Thiers, étaient la première et la seconde série des _Sophismes_.
(_Note de l'éditeur._)]
Cette harmonie existe, ou du moins elle est aussi évidente pour moi
que la lumière du soleil. Puisse-t-elle se révéler à vous! C'est
alors qu'appliquant votre talent éminemment propagateur à combattre
le Communisme dans sa manifestation la plus dangereuse, vous lui
porteriez un coup mortel.
Voyez ce qui se passe en Angleterre. Il semble que si le Communisme
avait dû trouver quelque part une terre qui lui fût favorable,
ce devait être le sol britannique. Là les institutions féodales
plaçant partout, en face l'une de l'autre, l'extrême misère et
l'extrême opulence, avaient dû préparer les esprits à l'infection
des fausses doctrines. Et pourtant que voyons-nous? Pendant qu'elles
bouleversent le continent, elles n'ont pas seulement troublé la
surface de la société anglaise. Le Chartisme n'a pas pu y prendre
racine. Savez-vous pourquoi? Parce que l'association qui, pendant dix
ans, a discuté le régime protecteur n'en a triomphé qu'en jetant de
vives lumières sur le principe de la Propriété et sur les fonctions
rationnelles de l'État[118].
[Note 118: Voy. au tome II, l'introduction.
(_Note de l'éditeur._)]
Sans doute, si démasquer le Prohibitionisme c'est atteindre le
Communisme, par la même raison, et à cause de leur étroite connexité,
on peut aussi les frapper tous deux en suivant, comme vous avez fait,
la marche inverse. La restriction ne saurait résister longtemps
devant une bonne définition du Droit de Propriété. Aussi, si quelque
chose m'a surpris et réjoui, c'est de voir l'association pour la
défense des monopoles consacrer ses ressources à propager votre
livre. C'est un spectacle des plus piquants, et il me console de
l'inutilité de mes efforts passés. Cette résolution du comité Mimerel
vous obligera sans doute à multiplier les éditions de votre ouvrage.
En ce cas, permettez-moi de vous faire observer que, tel qu'il est,
il présente une grave lacune. Au nom de la science, au nom de la
vérité, au nom du bien public, je vous adjure de la combler, et vous
mets en demeure de répondre à ces deux questions:
1º Y a-t-il incompatibilité, en principe, entre le régime protecteur
et le droit de propriété?
2º La fonction du gouvernement est-elle de garantir à chacun le libre
exercice de ses facultés et la libre disposition du fruit de son
travail, c'est-à-dire la Propriété, ou bien de prendre aux uns pour
donner aux autres, de manière à pondérer les profits, les chances et
le bien-être?
Ah! Monsieur, si vous arrivez aux mêmes conclusions que moi; si,
grâce à votre talent, à votre renommée, à votre influence, vous
faisiez prévaloir ces conclusions dans l'opinion publique, qui
peut calculer l'étendue du service que vous rendriez à la société
française? On verrait l'État se renfermer dans sa mission, qui
est de garantir à chacun l'exercice de ses facultés, et la libre
disposition de ses biens. On le verrait se décharger à la fois
et de ses colossales attributions illégitimes et de l'effrayante
responsabilité qui s'y attache. Il se bornerait à réprimer les abus
de la liberté, ce qui est réaliser la liberté même. Il assurerait
la justice à tous, et ne promettrait plus la fortune à personne.
Les citoyens apprendraient à distinguer ce qu'il est raisonnable et
ce qu'il est puéril de lui demander. Ils ne l'accableraient plus
de prétentions et d'exigences; ils ne l'accuseraient plus de leurs
maux; ils ne fonderaient plus sur lui des espérances chimériques;
et, dans cette ardente poursuite d'un bien dont il n'est pas le
dispensateur, on ne les verrait pas, à chaque déception, accuser
le législateur et la loi, changer les hommes et les formes du
gouvernement, entasser institutions sur institutions et débris sur
débris. On verrait s'éteindre cette universelle fièvre de spoliation
réciproque par l'intervention si coûteuse et si périlleuse de l'État.
Le gouvernement, limité dans son but et sa responsabilité, simple
dans son action, peu dispendieux, ne faisant plus peser sur les
gouvernés les frais de leurs propres chaînes, soutenu par le bon sens
public, aurait une solidité qui, dans notre pays, n'a jamais été son
partage, et nous aurions enfin résolu ce grand problème: _Fermer à
jamais l'abîme des révolutions_.
FIN DU QUATRIÈME VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES
DU QUATRIÈME VOLUME.
SOPHISMES ÉCONOMIQUES.
Première série.
Pages.
INTRODUCTION 1
CHAP. I. Abondance, disette 5
II. Obstacle, cause 15
III. Effort, résultat 19
IV. Égaliser les conditions de production 27
V. Nos produits sont grevés de taxes 46
VI. Balance du commerce 52
VII. Pétition des fabricants de chandelles, etc 57
VIII. Droits différentiels 62
IX. Immense découverte!!! 63
X. Réciprocité 67
XI. Prix absolus 71
XII. La protection élève-t-elle le taux des salaires 74
XIII. Théorie, Pratique 79
XIV. Conflit de principes 86
XV. Encore la réciprocité 90
XVI. Les fleuves obstrués plaidant pour les prohibitionistes 92
XVII. Un chemin de fer négatif 93
XVIII. Il n'y a pas de principes absolus 94
XIX. Indépendance nationale 97
XX. Travail humain, travail national 100
XXI. Matières premières 105
XXII. Métaphores 115
CONCLUSION 119
Deuxième série.
CHAP. I. Physiologie de la Spoliation 127
II. Deux morales 148
III. Les deux haches 156
IV. Conseil inférieur du travail 160
V. Cherté, bon marché 163
VI. Aux artisans et ouvriers 173
VII. Conte chinois 182
VIII. _Post hoc, propter hoc_ 187
IX. Le vol à la prime 189
X. Le percepteur 198
XI. L'utopiste 204
XII. Le sel, la poste et la douane 213
XIII. Les trois Échevins 229
XIV. Autre chose 241
XV. Le petit arsenal du libre-échangiste 251
XVI. La main droite et la main gauche 258
XVII. Domination par le travail 265
PAMPHLETS.
PROPRIÉTÉ ET LOI 275
JUSTICE ET FRATERNITÉ 298
L'ÉTAT 327
LA LOI 342
PROPRIÉTÉ ET SPOLIATION 394
BACCALAURÉAT ET SOCIALISME 442
PROTECTIONISME ET COMMUNISME 504
FIN DE LA TABLE.
CORBEIL.--TYP. ET STÉR. DE CRÉTÉ.
[Notes au lecteur de ce fichier numérique:
Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.
Les lettres supérieures unusuelles sont entourées de { }.]