CHAPITRE XXIII.

=554=,

11, +Atletes+.--En dehors de l’entraînement continu auquel de nos

jours sont soumis les jockeys qui prennent part aux courses, on leur

fait suivre un régime spécial et, entre autres choses, on provoque

pareillement, chez eux, d’abondantes transpirations pour les rendre

plus légers, avant qu’ils ne montent à cheval pour courir.

20, +Marée+.--Foule; comme on dit «les flots de la multitude».

22, +Grece+.--Les Turcs; mais cette situation a pris fin en 1830,

époque à laquelle une insurrection datant de 1821 et la bataille

navale de Navarin, gagnée en 1827 par les flottes combinées de France,

d’Angleterre et de Russie, rendirent à la Grèce son indépendance.

32, +Inconuenient+.--C’est actuellement encore, en Europe, une des

causes de guerre des plus à redouter que de servir de palliatif à des

difficultés économiques, ou de dérivatif à des difficultés de politique

intérieure, qui vont croissant sans cesse par suite de l’aveuglement,

de l’inertie et de la division des conservateurs et, d’autre part, de

l’esprit de plus en plus entreprenant et des exigences de plus en plus

grandes des socialistes.

39, +Carthaginois+.--Carthage, située non loin de l’emplacement où

se trouve actuellement Tunis, devenue la capitale d’une république

maritime très puissante, et la rivale de Rome, eut à soutenir contre

celle-ci de longues luttes connues sous le nom de «guerres puniques»,

qui se terminèrent par la prise et la destruction de la cité africaine

(=146=).

39, +Bretigny+.--FROISSART, I, 213.--Le traité de Brétigny (1359),

par lequel le roi Jean le Bon, fait prisonnier à la bataille de

Poitiers, abandonnait à l’Angleterre, pour racheter sa liberté, toutes

les conquêtes faites par ses prédécesseurs, ne fut pas reconnu par les

États généraux convoqués à cet effet par le Dauphin. La guerre reprit

alors de plus belle, pour ne se terminer qu’en 1453, par la bataille de

Castillon; elle avait duré cent quinze ans.

=556=,

2, +Outre-mer+.--Allusion à une expédition en Angleterre, méditée

vers 1338 par Philippe IV de Valois, pour laquelle il avait réuni vingt

à trente mille hommes, et que devait commander son fils Jean, duc de

Normandie, depuis Jean le Bon, alors âgé de 20 ans; cette expédition

n’eut pas lieu, le roi d’Angleterre ayant pris lui-même l’offensive et

envahi la France.

10, +Ruine+.--C’était l’avis de l’amiral de Coligny; et, s’il se

trouvait à Paris lors de la S.-Barthélemy, c’est qu’il était question,

à ce moment, entre le roi et lui, d’une guerre dans les Pays-Bas devant

servir de dérivatif à nos troubles intérieurs d’alors, guerre dans

laquelle il eût exercé un commandement.

13, +Commodité+.--«La guerre n’est qu’un instrument de la politique.»

CLAUSEWITZ.

14, +Virgo+.--Némésis, déesse de la vengeance, chargée de punir le

crime et de renverser une insolente prospérité; surnommée _Rhamnusia_,

de ce qu’elle avait un temple à Rhamnus, bourg de l’Attique.

20, +Elotes+.--PLUTARQUE, _Lycurgue_, 21.--Elotes ou Ilotes; à

l’origine ce nom désignait les habitants d’Hélos, ville de Laconie

(Grèce anc.), prise et détruite en =1059= par les Lacédémoniens qui

les réduisirent en esclavage. Il fut ensuite étendu à tous leurs

esclaves indistinctement, qu’ils traitaient avec une extrême dureté,

les entretenant soigneusement dans l’état le plus abject.

27, +Art+.--CELSE dit à cet égard: «Ceux qui pratiquent la médecine

rationnelle, estiment qu’Hérophile et Erasistrate agissaient bien,

en obtenant des rois que les criminels leur fussent livrés pour être

disséqués vivants, et qu’on pût observer, alors qu’ils étaient encore

pleins de vie et avant qu’ils eussent rendu l’âme, la disposition,

la couleur, la forme, les dimensions des organes»; mais il ajoute:

«disséquer ainsi des hommes vivants, est aussi cruel qu’inutile».

35, +L’empereur+.--Ce ne fut qu’en 403 que les combats de gladiateurs

furent abolis par l’empereur Honorius, après que les spectateurs eurent

tué à coups de pierre un anachorète, nommé Télémaque, qui, venu exprès

de l’Orient à Rome, s’était jeté entre les combattants pour les séparer.

=558=,

17, +Rumpi+.--Dans les combats de gladiateurs, le vaincu devait

mettre bas les armes et était égorgé, à moins que les spectateurs ne

voulussent lui sauver la vie; le vainqueur les consultait du regard: le

bras étendu, le poing fermé, le pouce détaché et en dessus, marquait

qu’il eût à achever son adversaire; le poing renversé, le pouce en

dessous, qu’on faisait grâce.

30, +Interest+.--Le fait était assez fréquent jadis: le landgrave

de Hesse, le duc de Brunswick en Allemagne vendaient leurs sujets aux

recruteurs anglais; le prince de Waldeck, aux Hollandais; les Suisses

se vendaient eux-mêmes. A la bataille de S.-Quentin, il y avait des

Allemands des deux côtés; de même des Suisses, à la bataille de

Fontenoy, etc.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 457 / 504 题