=620=,
9, +Neufuiesme+.--Le règne de Charles IX fut déchiré par les guerres
des Catholiques et des Protestants; et la paix étant conclue, déshonoré
par le massacre de ces derniers, ordonné à l’instigation de la reine
mère Catherine de Médicis et pratiqué à la fois sur tous les points de
la France, dans la nuit de la S.-Barthélemy (24 août 1572).
15, +Esprit+.--Les éd. ant. portent: _sa viuacité_, au lieu de: «son
esprit».
22, +Seneque+.--Sénèque a compté, de tous temps, des partisans très
décidés et de très violents adversaires: Montaigne, Balzac, le comte de
Maistre sont au nombre des premiers; Diderot en fait un éloge outré;
Dryden et La Harpe le déprécient outre mesure.
24, +Dion+.--A écrit une histoire romaine depuis Énée jusqu’aux temps
où lui-même vivait. Il est en général exact; on lui reproche cependant
de la partialité envers certains, entre autres contre Sénèque.
=622=,
5, +Mort+.--TACITE, _Annales_, XIII, 11; XIV, 53, 54, 55; XV, 60,
64. Il faut reconnaître cependant qu’il y a dans Tacite même de
terribles imputations contre lui, notamment quand il le représente
(XIV, 7) demandant à Burrhus s’il faut ordonner aux soldats le meurtre
d’Agrippine, et se chargeant ensuite (XIV, 11) de l’apologie de ce
parricide.
23, +Hannibal+.--Cette appréciation d’Annibal aurait été émise
par lui dans une rencontre qu’il aurait eue à Éphèse avec Scipion,
lorsque le premier était réfugié auprès d’Antiochus et que le second
était en ambassade auprès de ce prince (=190=). Elle est relatée par
Plutarque dans les vies de Pyrrhus et de Flaminius. Dans la première
Annibal aurait assigné à Pyrrhus le premier rang, à Scipion le second
et s’attribuait à lui-même le troisième. Dans la seconde, il donnait
la prééminence à Alexandre, le second rang à Pyrrhus, le troisième à
lui-même. A quoi Scipion lui ayant dit: «Et comment jugeriez-vous,
si vous m’aviez vaincu?» Annibal aurait répondu: «Je me placerais
au-dessus de tous les autres capitaines du monde.»--Tite-Live relate
également cette conversation, comme le fait Plutarque dans la vie de
Flaminius; néanmoins, elle est généralement considérée comme apocryphe,
on ne croit même pas qu’Annibal et Scipion se soient rencontrés nulle
part après Zama.
23, +Autrement+.--Les éd. ant. ajoutent: _recité_.
30, +Larecin+.--PLUTARQUE, _Lycurgue_, 14.--Montaigne a déjà
mentionné ce fait, =I=, 458.
33, +Loy+.--Plus de moyen, de faculté, de liberté.
36, +Pyrrhus+.--PLUTARQUE, _Pyrrhus_, 12.
=624=,
9, +Ailleurs+.--Immédiatement après l’exemple de cet enfant dont il
est question plus haut, qui se laissa dévorer le ventre par un jeune
renard qu’il avait dérobé.
12, +Cicero+.--_Tusc._, II, 14; V, 27.
18, +Tesmoins+.--VALÈRE MAXIME, III, 3, cite aussi le fait, mais en
attribuant ce trait de courage à un enfant macédonien qui assistait à
un sacrifice offert par Alexandre.
29, +Recite+.--Liv. XXII, vers la fin du ch. 16.
40, +Tua+.--TACITE, _Annales_, IV, 45.--L’an 25, sous le règne de
Tibère. L. Pison était gouverneur de l’Espagne citérieure; ce meurtre
fut attribué à la sévérité avec laquelle il poursuivait les rentrées au
trésor public.
40, +Epicharis+.--TACITE, _Annales_, XV, 57.
=626=,
10, +Argoulets+.--Auprès de nos soldats, de nos gens d’armes.
17, +Pistole+.--Avec le chien d’un pistolet. Les chiens des armes à
feu de l’époque se composaient de deux plaquettes en fer ou mâchoires
reliées par une vis et formant étau, pour tenir soit la mèche, soit la
pierre servant à mettre ou à produire le feu.
20, +Rançon+.--Prix payé pour se racheter de captivité ou de mauvais
traitements auxquels on se trouvait exposé.
23, +Dague+.--Sorte de poignard.
=628=,
4, +Ailleurs+.--Ch. XXVI du premier livre (=I=, 288 et suivantes).
14, +Insupportable+.--L’ex. de Bord. porte: _Quelle bestiale
stupidité!_ au lieu de «O... insupportable?»
14, +Considere+.--Les éd. ant. portent: _aucunes de ces armes
anciennes esleuées iusqu’au ciel au pris de la mienne_, au lieu de:
«aucuns... anciens».
21, +Celles-là+.--En introduisant la variante qui précède, Montaigne,
ayant substitué «hommes» à «âmes», aurait dû pareillement remplacer
«celles-là» par «ceux-là».
26, +Mulcté+.--Mis à l’amende; du latin _mulctatus_ qui a ce même
sens. Le fait est tiré de PLUTARQUE, _Agésilas_, 1.
32, +Petalisme+.--L’ostracisme était, à Athènes, une sentence de
bannissement politique pour dix ans qui, lors du vote, s’inscrivait
sur une coquille, d’où son nom.--Le pétalisme était à Syracuse et à
Corinthe ce que l’ostracisme était à Athènes; mais sa durée n’était
que de cinq ans et le vote s’exprimait sur une feuille d’olivier, d’où
aussi le nom qu’il portait.
36, +Cicero+.--Fut successivement préteur, édile et consul. Mérita
le nom de «Père de la patrie», en déjouant la conjuration de Catilina;
embrassa le parti de Pompée, après Pharsale se rallia à César. Ce
dernier mort, il opposa Octave, neveu de César, à Antoine qu’il attaqua
vivement et dont l’influence le fit proscrire; il périt égorgé comme il
cherchait à fuir. V. N. =II=, 72.
30, +Aristides+.--Célèbre par ses vertus civiles et militaires;
son intégrité le fit surnommer «le Juste»; il était de ceux qui
commandaient à la bataille de Marathon, contribua au succès de celles
de Salamine et de Platée, fut frappé d’ostracisme par crainte de son
crédit, chargé d’administrer le trésor commun des Grecs destiné à
pourvoir aux guerres futures contre les Perses, et mourut si pauvre que
l’État fut obligé de pourvoir à ses funérailles et de doter ses filles.
36, +Sylla+.--Lieutenant, puis collègue et enfin rival de Marius
contre lequel il représentait l’oligarchie; vainqueur de Mithridate
roi du Pont, il parvint après quelques alternatives à triompher des
partisans de Marius qui était mort dans l’intervalle, et, maître
absolu de Rome, élu dictateur perpétuel, ensanglanta ses succès par
d’horribles cruautés et de nombreuses proscriptions. Deux ans après,
sans crainte des haines qu’il avait suscitées, il abdiquait et rentrait
dans la vie privée; il mourut l’année suivante. V. =II=, 156 et N.
Sylla.
36, +Lysander+.--Remporta sur les Athéniens la victoire navale
d’Ægos-Potamos qui mit fin à la guerre du Péloponnèse (=405=), fut tué
dix ans après dans un combat livré contre les Thébains.
36, +Marcellus+.--Fut cinq fois consul; battit les Gaulois (=222=);
envoyé contre Annibal après la bataille de Cannes, il releva les
affaires des Romains à Nole, puis à Syracuse dont il s’empara après un
siège de trois ans; Archimède périt dans le sac de cette ville, malgré
l’ordre qu’il avait donné de l’épargner (=112=); vainqueur d’Annibal
à Canusium (=210=), il périt deux ans après dans une embuscade. On
l’avait surnommé «l’épée de Rome», comme Fabius Cunctator en était «le
bouclier».
37, +Pelopidas+.--Ami d’Epaminondas; contribua puissamment à
l’expulsion des Spartiates de Thèbes (=379=); fut tué en =364= à
Cynoscéphales (Thessalie), dans un combat contre Alexandre de Phères.
37, +Pompeius+.--Général romain, surnommé le Grand. Embrassa le
parti de Sylla; reprit la Sicile et l’Afrique aux partisans de Marius.
Sylla mort, il reprend la Narbonnaise et l’Espagne à ses adversaires
politiques à la suite de la défaite et la mort de Sertorius (=78=). Il
triomphe en Italie d’une révolte des esclaves; extermine les pirates
de la Méditerranée, achève la guerre de Mithridate, conquiert une
partie de l’Asie et forme le premier triumvirat (=60=), avec Crassus
et César dont il a épousé la fille. A la mort de cette dernière et
Crassus ayant été tué chez les Parthes, il rompt avec César; dans la
lutte qui s’ensuit, soutenu par le Sénat, il n’en est pas moins chassé
d’Italie, passe en Grèce, tient un instant son ennemi en échec à
Dyrrachium, mais battu à Pharsale, il va demander asile en Égypte, où
à son débarquement il est assassiné par ordre du roi. Pompée parvint
au faîte des grandeurs, il le dut surtout à sa bonne fortune; il avait
de l’ambition, de la morgue, des talents, mais le génie lui faisait
défaut.
37, +Agesilaus+.--Roi de Sparte; vainquit les Perses en Asie et
conquit l’Asie Mineure; gagna la bataille de Coronée sur les Grecs
coalisés, et fut lui-même vaincu à Mantinée par Epaminondas; il
se distinguait par son courage et sa grandeur d’âme; à l’âge de
quatre-vingts ans il guerroyait encore.--Au nombre des recommandations
expresses faites par Lycurgue, était celle de ne pas combattre trop
fréquemment contre les mêmes ennemis, afin qu’ils n’arrivassent point
à acquérir l’expérience de la guerre; c’est le reproche qu’on a fait à
Agésilas, d’avoir, par ses expéditions répétées en Béotie, rendu les
Thébains aussi experts en cet art que les Lacédémoniens et avoir fini
par être battu par eux. C’est aussi ce qui est arrivé à Napoléon qui,
après avoir vaincu l’Europe si souvent, a été vaincu par elle, autant
parce qu’au jeu de la guerre, comme en tout autre, on ne gagne pas
toujours, que parce qu’en battant sans cesse ses adversaires, il avait
laissé pénétrer par quelques-uns, partie des secrets de son génie.
=630=,
4, +Œuures+.--V. =II=, 70 et N. Profitable.
6, +Vertu+.--Ce même esprit d’équité que Montaigne relève dans les
«Vies illustres» de Plutarque et notamment dans les _Parallèles_
qui s’y trouvent insérés, se retrouve dans la «Collation d’aucunes
histoires romaines avec les autres semblables grecques», de ce même
auteur ou parues sous son nom. On y voit d’un côté Posthumius livrant
au supplice son fils, bien que vainqueur, pour avoir combattu contre
son ordre; et, de l’autre, Epaminondas en agir de même. Là c’est
Agamemnon sacrifiant sa fille pour obtenir des vents favorables; ici
c’est la fille de Métellus qu’atteint la même infortune. De même à
propos du dévouement de Décius, de l’héroïsme de Mucius Scevola, de
la trahison du roi Pausanias de Sparte et de la manière dont elle fut
punie, etc... Il cite des faits analogues chez la partie adverse,
s’appliquant d’une façon indéniable à tenir la balance égale entre les
Grecs et les Romains.
25, +Labienus+.--L’un des plus habiles lieutenants de César en Gaule;
se sépara de lui quand celui-ci, franchissant le Rubicon, marcha sur
Rome; embrassa alors le parti de Pompée et prit part à la bataille de
Munda (Espagne) qui mit fin à la guerre civile.
25, +Ventidius+.--César lui confia quelques affaires importantes
en Gaule; après la mort du dictateur, il seconda Antoine contre ses
meurtriers; postérieurement opposé aux Parthes, il les chassa de l’Asie
Mineure (=35=).
28, +Agis+.--Agis III tenta de remettre en vigueur les lois de
Lycurgue, d’abolir les dettes, de faire un nouveau partage des terres,
mais il échoua et fut mis à mort par l’influence de ceux dont il
menaçait les intérêts (=244= à =239=).
28, +Cleomenes+.--Cleomène III, poursuivant l’œuvre d’Agis III son
prédécesseur, opéra une révolution à Sparte, égorgea les éphores qui
s’y opposaient, détruisit le Sénat, abolit les dettes, effectua un
nouveau partage des terres et bannit le luxe. Ayant à combattre les
Achéens, d’abord vainqueur, il finit par être vaincu; il passa alors en
Égypte pour y chercher des secours, mais déçu dans ses espérances, et
peu après menacé dans sa liberté, il fut réduit à se donner la mort.
29, +Lycurgus+.--Les éd. ant. ajoutent: _et Scipion encore à
Epaminondas qui estoyent aussi de son rolle_.
32, +Parangonner+.--Comparer; mot d’étymologie grecque, que les
Italiens ont conservé avec le sens qu’il a ici; en français, n’est plus
employé que comme terme d’imprimerie.
35, +Dit-il+.--Dans son _Parallèle de Pompée avec Agésilas_.
37, +Conferer+.--Comparer, du latin _conferre_; Montaigne en fait un
fréquent usage dans cette acception.
38, +Dit-il+.--Dans son _Parallèle_ entre ces deux personnages.
=632=,
4, +Separement+.--Ainsi que l’auteur l’observe, Plutarque, dans ses
_Parallèles_, ne porte pas d’appréciation d’ensemble sur les deux
hommes qu’il met en comparaison; il fait ressortir pour chacun, sur
quelques points caractéristiques, ce qu’il y a de plus particulier à
retenir, et il est assez difficile de conclure pour lui:
Entre Démosthène et Cicéron, il donne le prix de l’éloquence au
premier et insiste sur la supériorité des mœurs du second. Il apprécie
le désintéressement et la réserve d’Aristide, et constate que Caton
l’Ancien, dont il ne méconnaît pas le caractère, occupe une beaucoup
plus grande place. Sylla, dit-il, a fait de plus grandes actions,
Lysandre de moins grandes fautes; celui-ci a été plus tempérant et plus
sage, l’autre a témoigné de plus de capacité et de valeur militaires.
Entre Marcellus et Pélopidas, la balance est à peu près égale: leur
vie comme leur mort a bien de l’analogie; le premier a plus fait,
toutefois la délivrance de Thèbes par le second a été admirablement
conçue et exécutée. Pompée se distingue par l’éclat de ses succès et
sa probité politique; Agésilas a plus de valeur militaire réelle. Les
exploits de Camille, sa droiture, le différencient de Thémistocle qui
avait incontestablement plus d’adresse. Entre les Gracques et Agis
et Cléomène, Tibérius Gracchus lui semble l’emporter par sa vertu.
La législation de Numa est plus douce que celle de Lycurgue; il l’a
imposée par la persuasion, Lycurgue par la force; les Romains ont
obtenu d’autant plus de succès qu’ils se sont éloignés des institutions
du premier, les Spartiates ont perdu leur supériorité pour avoir
abandonné les lois du second.