12, +Plus+.--«Après moi, le déluge.»

16, +Nom+.--N’ayant pas d’enfant mâle, le nom de Montaigne devait

s’éteindre et s’éteignit avec lui; ses frères portaient des noms tirés

d’autres propriétés de la famille.

22, +Commodités+.--Cette opinion de Montaigne est celle de beaucoup;

et il faut convenir qu’elle va se répandant de plus en plus avec les

progrès de la civilisation, ce qui fait pousser les hauts cris à

certains qui considèrent comme une déchéance que l’accroissement de

population soit moindre chez nous que chez d’autres.

Les conséquences de cet accroissement varient suivant les pays:

avantageux pour ceux qui ont des colonies où déverser leur excédent,

ou chez lesquels existe le goût de l’émigration, il est une cause

de misères physiques et morales quand les débouchés font défaut.

Pareillement avantageux dans les familles adonnées à l’agriculture où

l’on tire très aisément parti de chacun, il ne l’est plus chez les

autres. G. LEBON.

En France, la population, de 39.047.000 habitants qu’elle était en

1901, a été de 39.337.000 en 1906, soit une augmentation annuelle

d’environ seulement 12 pour mille, inférieure à ce qu’elle est chez ses

voisins, en Allemagne notamment, où elle atteint 14 à 15. Sa densité

est également moindre; elle n’est que de 73 habitants par kilomètre

carré, et en Allemagne de 112.

Cette situation tient aux conditions de bien-être que l’on a en France,

et que l’on redoute d’amoindrir en augmentant ses charges et en

s’expatriant. Qu’on en conclue ce que l’on voudra au point de vue des

conséquences économiques, tant que n’interviendra pas un autre système

d’éducation changeant notre tempérament et par là amenant les gens à

refluer des villes dans les campagnes, et à aller chercher fortune aux

colonies, ce qui procède du même état psychologique, rien ne saurait

modifier cet état de choses.

Aussi est-ce à un tout autre point de vue que nous sommes partisan

de l’impôt sur les célibataires, les divorcés, les veufs et les

ménages sans enfants (on évalue à 1.300.000, en France, le nombre des

célibataires masculins âgés de plus de trente ans, et à 1.800.000

celui des ménages sans enfants). A cette mesure, on objecte que l’impôt

ne saurait être un moyen de réformer la société; mais tel n’est pas

le but que nous envisageons: nous ne voyons là qu’une compensation

équitable des charges qu’entraîne la famille et dont ils sont exempts;

alors qu’on cherche par l’impôt sur le revenu à obtenir une plus juste

répartition de nos contributions, quoi de plus naturel et de plus juste

que d’atteindre ceux dont les revenus sont si fort accrus de ce chef!

25. +Desirées+.--«Qui a enfant, a tourment.» _Proverbe._--EVENUS,

de l’île de Paros (anc. Grèce), poète dont Platon loue les talents et

la sagesse, disait: «De la crainte ou du chagrin, c’est ce qu’un père

éprouve en tous temps par son fils.»

31, +Mieux+.--Il l’agrandit tout au moins, car, en 1576, il fit

acquisition pour 1.500 livres (environ 8.000 fr. de notre monnaie)

d’une forêt près et au N. de son château.--A son décès, sa succession

a été estimée à 90.000 livres, dont 60.000 pour la terre, laquelle,

lorsqu’elle sortit de la famille, au commencement du siècle dernier,

fut vendue 120.000, et estimée à 224.000 trente ans plus tard;

aujourd’hui, manoir (en dehors de sa réfection dernière), terres et

bois, représentant une superficie d’environ 350 hectares, valent

plus du double.--Sa fille, en se mariant, reçut en dot 20.000 livres

tournois.

33, +Pas+.--Aussi ne m’a-t-elle pas accordé de grâce.

34, +Ans+.--Montaigne écrivait ces lignes vers 1586; et Ramon Eyquem

son bisaïeul, auquel la famille était redevable de sa situation de

fortune et de l’acquisition du domaine de Montaigne, et par lui de son

anoblissement, était mort en 1478.

=480=,

2, +Bulle+.--Titre émanant de la chancellerie romaine.--Montaigne

laisse entendre ici que ce titre de bourgeoisie romaine lui a été

conféré sans qu’il le demande; dans son Journal de voyage en Italie,

il dit à cet égard: «Je le recherchai, et pour l’obtenir y employai

mes cinq sens; j’y trouvai de la difficulté que je parvins toutefois à

surmonter.»

4, +Estois+.--En 1581. A cette époque, depuis longtemps déjà, ce

n’était là qu’un titre honorifique; dans les temps anciens, le droit

de cité, à Rome, comportait nombre de prérogatives, parmi lesquelles:

la liberté individuelle, le citoyen romain ne pouvait être battu

de verges, réduit en esclavage, ni même mis à mort, car il pouvait

éviter la peine capitale en s’exilant; il pouvait aspirer à toutes

les magistratures; servir dans les légions et, par suite, participer

aux commandements et au butin; être exempt de certains impôts, etc.

Généralement la concession du droit de cité n’était faite qu’avec

concession restreinte des privilèges qui y étaient attachés.

34, +Condita+.--Une grande incertitude règne sur la date exacte de

la fondation de Rome que l’on admet avoir eu lieu de l’an =754= à l’an

=752= av. J.-C.; en conséquence pour la supputation des dates ayant

trait à son histoire on prend généralement l’an =753= (date moyenne)

comme point de départ; à en juger par ce document, cette date devrait,

d’après les archives de Rome, être l’an =750=.

=482=,

18, +Delphes+.--Sur le fronton du temple de Delphes était inscrite

cette inscription: Γνώθι σεαυτόν (Gnothi seauton), Connais-toi

toi-même. V. N. =I=, 28: Cognoy; =III=, 620: temple.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 496 / 504 题