[Illustration: _La Chouette à Aigrette blanche._]
Quoique la chouette de cet article porte des aigrettes, j'ai cru
devoir la séparer des espèces auxquelles les nomenclateurs ont donné
le nom de duc; parce que ses aigrettes sont absolument placées
différemment et ne se redressent point de chaque côté du front en forme
de deux oreilles relevées, comme dans le grand-duc, mais retombent,
au contraire, le long du cou. Ces aigrettes prennent naissance à la
base du bec, couronnent les yeux, en se détachant un peu en dehors,
et retombent jusqu'au bas du cou; les plumes qui les composent sont
longues, flexibles et d'un blanc éblouissant; les premières sont les
plus courtes et les dernières les plus longues. Cet oiseau, très-rare
encore dans nos cabinets d'histoire naturelle, habite la Guyanne, d'où
j'ai reçu directement celui dont je donne ici la figure. Il est de la
taille de notre moyen-duc; son bec est jaune, ses ongles sont bruns.
Les aîles en repos atteignent le milieu de la queue, qui est arrondie
par le bout, étant un peu étagée; les tarses sont entièrement emplumés
jusqu'aux premières articulations des doigts, dont la couleur est
brunâtre. Tout le dessous du corps de cette chouette, depuis sa gorge
jusqu'aux recouvremens du dessous de la queue, porte une fine rayûre
brune sur un fond blanchâtre, sali de roux-clair sur les côtés du
cou, sur la poitrine et sur les culottes. Le dessus de la tête,
le derrière du cou, les scapulaires, le manteau, les pennes des aîles
et de la queue sont généralement d'un brun-roux plus ou moins foncé,
imperceptiblement rayé d'un brun plus sombre. Des taches blanches
répandues sur quelques-unes des couvertures des aîles, des scapulaires,
sur les barbes extérieures des premières grandes pennes de l'aîle,
ainsi que sur celles de la queue, tranchent agréablement sur le brun
monotone et sombre de cet oiseau. Nous ignorons la couleur des yeux.
Je n'ai vu que trois individus de cette espèce, dont un est dans le
cabinet du C. Gigot-Dorci; le second étoit dans la belle collection
de feu Mauduit, qui a été achetée par le duc de Deux-Ponts, et le
troisième se trouve dans la mienne.