DU SILPHION DES ANCIENS
ET DU
SILPHIUM CYRENAÏCUM DES MODERNES[1]
* * * * *
Depuis quelque temps, on fait beaucoup de bruit autour d’une plante
récoltée en Cyrénaïque, et qu’on a appelée _Silphium Cyrenaïcum_, mais
dont le nom botanique est _Thapsia silphium_ de Viviani, et mieux encore
_Thapsia garganica_ de Linné. Les gens du pays l’appellent _Dirias_ ou
_Drias_.
Les uns prétendent que c’est le fameux _Silphion_ des Grecs, qui était
employé à la fois comme épice et comme médicament ; d’autres répondent,
avec tous les auteurs anciens, que le Silphion des Grecs a disparu dès
le commencement de l’ère chrétienne, et que la plante en question est
tout simplement le _Thapsia garganica_ de Linné, qui est très-abondant
en Algérie, en Espagne, en Italie, etc., que MM. Bertherand et
Reboulleau ont fait connaître en 1857, et que le pharmacien Leperdriel
exploite depuis longtemps à Paris (_emplâtre de Thapsia_). — Les uns
parlent du Silphium cyrenaïcum comme s’il avait été découvert par le
docteur Laval ; d’autres font remarquer que, s’il y avait découverte, le
mérite en reviendrait à Della Cella, qui le rapportait de son voyage
dans la Libye, en 1817. — Les uns annoncent bruyamment que le _Silphium
cyrenaïcum_ guérit la _phthisie pulmonaire_ à tous les degrés, la
_phthisie laryngée_, les _angines catarrhales_, la _méningite
tuberculeuse_, etc. ; d’autres se montrent tout à fait incrédules à
l’endroit de cette affirmation, et pensent qu’elle ne peut suffire pour
arrêter l’attention des médecins sérieux.
Presque tous les travaux qui ont été publiés dans ces derniers temps sur
ce sujet n’ont eu d’autre résultat que de le compliquer et de
l’obscurcir, parce qu’ils n’avaient, comme base de discussion, que les
écrits confus des auteurs anciens, et le dessin informe des médailles
cyrénéennes.
Il est temps, croyons-nous, de porter la lumière sur cette question si
débattue. Il est temps de dissiper les équivoques et de mettre à néant
des assertions téméraires et des erreurs regrettables. C’est ce que nous
nous proposons de faire dans ce travail, en appuyant nos opinions sur
des preuves irréfutables tirées des nombreux et précieux matériaux
rapportés tout récemment de la Cyrénaïque par notre collègue, M. Daveau,
chef de la section des graines au Muséum d’histoire naturelle de
Paris[2].
I
Les Grecs appelaient _Silphion_ (σιλφιον), et les Romains _Laserpitium_,
une plante qui croissait plus particulièrement dans la Cyrénaïque, et
qui donnait, par des incisions faites à la racine et à la tige, un suc
gommo-résineux que les Grecs appelaient _Laseros_, et les Latins
_Laser_, que l’on employait comme condiment, et auquel on attribuait des
propriétés merveilleuses, comme, par exemple, de rendre la vue, de
guérir les plaies venimeuses, de rajeunir, etc. ; aussi se vendait-il au
poids de l’or.
On donnait à cette plante une origine surnaturelle. Les auteurs grecs
ont écrit que, sept ans avant la fondation de Cyrène, qui fut bâtie l’an
143 de Rome, le _Silphion_ fut produit tout à coup par une sorte de
pluie poisseuse qui tomba en Afrique, aux environs du jardin des
Hespérides et de la grande Syrte, et que la vertu productive de cette
pluie se fit sentir sur une étendue de quatre mille stades.
Tous les auteurs s’accordent à dire que le _Silphion_ devint de plus en
plus rare dans la Cyrénaïque, dès le premier siècle de l’ère chrétienne,
et qu’il finit par disparaître complétement ; mais ils expliquent sa
disparition de diverses manières plus ou moins acceptables.
Pline raconte que, de son temps, on ne trouva, dans la Cyrénaïque,
_qu’un seul pied_ de cette plante, et qu’il fut envoyé à l’empereur
Néron.
Quoi qu’il en soit, disent Mérat et de Lens, le _Silphion_ devint
inconnu aux générations suivantes, et son image ne se retrouva plus que
sur des médailles ou des monnaies qui représentent, d’un côté, les
diverses parties de la plante (tige, racine, graines...), et de l’autre,
la tête de Jupiter Ammon.
Il ne faut pas confondre ce _Silphion_ des Grecs avec les divers
Silphium des botanistes : S. _laciniatum_ — S. _compositum_ — S.
_terebinthinaceum_... tous originaires de l’Amérique septentrionale et
qui appartiennent à la famille des _Composées_.
Et quant aux Laserpitium des naturalistes modernes, il y en a un grand
nombre d’espèces : L. _gummiferum_ — L. _latifolium_ — L. _Siler_ — L.
_triquetrum_ — L. _ferulaceum_, etc...
Il était naturel qu’on se demandât à quelle plante, parmi celles qu’on
connaît aujourd’hui, il fallait rapporter le _Silphion_ des Grecs ou
_Laserpitium_ des Romains. De nombreuses recherches ont été faites dans
ce but. On s’est accordé, généralement, à regarder la plante qui
produisait le _Laser_ comme une ombellifère (sans en fournir la preuve
cependant) ; mais il y a eu beaucoup moins d’unanimité lorsqu’il s’est
agi de désigner le genre et l’espèce.
Plusieurs végétaux qui croissent en Afrique ont été successivement
indiqués : le _Thapsia garganica_ ; le _Ferula tingitana_ ; le
_Laserpitium gummiferum_ ; le _Ferula asa fœtida_ ; le _Laserpitium
Siler_, etc.
En 1817, Della Cella rapporta de la Cyrénaïque plusieurs végétaux, entre
autres une ombellifère qu’il supposait être le _Silphion_ des anciens.
Viviani crut y reconnaître, d’une part, les caractères du Silphion des
monnaies, d’autre part, une grande ressemblance avec le Thapsia
garganica, et l’appela _Thapsia silphium_ (c’est le Silphium cyrenaïcum
du docteur Laval). Mais, ainsi que le font remarquer Mérat et de Lens,
la certitude de Viviani et de Della Cella ne pouvait pas être absolue.
La certitude n’était absolue pour personne, puisque quelques années plus
tard, en 1826, la _Société de géographie_ instituant un prix pour la
description de la Cyrénaïque, exprimait le vœu qu’on recherchât si le
_Silphion_ se trouvait parmi les plantes du pays.
M. Pacho, qui obtenait ce prix, avait récolté le _Thapsia silphium_ de
Della Cella et de Viviani (Silphium cyrenaïcum du Dr Laval), et il était
porté à croire que c’était le _Silphion_ des anciens ; mais il hésitait
à se prononcer nettement, parce qu’il avait trouvé sa plante sur les
collines septentrionales de la Cyrénaïque, alors que les indications
géographiques marquaient sa place bien plus au midi. Ses doutes sont
constatés en ces termes par le rapporteur :
« Quel scrupule empêche donc notre voyageur, dit-il, de reconnaître
définitivement dans son _Laserpitium_ le _Silphion_ des anciens ?... M.
Pacho n’a pas osé décider que sa plante fût le _Silphion_ des Grecs.
Cette modestie, peut-être exagérée, nous a valu de précieuses
recherches. »
La question en était là, lorsqu’en 1873, le Dr Laval, médecin-major à
l’hôpital militaire de Valenciennes, remettait au jardin d’acclimatation
de Paris, des graines qu’il étiquetait _graines de Silphion de la
Cyrénaïque_. Il accompagnait son envoi de la note suivante : « Cette
plante croît abondamment autour des ruines de Cyrène et des autres
villes de la Pentapole libyque, sur des plateaux élevés de 200 à 500
mètres au-dessus du niveau de la mer, et exposés à une température de
15° pendant les mois de décembre, janvier et février. Elle semble
préférer les sols siliceux. Elle fleurit pendant les mois d’avril et de
mai. »
Les graines du Dr Laval furent apportées au Muséum d’histoire naturelle
pour avoir leur nom botanique.
Je fus le premier à examiner ces graines. Leur structure me fit voir
immédiatement qu’il s’agissait d’un _Thapsia_, et en les comparant avec
les diverses espèces de ce genre, que possède notre riche herbier
général, je fus convaincu que j’avais sous les yeux les semences du
_Thapsia garganica_ de Linné, qui croît en Algérie, en Espagne, en
Italie, et dans toutes les régions qui bordent, des deux côtés, la
Méditerranée.
J’ignorais, à ce moment-là, que ces graines appartenaient à une plante
qui devait fournir à la thérapeutique un _médicament merveilleux_ ; je
m’étais donc occupé de la détermination de l’espèce au simple point de
vue botanique, et sans idée préconçue.
Mon opinion, confirmée plus tard par les hommes les plus compétents, ne
parut pas satisfaire le Dr Laval. Il vint au Muséum pour consulter
l’herbier général et pour me signaler les caractères qui
différenciaient, suivant lui, le _Thapsia garganica_ de son _Thapsia
silphium_, qu’il affirmait être le fameux _Silphion_ des Grecs. C’est
alors seulement qu’il fut question des guérisons miraculeuses qu’il
disait obtenir avec l’extrait de la plante récoltée par lui sur le
plateau de Cyrène. Je n’eus pas de peine à lui démontrer, pièces en
mains, que ses graines et celles du _Thapsia garganica_ ne présentaient
aucun caractère différentiel, qu’elles étaient absolument identiques.
Voici du reste le dessin des deux graines :
[Illustration :Silphium cyrenaïcum du Dr Laval. Thapsia garganica.]
Le Dr Laval se tourna alors du côté des _feuilles_. Il prétendit que les
segments de son _Thapsia_ étaient terminés par trois lobes, et qu’il
n’en était pas de même pour le _Thapsia garganica_. Je lui prouvai, par
les échantillons de notre herbier, qu’il était dans l’erreur. — Il
n’invoqua pas alors les racines qui, _depuis quelque temps_,
constitueraient le caractère distinctif, mais que l’on n’a jamais
montrées.
Les arguments du Dr Laval manquaient d’ailleurs de point d’appui. En
effet, les caisses, qui contenaient précisément les diverses parties de
la plante, avaient été perdues, disait-il, au chemin de fer, et il
n’avait sauvé du naufrage que l’extrait, le précieux extrait qui opérait
des prodiges.
J’engageai néanmoins le Dr Laval à lire une note sur ce sujet à la
_Société botanique de France_, et MM. les professeurs Brongniart et
Bureau, auxquels je venais de le présenter, lui donnèrent le même
conseil. Quelque temps après, il publia sur le _Thapsia silphium_ cinq à
six pages dénuées de toute valeur scientifique, et au lieu de suivre
notre avis, en s’adressant aux hommes compétents de la _Société
botanique de France_, il frappa à la porte du _Bulletin de la Société
d’acclimatation_.
La description du _Thapsia silphium_ (_Silphium cyrenaïcum_ de Laval)
donnée par Viviani[3] et celle du _Thapsia garganica_ donnée par de
Candolle[4], ne laissent aucun doute dans l’esprit du botaniste.
L’identité est parfaite.
Le caractère trifide des segments terminaux n’est pas très-nettement
indiqué dans la phrase caractéristique du Thapsia garganica donnée par
Linné ; c’est là, sans doute, ce qui avait induit en erreur Viviani, et
l’avait porté à faire du _Thapsia_ recueilli par Della Cella une
nouvelle espèce, le _Thapsia silphium_, en la déclarant, du reste, très-
voisine du _Thapsia garganica_ « cui nostra species valde proxima ,»
dit-il. A l’époque où Viviani publiait sa flore Libyque (1824) il
n’avait à sa disposition, pour la diagnose du _Thapsia garganica_, que
la description imparfaite de Linné, et il pouvait croire tout
naturellement à la nouveauté de la plante cyrénéenne. Mais aujourd’hui
que les matériaux se sont accumulés dans les collections botaniques, la
description de la plante a pu être complétée ; il n’y a plus de
différence entre la description de de Candolle, plus récente que celle
de Linné, et la description donnée par Viviani en 1824 ; qu’on en juge :
_Thapsia garganica_.
Foliis bi tri-pinnatisectis, nitidis, laciniis linearibus acutis
elongatis, secus margines integerrimis. Variat petiolis glabris aut
pilis sparsis subhirsutis.
(De Candolle : _Prodromus_, tom. 4, pag. 202.)
_Thapsia silphium_.
Foliis pinnatis, foliolis multipartitis, laciniis simplicibus trifidis,
omnibus linearibus elongatis, utrinque hirsutis margine revolutis.
(Viviani : _Floræ Libycæ_, p. 17.)
[Illustration : Fragment de feuilles, grandeur naturelle, du Thapsia
garganica, de Blidah.]
Ainsi, tandis que de Candolle dit : Les feuilles sont deux ou trois fois
pennées, Viviani décrit les siennes comme pennées, à folioles divisées
en nombreuses lanières, les unes simples, les autres trifides, ce qui
revient exactement au même. Le caractère sur lequel Laval s’appuyait
(les folioles à trois lobes terminaux) se retrouve dans les deux
plantes ; par conséquent, la différence invoquée par lui n’existe en
aucune façon. Quant au caractère « _margine revolutis_ » indiqué par
Viviani, c’est tout simplement l’effet d’une mauvaise préparation de
l’échantillon soumis à l’auteur de la _Flore libyque_ ; on retrouve ce
caractère dans les échantillons d’herbier du _Thapsia garganica_,
notamment dans un échantillon de cette espèce récoltée aux îles
Baléares, et qui a été donné au Muséum par M. Cambessèdes.
[Illustration : Silphium cyrenaïcum, de la Cyrénaïque (fragment de
feuille grandeur naturelle).]
Nous avons déjà reproduit (page 12) la semence du _Thapsia garganica_ et
celle du _Silphium cyrenaïcum_ pour montrer l’identité parfaite de cet
organe dans les deux plantes. Nous reproduisons actuellement, pages 14
et 15, un fragment de leurs feuilles ; l’un provient d’un échantillon
récolté dans la plaine de Blidah, l’autre a été détaché d’une feuille
récoltée par le consul des États-Unis à Tripoli, sous les yeux du Dr
Laval ; personne ne peut contester l’authenticité du type représentant
le prétendu Silphion. Or, la comparaison ne permet plus de douter que le
Dr Laval ne se soit complétement mépris sur le caractère des trois lobes
terminaux ; ce caractère existe dans les deux exemples. Dans le compte
rendu de son voyage en Cyrénaïque, M. Daveau s’exprime ainsi au sujet
des feuilles : « Les feuilles sont exactement divisées comme celles du
_Thapsia garganica_, et j’en ai aussi observé à des degrés plus ou moins
grands de villosité. Les feuilles dites radicales sont beaucoup plus
développées que celles insérées sur la tige et qui sont toujours
alternes entre elles. » (Voir Appendice, page 51.)
L’examen des feuilles du _Thapsia garganica_ du Muséum n’avait point
permis au Dr Laval de soutenir longtemps que les trois lobes terminaux,
pas plus que les graines, différenciaient sa plante de celle de
l’Algérie ; mais tenant, on ne sait trop pourquoi, à maintenir
absolument une différence spécifique entre elles, il eut recours plus
tard à la _racine_, et la représenta comme fournissant les véritables
caractères distinctifs ; seulement, il n’a jamais pu en donner la
preuve : les caisses qui renfermaient précisément les échantillons ayant
été perdues au chemin de fer, ainsi que nous l’avons déjà signalé.
« Le Thapsia _garganica_, disent les prôneurs du silphium n’a qu’une
racine pivotante et _quelquefois_ bifurquée à son extrémité, tandis que
notre Thapsia _silphium_ a des racines grosses et nombreuses,
_traçantes_, divergentes, horizontales ; de la souche principale
naissent quatre à huit rhizomes qui atteignent une longueur de 0m 70 à
0m 80, et quand leur extrémité rencontre la surface du sol, elle donne
naissance à une nouvelle souche. »
Or, ce n’est pas _quelquefois_ que la racine de Thapsia garganica est
bifurquée à son extrémité, c’est _toujours_, à un certain âge ; j’en ai
reçu de l’Algérie qui ont trois, quatre et jusqu’à neuf bifurcations,
toutes _très_-horizontales, exactement comme celles du plateau de Cyrène
rapportées par M. Daveau ; j’en mets les dessins en regard (Voir pages
18 et 19).
Quant aux quatre ou huit rhizomes de la souche principale qui seraient
un signe distinctif du _Silphium cyrenaïcum_, il est bon de noter que ce
caractère appartient à toutes les ombellifères vivaces, moins la
longueur ; aucun botaniste n’a jamais admis ces racines _traçantes_,
longues de 0m 80, qui donneraient naissance à de nouvelles souches
lorsque leur extrémité rencontre la surface du sol.
M. Daveau, dans la relation de son voyage, s’exprime ainsi au sujet de
la racine de la plante cyrénéenne :
« La _racine_ de cette plante qui, à tout âge, est d’une couleur brune,
de _simple_ qu’elle est dans sa jeunesse, devient _rameuse_ en
vieillissant, comme l’est, du reste, celle du _Thapsia garganica_,
lorsqu’il croît dans un sol aride et pierreux, conditions réunies
précisément par celui de la Cyrénaïque. Les divisions des racines tantôt
s’enfoncent perpendiculairement dans le sol, tantôt se dirigent plus
horizontalement ; mais, _dans aucun cas_, elles ne donnent naissance à
des bourgeons adventifs en se rapprochant de la surface du sol. Ce mode
de multiplication, qu’on disait être le seul de cette plante, est même
_matériellement impossible_, puisque les pieds du Thapsia Silphium sont
séparés, dans le plus grand nombre de cas, par une distance de 20
mètres. De plus, ils poussent fréquemment dans des trous de rochers où
il est facile de se convaincre qu’il leur est impossible de _tracer_. »
Quant à l’agent thérapeutique, c’est-à-dire au produit gommo-résineux du
silphium, il vient, lui aussi, témoigner en faveur de l’identité des
deux plantes.
Tout le monde connaît les emplâtres de Thapsia du pharmacien
Leperdriel ; ils sont préparés avec le suc gommeux du _Thapsia
garganica_ et produisent, sur la peau, de nombreuses vésicules. Ces
cloches remplies d’eau sont déterminées par le suc du Thapsia qui
contient un principe acre, vésicant. Or, le suc gommo-résineux du
_Silphium cyrenaïcum_ contient le même principe, de l’aveu du Dr Laval,
et, pour être pris à l’intérieur, il doit être dépouillé de ce principe
irritant qui produirait sur les organes internes le phénomène que les
emplâtres de Thapsia produisent sur la peau.
Ainsi, tout vient confirmer l’opinion des savants, botanistes et
médecins, qui ont reconnu, comme nous, la parfaite identité des deux
plantes.
[Illustration : Silphium cyrenaïcum : racine bifurquée.]
[Illustration : Silphium cyrenaïcum : vieille souche à racines
multiples.]
Il est donc acquis définitivement à la science, que le _Silphium
cyrenaïcum_ n’est pas autre chose que le _Thapsia garganica_ de
l’Algérie, de l’Espagne, de l’Italie, etc. :
_Parce que le Thapsia garganica, croissant parallèlement des deux côtés
de la Méditerranée, il est tout naturel que cette espèce vienne
également en Cyrénaïque ;_
_Parce que la gomme résine des deux plantes contient les deux mêmes
principes, l’un vésicant, l’autre résolutif, et présente les mêmes
dangers ;_
[Illustration : Thapsia garganica : racine bifurquée.]
[Illustration : Thapsia garganica : vieille souche à racines multiples.]
_Parce que les racines et les éléments histologiques de cet organe sont
semblables dans les deux plantes ;_
_Parce que leurs graines sont absolument identiques ;_
[Illustration : Silphium cyrenaïcum.]
[Illustration :Silphium cyrenaïcum. Thapsia garganica.]
_Parce que les feuilles ne présentent aucune différence, comme on peut
le voir par les fragments représentés ci-dessus et page 21._
[Illustration : Thapsia garganica.]
En rapportant de la Cyrénaïque la plante que l’on dérobait à nos
regards, M. Daveau a rendu un véritable service à la science et à
l’humanité.
* * * * *