283]

C'étaient de vrais joujous d'orfèvrerie analogues à ceux que les

empereurs byzantins du IXe siècle avaient dans leur palais de la

Magnaure, et qu'ils étalaient les jours de réception pour donner aux

étrangers une haute idée de leur puissance et de leur richesse. On les

voyait défiler avec les prisonniers, dans le cortège triomphal de

Pharaon, lorsqu'il revenait victorieux de ses guerres lointaines. Les

vases d'usage journalier étaient plus légers et moins chargés

d'ornements incommodes. Les deux léopards qui servent d'anse à un

cratère du temps de Thoutmos III (Fig.284) ne sont pas bien

proportionnés et se combinent mal avec les rondeurs de la panse, mais

les coupes (Fig.285) et l'aiguière (Fig.286) sont d'une ordonnance

heureuse et d'un contour assez pur. Ces vases d'or et d'argent ciselé,

travaillés au repoussé, et dont quelques-uns offrent des scènes de

chasse ou de guerre disposées par zones, furent imités en Phénicie, et

les contrefaçons, expédiées en Asie Mineure, en Grèce, en Italie, y

Transportèrent plusieurs des formes et des motifs de l'orfèvrerie

égyptienne. La passion des métaux précieux était poussée si loin sous

les Ramessides, qu'on ne se contenta plus de les employer au service de

la table. Ramsès II et Ramsès III avaient des trônes en or, non point

plaqués sur bois, comme en avaient eu leurs prédécesseurs, mais massifs

et garnis de pierreries. Tout cela avait trop de prix pour durer et

disparut à la première occasion; la valeur artistique ne répondait pas

d'ailleurs à la valeur vénale, et la perte n'est pas de celles dont on

ne saurait se consoler.

[Illustration: Fig. 284]

[Illustration: Fig. 285]

[Illustration: Fig. 286]

Les Orientaux, hommes et femmes, sont grands amateurs de bijoux. Les

Égyptiens ne faisaient pas exception à la règle. Non contents de s'en

parer à profusion pendant la vie, ils en chargeaient les bras, les

doigts, le cou, les oreilles, le front, les chevilles de leurs morts. La

quantité qu'ils enfouissaient ainsi dans les tombeaux était si

considérable, qu'après trente siècles de fouilles actives, on découvre

encore, de temps en temps, des momies qui sont, pour ainsi dire,

cuirassées d'or. Beaucoup de ces bijoux funéraires n'étaient que des

ornements de parade, fabriqués pour le jour des funérailles, et dont

l'exécution se ressent de l'usage auquel ils étaient destinés. On ne se

privait pas pourtant d'enterrer avec les morts les bijoux qu'ils avaient

préférés de leur vivant, et ceux-là sont traités avec un soin qui ne

laisse rien à désirer. Les bagues et les chaînes nous sont arrivées en

très grand nombre, et cela n'a rien que de naturel. En effet, la bague

n'était pas comme chez nous un simple ornement, mais un objet de

première nécessité; on scellait les pièces officielles au lieu de les

signer, et le cachet faisait foi en justice. Chaque Égyptien avait donc

le sien, qu'il portait constamment sur lui afin d'en user en cas de

besoin. C'était, pour les pauvres, un simple anneau en cuivre ou en

argent, pour les riches, un bijou de modèle plus ou moins compliqué,

chargé de ciselures et d'ornements en relief. Le chaton mobile tournait

sur un pivot. Il était souvent incrusté d'une pierre avec la devise ou

l'emblème choisi par le propriétaire, un scorpion (Fig.287), un lion,

un épervier, un cynocéphale. Les chaînes étaient pour l'Égyptienne ce

que la bague était pour son mari, l'ornement par excellence. J'en ai vu

une en argent qui mesurait plus d'un mètre cinquante de long. D'autres,

au contraire, ont à peine cinq ou six centimètres. Il y en a de tous les

modules, à tresse double ou triple, à gros anneaux, à petits anneaux,

les unes massives et pesantes, les autres aussi légères et aussi

flexibles que le plus mince jaseron de Venise. La moindre paysanne

pouvait avoir la sienne, comme les dames du plus haut rang; mais il

fallait que la femme fût bien pauvre dont l'écrin ne contenait rien

d'autre. Bracelets, diadèmes, colliers, cornes, insignes de

commandement, aucune énumération n'est assez complète pour donner une

idée du nombre et de la variété des bijoux qu'on connaît, soit par la

représentation figurée, soit en original. Berlin a la parure d'une

Candace éthiopienne, le Louvre, celle du prince Psar, Boulaq celle de

la reine Ahhotpou, la plus complète de toutes. Ahhotpou était femme de

Kamos, roi de la XVIIe dynastie et peut-être mère d'Ahmos Ier. Sa momie

avait été enlevée par une des bandes de voleurs qui exploitaient la

nécropole thébaine, vers la fin de la XXe dynastie. Enfouie par eux, en

attendant qu'ils eussent le loisir de la dépouiller en sûreté, il est

probable qu'ils furent pris et mis à mort, avant d'avoir pu exécuter ce

beau dessein. Le secret de leur cachette périt avec eux et ne fut

découvert qu'en 1860, par les fouilleurs arabes. La plupart des objets

que la reine avait emportés dans l'autre monde sont des bijoux de femme,

un manche d'éventail lamé d'or, un miroir de bronze doré, à poignée en

ébène, garnie d'un lotus d'or ciselé (Fig.288). Les bracelets

appartiennent à plusieurs types divers. Les uns étaient destinés à

garnir la cheville et le haut du bras, et sont de simples anneaux en or,

massifs ou creux, ourlés de chaînettes en fils d'or tressés, imitant le

filigrane. Les autres se portent au poignet, comme les bracelets de nos

femmes, et sont formés de perles en or, en lapis-lazuli, en cornaline,

en feldspath vert, montées sur des fils d'or et disposées en carré, dont

chaque moitié est d'une couleur différente. La fermeture consiste en

deux lames d'or, réunies par une aiguillette également en or: les

cartouches d'Ahmos Ier y sont gravés légèrement à la pointe. C'est

également au Pharaon Ahmos Ier qu'appartenait un beau bracelet d'arc

(Fig.289), dont la facture rappelle un peu les procédés usités dans la

fabrication des émaux cloisonnés. Ahmos est agenouillé devant le dieu

Sibou et ses acolytes, les génies de Sop et de Khonou. Les figures et

les hiéroglyphes sont levés en plein sur une plaque d'or; et ciselés

délicatement au burin. Le champ est rempli de pièces de pâte bleue et de

lapis-lazuli taillées artistement. Un bracelet de travail plus

compliqué, mais moins fin, était passé au poignet de la reine

(Fig.290). Il est en or massif et formé de trois bandes parallèles,

garnies de turquoises. Sur le devant, un vautour déploie ses ailes, dont

les plumes sont composées d'émaux verts, de lapis-lazuli et de

cornaline, enchâssés dans des cloisons d'or. Les cheveux étaient engagés

dans un diadème d'or massif, à peine aussi large qu'un bracelet. Le nom

d'Ahmos est incrusté en pâte bleue sur une plaque oblongue, adhérente

au cercle: deux petits sphinx en relief, posés de chaque côté, ont l'air

de veiller sur lui (Fig.291). Une grosse chaîne d'or flexible était

enroulée autour du cou: elle est terminée par deux têtes d'oie

recourbées, qu'on liait au moyen d'une ficelle, quand on voulait fermer

le collier. Le scarabée qui lui sert de pendeloque a le corselet et les

élytres en pâte de verre bleue, rayée d'or, les pâtes et le corps en or

massif. La parure de la poitrine était complétée par un large collier du

genre de ceux qu'on appelait Ouoskh (Fig.292). Il a pour agrafes-deux

têtes d'épervier en or, dont les détails étaient relevés d'émail bleu.

Les rangs sont composés de cordes, enroulées, de fleurs à quatre pétales

en croix, d'antilopes poursuivies par des tigres, de chacals accroupis,

d'éperviers, de vautours et d'uraeus ailées, le tout en or repoussé, et

cousu sur le linceul au moyen d'un petit anneau soudé derrière chaque

figure. Au-dessous, pendait sur la poitrine une de ces pièces carrées

qu'on appelle un pectoral (Fig.293). La forme générale est d'un naos.

[Illustration: Fig. 287]

[Illustration: Fig. 288]

[Illustration: Fig. 289]

[Illustration: Fig. 290]

[Illustration: Fig. 291]

[Illustration: Fig. 292]

[Illustration: Fig. 293]

Ahmos, debout dans une barque entre Ammon et Râ, reçoit, sur la tête et

sur le corps, l'eau qui doit le purifier. Deux éperviers planent, à

droite et à gauche du roi, au-dessus des dieux. La silhouette des

figures est dessinée par des cloisons d'or; le corps était rendu par

des plaquettes de pierre et d'émail, dont beaucoup sont tombées. Le

morceau est un peu lourd, et l'usage ne s'en comprend guère si on

l'isole du reste de la parure. Pour juger sainement l'effet qu'il

produisait, on doit se rappeler ce qu'était le vêtement des femmes

égyptiennes: une sorte de fourreau d'étoffe semi-transparente, qui

s'arrêtait au-dessous des seins et les laissait saillir librement. Le

haut de la poitrine et du dos, les épaules, le cou étaient à découvert,

sauf une paire de bretelles étroites qui maintenaient le fourreau et

l'empêchaient de glisser. Les femmes riches habillaient cette nudité de

bijoux. Le collier voilait à moitié les épaules et le haut de la

poitrine. Le pectoral masquait le sillon qui se creuse entre les seins.

Les seins eux-mêmes étaient parfois emboîtés chacun dans une sorte de

coupe d'or émaillé ou peint, qui en épousait exactement les contours. A

côté de ces bijoux, des armes et des amulettes étaient entassés

pêle-mêle: trois grosses mouches d'or massif suspendues à une chaînette

mince, neuf petites haches, trois en or, six en argent, une tête de lion

en or d'un travail minutieux, un sceptre en bois noir enroulé d'or, des

anneaux de jambes, des poignards. L'un d'eux (Fig.294), enfermé dans

une gaine d'or, avait un manche en bois, décoré de triangles en

cornaline, en lapis-lazuli, en feldspath et en or. Pour pommeau, quatre

têtes de femme en or repoussé; une tête de taureau renversée, en or,

dissimule la soudure de la lame au manche. Le pourtour de la lame est en

or massif, le corps en bronze noir, damasquiné. Sur la face supérieure,

au-dessous du prénom d'Ahmos, un lion poursuit un taureau, en présence

de quatre grosses sauterelles alignées; sur la face inférieure, le nom

d'Ahmos et quinze fleurs épanouies, qui sortent l'une de l'autre et vont

se perdant vers la pointe. Un poignard, découvert à Mycènes par M.

Schliemann, présente un système de décoration analogue; les Phéniciens,

qui copiaient assidûment les modèles égyptiens, ont probablement

transporté celui-là en Grèce. Le second poignard de la reine (Fig.295)

a une forme qu'il n'est pas rare de rencontrer aujourd'hui encore dans

la Perse et dans l'Inde. C'est une lame en bronze jaunâtre très lourd,

emmanchée d'un disque en argent. Pour s'en servir, on appuyait le

pommeau lenticulaire dans le creux de la main, et l'on passait la lame

entre l'index et le médius. On se demandera quel besoin une femme, et

une femme morte, avait de tant d'armes. L'autre monde était peuplé

d'ennemis contre lesquels on devait lutter sans relâche, génies

typhoniens, serpents, scorpions gigantesques, tortues, monstres de toute

sorte. Les poignards qu'on enfermait au cercueil avec la momie aidaient

l'âme à se protéger, et comme ils n'étaient utiles que pour la lutte

corps à corps, on avait ajouté quelques armes de jet, des arcs, des

boumerangs en bois dur et une hache de guerre. Le manche est en bois de

cèdre revêtu d'une feuille d'or (Fig.296). La légende d'Ahmos y est

écrite en caractères de lapis-lazuli, de cornaline, de turquoise et de

feldspath vert. Le tranchant est saisi dans une entaille du bois et

maintenu en place par un treillis de fils d'or. Il est en bronze noir et

a été doré. L'une des deux faces montre des lotus sur fond d'or, l'autre

Ahmos frappant un barbare à moitié renversé, qu'il tient aux cheveux.

Au-dessous, le dieu de la guerre, Montou Thébain, est représenté par un

griffon à tête d'aigle. Deux barques en argent et en or simulaient la

barque sur laquelle la momie traversait le fleuve, pour se rendre à sa

dernière demeure et naviguer à la suite des dieux sur la mer d'Occident.

La barque en argent était posée sur un chariot de bois à quatre roues en

bronze; comme elle était en assez mauvais état, on l'a démontée et

remplacée par la barque en or (Fig.297). La coque est légère et

allongée: les façons de l'avant et de l'arrière sont relevées et se

terminent par des bouquets de papyrus gracieusement recourbés. Deux

estrades, entourées de balustrades à panneaux pleins, se dressent à la

proue et à la poupe, en guise de châteaux gaillards. Le pilote d'avant

est debout dans la première, le timonier se tient devant la seconde et

manie la rame à large palette qui remplissait l'office de notre

gouvernail. Douze rameurs d'argent massif voguent sous les ordres de ces

deux officiers. Au centre, Kamos est assis, la hache et le sceptre à la

main. Voilà ce qu'il y avait sur une seule momie; encore n'ai-je énuméré

que les objets les plus remarquables. La technique en est irréprochable,

et la sûreté du goût n'est pas moindre chez l'ouvrier que la dextérité

de la main. L'art de l'orfèvre, parvenu au degré de perfection dont

témoigne l'écrin d'Ahhotpou, ne s'y maintint pas longtemps. Les modes

changèrent, la forme des bijoux s'alourdit. La bague de Ramsès II au

Louvre, avec ses chevaux posés debout sur le chaton (Fig.298), le

bracelet du prince Psar (Fig.299), avec ses griffons et ses lotus en

émail cloisonné, sont d'un dessin moins heureux que les bracelets

d'Ahmos. Celui qui les a exécutés était, sans contredit, aussi habile

que les orfèvres de la reine Ahhotpou; mais il avait le goût moins fin

et l'esprit moins inventif. Ramsès II était condamné, ou bien à ne

jamais porter sa bague, ou bien à voir les petits chevaux qui

l'ornaient, s'écraser et tomber au moindre choc. La décadence, déjà

sensible sous la XIXe dynastie, s'accentue à mesure que nous nous

rapprochons de l'ère chrétienne. Les boucles d'oreilles de Ramsès IX, au

musée de Boulaq, sont un composé disgracieux de disques chargés de

filigrane, de chaînettes, d'uraeus pendants; comme aucune oreille

humaine n'aurait pu en porter le poids sans s'allonger outre mesure ou

sans se déchirer, on les accrochait à la perruque de chaque côté de la

tête. Les bracelets du grand-prêtre Pinotmou III, recueillis sur sa

momie, sont de simples anneaux en or, ronds, incrustés de verre coloré

et de cornaline, semblables à ceux qu'on fabrique encore aujourd'hui

chez les noirs du Soudan. L'invasion des Grecs modifia d'abord les

procédés de l'orfèvrerie égyptienne, puis substitua peu à peu ses types

aux types indigènes. L'écrin de la reine éthiopienne que Ferlini vendit

au musée de Berlin contenait, à côté de bijoux qu'on aurait pu attribuer

sans peine à l'époque pharaonique, des bijoux de style mixte où

l'influence hellénique est nettement reconnaissable. Les trésors

découverts, en 1878, à Zagazig, en 1881, à Qénèh, en 1882, à Damanhour,

étaient composés entièrement d'objets dont la facture n'a plus rien

d'égyptien, épingles à cheveux surmontées d'une statuette de Vénus,

boucles de ceinture, agrafes pour péplum, bagues et bracelets ornés de

camées, coffrets flanqués aux quatre coins de colonnettes ioniques. Les

vieux modèles étaient encore recherchés dans les campagnes, et les

orfèvres de village conservaient tant bien que mal la tradition antique:

les orfèvres de ville ne savaient plus que copier lourdement les modèles

grecs et romains.

[Illustration: Fig. 294]

[Illustration: Fig. 295]

[Illustration: Fig. 296]

[Illustration: Fig. 297]

[Illustration: Fig. 298]

[Illustration: Fig. 299]

Cette revue rapide de ce qu'ont produit les arts industriels présente

bien des lacunes. J'ai dû me borner à citer ce que renferment les

collections les plus connues; que ne trouverait-on pas si l'on pouvait

visiter à loisir nos musées de province et recueillir ce que le hasard

des ventes a dispersé dans les collections particulières! La diversité

des petits monuments de l'industrie égyptienne est infinie et l'étude

méthodique en reste encore à faire: elle promet plus d'une surprise à

qui voudra la tenter.

L'archéologie égyptienne · 第 28 / 35 题