18, +Trouble+.--Var. des éd. ant.: _desreglement et de la cecité?_

19, +Maladie+.--Var. des éd. ant.: _fauceté_.

20, +Perturbation+.--Var. des éd. ant.: _l’erreur_.

20, +La temerité+.--Var. des éd. ant.: _le mensonge_.

25, +Insensez+.--PLATON, _Phèdre_.

28, +Sommeil+.--CICÉRON, _De Divinat._, I, 57.

31, +Apporte+.--Par son anéantissement (l’anéantissement de la

raison), causé par la fureur ou le sommeil, image de la mort, nous

devenons...

40, +Pas+.--La philosophie.

=354=,

5, +Infiable+.--Infidèle, peu digne de foi.

13, +Souffre+.--«Le premier soupir de l’amour est le dernier de la

sagesse.»

22, +Planir+.--Diminuer et s’aplanir.

39, +Volubilité+.--Add. des éd. ant.: _et imperfection_.

40, +Constance+.--Add. des éd. ant.: _et fermeté_.

=356=,

7, +Entier+.--Var. de 1588: _pur et entier_, au lieu de: «entier».

19, +Nicetas+.--CICÉRON, _Acad._, II, 39, où suivant l’édition on lit

Nicétas ou Hicétas.

19, +Syracusien+.--Var. des éd. ant.: _il y a enuiron 18. cens ans

que quelqu’vn_, au lieu de: «Cleanthe... Syracusien».

21, +Aixieu+.--V. N. =I=, 254: _Aqua_.--Cette constatation semble

due aux Assyriens, desquels l’auraient tenue Pythagore et son école,

mais contre laquelle s’éleva Aristote. Pour cette théorie, Cléanthe,

au dire de PLUTARQUE, _De la Face de la Lune_, 4, sur la dénonciation

d’Aristarque, qui demandait qu’il fût poursuivi comme blasphémateur,

faillit avoir le sort qui, vingt siècles après, menaça Galilée pour

avoir soutenu cette même thèse alors que déjà deux cents ans auparavant

elle avait été rééditée par Copernic. Celui-ci admettant en effet le

double mouvement de la terre sur elle-même, mouvement s’effectuant

suivant un plan (celui de l’écliptique) incliné par rapport à la ligne

des pôles, établit sur ce principe le système planétaire qui porte son

nom et qui a renversé celui de Ptolémée admis jusqu’alors.--Certains

toutefois estiment, en ce qui concerne Cléanthe, qu’une erreur a dû

être commise dans la transcription du texte de Plutarque et que les

rôles y sont inversés: d’après eux ce serait Aristarque qui affirmait

le mouvement de la terre et Cléanthe qui lui en faisait un crime.

24, +Ne nous... deux+.--Var. des éd. ant.: _n’y a guiere

d’asseurance, ny en l’vn ny en l’autre_.

34, +Vogue+.--Var. des éd. ant.: _credit et authorité_.

35, +Precedentes+.--Les Essais venaient à peine de paraître, quand

s’est produite cette tierce opinion, émise par Tycho-Brahé (1546 à

1601), dont le système en progrès sur celui de Copernic, modifié par

Képler (1571 à 1631) que lui-même avait formé, et confirmé par Newton

(1642 à 1727), est la base de l’astronomie moderne.

37, +Introduicts+.--V. au sujet de ces principes N. =II=, 300:

Priuation.--Les éd. ant. aj.: _de matiere, forme et priuation_.

39, +Lettres+.--S. ent. de crédit.

43, +Boute-hors+.--D’être déboutés, jetés dehors.

43, +Deuanciers+.--«Y a-t-il une chose, dit l’Ecclésiaste, dont

on puisse dire: c’est du nouveau? Non, cette chose a déjà été dans

les siècles qui furent avant nous; on ne se souvient plus des choses

d’autrefois, de même on ne se souviendra plus des choses à venir, parmi

ceux qui viendront plus tard.» Ceci, qui était déjà vrai du temps de

Salomon, l’est probablement encore aujourd’hui; car nul ne peut assurer

que notre civilisation ne disparaîtra pas comme d’autres qui l’ont

précédée; et des hommes, dans la suite des siècles, découvriront encore

ce que nous avons découvert avant eux et croiront que c’est du nouveau

(HARDUIN).

=358=,

36, +Toucher+.--Telles sont en effet l’hyperbole et ses asymptotes:

la première ligne courbe, de la nature de celles que l’on obtient en

sectionnant un cône par un plan oblique à son axe, les secondes, lignes

droites en corrélation particulière avec la première, si bien que

toutes trois prolongées indéfiniment, les asymptotes vont approchant

toujours de plus en plus l’hyperbole sans, comme l’indique leur nom,

jamais la rencontrer, quoique sises dans le même plan. Mais leur

découverte est bien antérieure à Jacques Peltier; on en trouve mention

dans Apollonius, géomètre grec du =IIIe= siècle.

39, +Combattre+.--Add. des éd. ant.: _et ruiner_.

=360=,

7, +Antipodes+.--L’existence des antipodes a été fort controversée

dans les temps passés: les philosophes anciens ne les admettaient pas;

l’Église primitive pas davantage. Lactance dit à cet égard: «Quel est

l’homme assez insensé, pour croire qu’il y a des hommes dont les pieds

sont plus élevés que la tête?» S. Augustin abondait dans le même sens,

parce que, disait-il, «les antipodes seraient au delà de la mer et que

la mer est intraversable». Cette idée des antipodes, émise par Virgile

prêtre, depuis fait évêque et canonisé, fut même qualifiée d’hérésie

par le pape Zacharie, comme admettant, sous la terre, une autre terre,

un autre soleil, une autre lune et des habitants sur cette autre terre,

ne descendant pas d’Adam.

13, +Sçauoir mon+.--Il reste à savoir.

15, +Disent+.--Add. de 88: _Aristote dict que toutes les opinions

humaines ont esté par le passé et seront à l’aduenir, infinies

autresfois. Platon qu’elles ont à renouueller et reuenir en estre après

trente six mille ans_.

17, +Platon+.--Dans le dialogue intitulé _la Politique_.

20, +Herodote+.--Liv. II, 142, 143, etc.

28, +Salomon+.--«Ce qui a été, est encore; ce qui doit être, a déjà

été; Dieu rappelle ce qui est passé.» ECCLÉSIASTE, III, 15.--Outre

qu’il bâtit le temple de Jérusalem et les murailles de cette ville,

Salomon possédait un savoir immense; on lui attribue plusieurs des

livres saints: les Proverbes, le Cantique des Cantiques, l’Ecclésiaste.

28, +Isaïe+.--«Je m’en vais créer de nouveaux cieux, une terre

nouvelle, et tout ce qui a été auparavant s’effacera de la mémoire.»

ISAIE, LXV, 17. Nombre des prophéties d’Isaïe nous sont parvenues;

elles se distinguent par la sublimité des idées, l’énergie des tableaux

et le style qui est d’une véhémence extraordinaire; on admire surtout

le cantique sur la ruine de Babylone.

31, +Changement+.--Rien ne se fait avec rien, donc l’univers n’a pas

eu de commencement; rien ne se perd, tout se transforme, donc il ne

prendra jamais fin. Ce dernier principe, nous en voyons par nous-mêmes

l’action incessante en ce qui touche les choses de la terre; il n’est

pas moins vrai en ce qui concerne les astres. Ceux-ci, en raison de la

loi de la gravitation universelle, dont la réalité est vérifiée par

le mouvement des corps célestes qu’elle explique jusque dans leurs

anomalies apparentes qu’elle arrive à prévoir, ne peuvent résister

éternellement à la désagrégation, ni se désagréger sans que leurs

débris aillent, à travers les espaces, s’agglomérer à la longue à

d’autres existants.

32, +Escholes+.--Celle de Platon.

39, +Derriere+.--Cette théorie du monde, de la terre, etc... pourvus

d’une âme en même temps que d’un corps, et ayant des mouvements

propres, aurait été émise par l’école de Pythagore; d’autres la

trouvent en germe dans certains passages du _Timée_ de Platon. CORPET.

39, +Heraclitus+.--DIOGÈNE LAERCE, IX, 8.

=362=,

2, +Mere+.--On estime que cette lettre n’est pas d’Alexandre le

Grand, mais d’un Alexandre, écrivain grec du Ier siècle. S. Augustin,

qui la relate, semble avoir fait confusion.

5, +Cicero+.--_De Divinat._, I, 19.

5, +Diodorus+.--Liv. III, 31.

7, +Pline+.--_Nat. Hist._, XXX, 1.

7, +Zoroastre+.--Sa doctrine, qui constituait la religion des mages

et prédominait en Perse avant que cette contrée ne devînt musulmane,

est consignée dans le Zend Avesta. Elle admettait deux principes

opposés, au-dessus desquels s’élève un Dieu suprême; elle prescrivait

le culte du feu, réglait la vie publique comme la vie privée, annonçait

des peines et des récompenses après la mort; c’est en somme un dieu

unique, l’immortalité de l’âme et le jugement dernier. On ignore si

Zoroastre a réellement vécu, ou si on a simplement rattaché à ce nom

les traditions de cette religion des mages qui dominait dans le centre

de l’Asie du =XIIIe= au VIe siècle.

8, +Dit+.--Dans le _Timée_.

11, +Saïs+.--Il y existait un temple d’Isis, où se lisait cette

inscription: «Je suis ce qui a été, ce qui est, ce qui sera, et nul n’a

encore soulevé le voile qui me couvre.»

16, +Exemples+.--Montaigne entasse ici, comme il l’a déjà fait

précédemment, sans les avoir contrôlés, nombre de récits relatés dans

les premiers ouvrages écrits par les Espagnols, après la conquête de

l’Amérique, où l’ignorance et la prévention se sont donné beau jeu et

dont l’exactitude est plus que douteuse.

29, +Credit+.--PIERRE MESLIE, _Diverses leçons_, I, 3, établit que

le signe de la croix était pratiqué et estimé en certaines contrées de

l’ancien monde, bien avant que N.-S. Jésus-Christ ne fût crucifié.

30, +S. André+.--Croix dont les deux branches sont de même longueur

et ne se coupent pas à angle droit. C’est sur une croix de cette

nature, par suite les jambes écartées à l’égal des bras, que S. André

fut crucifié, d’où son nom; c’est également sur une croix de cette

espèce, au lieu de roue, que souvent l’on plaçait les grands criminels

condamnés à être roués, les y clouant et leur rompant ensuite bras et

jambes.

=364=,

22, +Liberté+.--Tacite en dit autant des Germains.

24, +Figures+.--Dans le genre de l’écriture hiéroglyphique, ou encore

de la langue chinoise. Cette langue, remarquable par son originalité,

son antiquité, son immutabilité, son extension dans les contrées

les plus peuplées de l’Asie, est, de toutes les langues anciennes,

non seulement la seule qui soit encore parlée de nos jours, mais

la plus usitée des langues actuelles.--La langue écrite n’est pas

alphabétique; c’est la réunion d’une immense quantité de caractères

plus ou moins compliqués, dont chacun exprime un mot, représente une

idée ou un objet. Les caractères primitifs, qui sont des signes ou

plutôt des dessins grotesques, sont au nombre de 214. Il y a quelques

caractères pour le ciel, l’homme, les parties du corps, les animaux,

les métaux, les plantes, etc. Ces caractères primitifs ont servi à

former une innombrable quantité de signes, composés le plus souvent

arbitrairement, mais qui offrent quelquefois des symboles ingénieux,

des définitions vives et pittoresques, des énigmes d’autant plus

intéressantes qu’on en a perdu la clef. Les notions abstraites furent

très difficiles à exprimer: la colère est peinte par un cœur surmonté

du signe de l’esclavage; une main tenant le symbole de milieu,

désigne l’historien, dont le devoir est de n’incliner d’aucun côté;

le caractère de la rectitude indique le gouvernement; deux images

de perles (il est si difficile d’en trouver deux bien appareillées)

désignent un ami; d’autres mots ont des compositions tout arbitraires,

mais un grand nombre sont intéressants à analyser; beaucoup d’allusions

et de traits piquants sont perdus, les étymologies ne se retrouvent pas

toujours, mais bien certainement les Chinois se sont peints dans leur

langue.--On traçait primitivement les signes avec une pointe métallique

sur un bambou; mais trois siècles avant J.-C., on découvrit l’art de

faire du papier et de l’encre, et le pinceau remplaça le poinçon. On

écrit les caractères en lignes verticales en commençant par la droite

et allant vers la gauche. Il y a aujourd’hui 30 à 40.000 caractères,

mais les deux tiers seuls sont usités, et, en retranchant les

synonymes, on trouve que la connaissance de 5 à 600 caractères suffit

à comprendre les textes originaux.--La langue parlée est composée d’un

nombre limité d’intonations monosyllabiques, 450 environ, qui, par la

variation subtile des accents, se multiplient jusqu’à 1.600 environ;

elle serait très facile (G{al} NIOX).

30, +Aspergez+.--Goupillons; le mot aspergez, qui vient de ce à quoi

sert la chose, existe encore à l’état de substantif, mais est peu usité.

=366=,

10, +Deffubler+.--Découvrir, dégager, ôter un affublement.

25, +Poste+.--A son gré; c’est une expression italienne: _a sua

posta_.

27, +Main+.--Nous sommes à même de nous rendre compte, de constater.

30, +L’ame+.--Chaque race possède une constitution mentale qui lui

est propre, née à la longue de la communauté de sentiments et d’idées,

créée par suite plus du fait des ancêtres que des vivants, car l’homme

ne se forme pas tout seul, et la race dont il sort, comme le milieu où

il vit, lui apportent leurs diverses influences. De cette mentalité

procèdent ses croyances et ses institutions qui sont plus souvent

des effets que des causes; son rôle dans l’existence de la race est

prépondérant par l’influence qu’elle exerce d’une façon latente, mais

continue, sur sa moralité, autrement dit sur ses règles fixes de

conduite et sa fidélité à les observer, ainsi que sur ses actes.--Les

différences dans la constitution mentale des peuples font qu’ils

sentent, raisonnent et agissent de façons fort différentes, de sorte

qu’ils se trouvent fréquemment en dissentiment sur nombre de questions

dès qu’ils sont en contact; de là naissent la plupart des guerres.--Ces

mentalités par exemple, chez les races latine et anglo-saxonne, se

distinguent en ce que la première est beaucoup plus vaniteuse, loquace,

superficielle, mobile, l’imagination y prédomine, elle est davantage

portée à l’agriculture, la seconde à l’industrie, au commerce, à la

colonisation. Les Latins se soucient peu de la liberté (chaque parti

estime qu’elle règne, quand il est le plus fort), mais ils sont épris

d’égalité, ce qui leur fait supporter tous les despotismes, à condition

qu’ils soient impersonnels: et, de fait, chez eux, république,

monarchie, socialisme sous des étiquettes différentes ont même effet,

l’absorption de l’individu par l’État; les Anglo-Saxons sont assoiffés

de liberté, la réalité est un mythe, et qu’ils soient en monarchie

comme en Angleterre, ou en république comme aux États-Unis, l’action de

l’État est réduite au minimum, celle des particuliers est sans limites.

En France en particulier, où les idées socialistes gagnent de plus

en plus et viennent ajouter à la mentalité latine, s’accentue cette

ingérence de l’État en toutes choses; alors qu’il ne devrait pas être

le tuteur et le professeur perpétuels des citoyens, mais uniquement

leur protecteur, parfois leur initiateur et dans certains cas leur

serviteur, il va substituant son action à celle des individus et des

associations et entrave ainsi leur libre développement, en dépit de

l’expérience qui enseigne combien la gestion directe par l’État est

plus onéreuse, plus routinière et moins à la dévotion du public; c’est

ainsi qu’il monopolise les postes, le télégraphe, le téléphone, les

tabacs, les allumettes, on pourrait même dire l’instruction, convoite

les chemins de fer, a une imprimerie, des manufactures (Sèvres, les

Gobelins), exploitant au lieu de se borner à contrôler. Il est vrai que

c’est un moyen de se procurer des emplois à donner à soi-même quand la

roue de la fortune tournera, à ses adhérents toujours nombreux à la

curée, et d’augmenter le nombre des fonctionnaires et des employés qui

sont autant d’électeurs dont on escompte les votes.

Cette intervention de l’État s’étend à tout, disons-nous; n’a-t-elle

pas été s’immiscer dans les détails de ces fêtes séculaires qui ont

lieu chaque année à Orléans, en mémoire de la levée, en 1429, du siège

de cette ville, par le fait de Jeanne d’Arc!

32, +Athenes+.--Elle était consacrée à Minerve, d’où son nom Athéna

qui est celui en grec de cette déesse. Pendant des siècles elle eut

dans l’antiquité un éclat tout particulier; longtemps elle domina sur

mer et eut de nombreux comptoirs et fonda un grand nombre de colonies:

plus longtemps encore y fleurirent les lettres, les arts et l’esprit;

elle fut la patrie de Phidias, de Socrate, de Périclès, de Démosthène

et d’une multitude de philosophes, d’hommes d’état, d’écrivains,

d’artistes éminents: on y admirait une foule de monuments, dont

quelques-uns tels que le Parthénon étaient des chefs-d’œuvre et dont

les ruines dénotent encore la splendeur.

35, +Valentes+.--Hésiode, Pindare, Épaminondas, Plutarque, nés

à Thèbes ou environs, démentent la complète exactitude de cette

réputation de «lourdauds» faite aux Béotiens.

=368=,

10, +Infertiles+.--HÉRODOTE, IX, d’où le fait est tiré, prête à

Cyrus une seconde raison: «De conquérants qu’ils étaient, leur dit-il,

ils deviendraient la proie de quelque peuple belliqueux»; argument,

ajoute l’historien, qui leur fit perdre l’envie qu’ils avaient eue

d’émigrer.--Cette influence du climat, qu’Hérodote constatait il y a

vingt-deux siècles, disant: «Les pays mous font des hommes mous», a

été reconnue de tous temps; on la trouve accusée, entre autres, par

Hippocrate, Platon, Galien, Cicéron, Sénèque, Bodin, Malebranche,

Montesquieu, J.-J. Rousseau.

22, +Iouyssance+.--Qu’en dehors de ce que nous ne pouvons réaliser,

même en imagination nous sommes incapables de désigner...

32, +Lacedemoniens+.--PLATON, _Second Alcibiade_.

37, +Et le Chrestien... Dieu+.--Var. des éd. ant.: _C’est pourquoy le

chrestien plus humble, et plus sage, et mieux recognoissant que c’est

que de luy, se rapporte à son créateur de choisir et ordonner ce qui

luy faut. Il ne le supplie d’autre chose, sinon_, au lieu de: «Et le

Chrestien supplie Dieu».

=370=,

2, +Desprier+.--Mot créé par Montaigne; on n’en saurait trouver de

plus clair, de plus court, de plus expressif pour rendre l’idée qu’il

exprime ici; il est demeuré dans la langue, mais avec un sens plus

restrictif, celui de retirer une invitation.

2, +Prieres+.--Pour le délivrer de ce don funeste, dont il l’avait

gratifié sur sa demande, Bacchus fit baigner Midas dans le Pactole qui,

depuis, dit la fable, roule des paillettes d’or dans ses flots.

8, +Aueindre+.--Atteindre; se disent encore l’un pour l’autre dans

certaines parties de la France.

11, +Biton+.--HÉRODOTE, I, 31.--Un jour de sacrifice, alors que

tardaient à venir les bœufs qui devaient traîner au temple le char de

leur mère qui en était prêtresse, ils s’y attelèrent eux-mêmes. Le

peuple les acclama; leur mère, ravie, pria la déesse de leur accorder

en récompense ce qui leur serait le plus avantageux, et, quand elle

sortit du temple, elle les trouva tous deux endormis pour toujours dans

les bras l’un de l’autre; «la mort est donc, en conclut Plutarque, qui

conte aussi le fait, ce qu’il y de plus heureux».

11, +Agamedes+.--PLUTARQUE, _Consolation à Apollonius_, 14.--Ayant

demandé à Apollon leur salaire pour la construction du temple de

Delphes, le dieu leur répondit qu’il le leur donnerait le septième

jour, et ils moururent ce jour-là.--Une autre version raconte leur

fin d’une façon moins honorable pour eux et moins probante pour la

morale que Montaigne veut en tirer. Chargés postérieurement de bâtir

pour le roi d’Orchomène un édifice pour y conserver ses trésors, ils y

ménagèrent une entrée secrète, au moyen de laquelle ils venaient, la

nuit, y puiser. Ce prince s’étant aperçu qu’on le volait, tendit un

piège. Agamède y fut pris. Trophonius, craignant ses révélations, lui

coupa la tête et s’enfuit en l’emportant, ce qui est une réédition de

l’histoire de l’architecte de Rhampsinit. V. N. =I=, 56: Enfans.

32, +Varro+.--S. AUGUSTIN, _De Civ. Dei_, XIX, 2.

34, +Disputat+.--Au lieu de _disputat_, l’ex. de Bord. porte

_dissentit_, variante conforme au texte de Cicéron.

=372=,

1, +Apparences+.--«Le corps d’un athlète et l’âme d’un sage, voilà,

a dit VOLTAIRE, à propos de Buffon, ce qu’il faut pour être heureux»;

c’est le «_mens sana in corpore sano_ (_du jugement et de la santé_)»

de JUVÉNAL, _Sat._, X, 152. Mais cela ne dépend pas de nous et, d’un

moment à l’autre, peut cesser d’être; seul, celui qui sait être content

de son sort, possède les conditions de bonheur en ce monde.--Le bonheur

est une illusion, le plaisir souvent une duperie; il faut arranger sa

vie de manière à éviter la douleur et se garer de l’ennui (d’après

SCHOPENHAUER).

6, +Aristote+.--_Morale à Nicomaque_, IV, 3.

7, +Archésilas+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 33.

12, +Ataraxie+.--Mot grec qui signifie tranquillité, sérénité

parfaite, indifférence absolue.

17, +Lipsius+.--Juste Lipse a rempli en partie ce vœu dans un ouvrage

assez considérable sur le stoïcisme qui parut en 1604, douze ans après

la mort de Montaigne.

31, +Diuin+.--C.-à-d. qu’ainsi que la divinité, au dire même de

Socrate, le lui avait elle-même appris, c’est satisfaire à ses devoirs

que de se conformer aux lois de son pays.

38, +Loix+.--Cette agitation ne semble pas s’être calmée depuis

l’époque où Montaigne écrivait. En France, durant la législature de

1898 à 1902, la dernière pour laquelle ce renseignement subsiste, en

quatre ans, ont été présentés: 2.781 projets ou propositions de loi,

dont 627 dits d’intérêt général, et il a été statué sur 1.690 d’entre

eux; à quoi il y a lieu d’ajouter la discussion de 130 interpellations,

118 questions adressées aux Ministres, et enfin le dépôt de 3.597

pétitions; ce qui ne veut pas dire que la législature ait été plus

profitable ou plus utile qu’une autre; jamais, au contraire, nous

n’avons été plus éloignés de la pratique de cet adage: «acta, non

verba» qui devrait être la devise d’un état bien gouverné; mais chacun

veut avoir l’air de faire.

39, +Voisins+.--Montaigne a pu voir en effet, de 1534 à 1558, les

Anglais ou plutôt la cour d’Angleterre sous Henri VIII, Edouard VI,

Marie Tudor et Elisabeth, changer quatre fois de religion.

=374=,

5, +Capitale+.--Qui nous exposerait à une peine capitale.

10, +Ancien+.--XÉNOPHON, _Mémoires sur Socrate_, I, 3, 1.--Ce Dieu,

c’est Apollon, dont la Pythie, sa prêtresse, rendait à Delphes ses

oracles, montée sur un trépied.

15, +Estoit+.--Il serait peut-être plus exact de dire: «celle dans

laquelle on a été élevé»; d’aucuns diraient: à quoi bon? ou, avec

RENAN: «l’orthodoxie procure de grandes joies, mais elle ferme à la

vérité». Admirons avec quelle hâte après avoir risqué cette assertion,

sur laquelle du reste il ne se prononce pas, Montaigne fait amende

honorable; il se trouve là tout entier. C’est un grand tort, à mon

sens, que de lier d’une manière indissoluble ces deux idées: Dieu et la

Religion. La première, personne ne la discute, et le plus souvent ceux

qui en raisonnent, déraisonnent, parce que pour tous c’est l’inconnu;

seule, la seconde est en cause: elle s’étaye sur la première dont elle

ne saurait se passer, tandis que celle-ci, dans son infinité, n’a que

faire d’elle.

Il n’en est pas moins vrai que la Religion est une idée naturelle à

l’homme dès qu’il est à même de juger de son néant en face de l’Univers

et de ses merveilles sans cesse renaissantes qui n’ont point eu de

commencement et n’auront pas de fin, et ce n’est pas sans raison que

la Providence, l’âme de ce tout sans limites, tout en ne faisant pas

qu’elle soit identique chez tous, ce qu’elle n’a pas probablement jugé

indispensable, nous l’ait infusée, comme elle a fait de la raison, de

la conscience, laissant à notre libre arbitre d’en faire l’estime que

nous croyons, de même que, dans tous nos actes, nous tenons plus ou

moins compte de ce que nous soufflent la raison et la conscience.

La religion, chez ses adeptes sincères, nous affermit dans

l’observation de nos devoirs envers nous-mêmes et envers le prochain,

et par l’espérance nous soutient dans l’adversité; elle ne fait

que du bien, jamais de mal; par elle la morale et la résignation

pénètrent les masses sur lesquelles n’ont point prise les dissertations

philosophiques qui ne s’adressent qu’à la raison; il leur faut quelque

chose qui préférablement agisse sur l’imagination, ce que leur offrent

les légendes religieuses et les cérémonies du culte.

Chaque religion comporte trois choses: la morale, le dogme et le culte.

Chez les peuples civilisés elles n’ont jamais beaucoup différé sous

le premier de ces rapports. Entre toutes cependant, la religion

chrétienne qui a pour base essentielle la charité, aimer le prochain

comme soi-même, faire à autrui ce qu’on voudrait qu’il soit fait pour

vous-même, tient incontestablement, par cela même, le premier rang.

Comme dogmes, toutes se valent. Toutes ont pour point de départ

l’existence de Dieu que tout démontre, que personne ne nie, que chacune

dépeint à sa manière, y joignant, pour le rehausser, comme s’il en

était besoin, certains faits surnaturels qui relèvent exclusivement de

la foi, sorte d’hypnotisme, auquel il est difficile de se prêter quand

on ne l’a pas; sur ces faits qu’elles imposent à notre croyance, toute

discussion est stérile, car la raison et la foi sont deux antipodes, et

entre elles nul ne sait où est la vérité.

C’est sous le rapport du culte que les diverses religions, et dans

chacune, ses diverses sectes, diffèrent le plus.--Par son unité, par

ses cérémonies réellement impressionnantes, la religion catholique

l’emporte de beaucoup à cet égard sur toutes les autres. Elle l’emporte

aussi par la confession auriculaire, qu’à l’encontre de bien d’autres

je prise particulièrement; très discutable en théorie, bien innocente

en réalité, elle permet à l’homme, être essentiellement faible, par

l’aveu de ses fautes et l’absolution qu’il en obtient, d’en mesurer

l’étendue, d’en éprouver des regrets, du repentir, d’être encouragé à

les réparer, à résister aux tentations qui peuvent se reproduire, d’en

faire en quelque sorte pénitence et en recevoir l’absolution, allège,

réconforte et amende, à l’instar de ce qui se passe quand le criminel

fait l’aveu de son crime au juge d’instruction et qu’il paie sa dette à

la justice humaine; l’idée est grande et l’effet salutaire.

Ce sont ces considérations qui font que, personnellement, je place la

religion catholique, apostolique et romaine au-dessus de toutes les

autres. Mais si j’estime d’effet utile, pour le maintien de l’unité,

l’autorité du pape, en matière de dogme et de culte, je tiens pour

abusive son ingérence dans les questions d’administration diocésaine et

les rapports du clergé avec les fidèles, et ceux des uns et des autres

avec l’État; ce sont là des affaires du ressort, en cas de conflit, de

conciles provinciaux ou nationaux.--Les erreurs, les abus si monstrueux

commis à diverses époques par ses ministres, qui se sont montrés si

intolérants chaque fois qu’ils ont eu la suprématie, n’altèrent en rien

son excellence; ces ministres sont hommes et en ont les imperfections,

il faut le regretter, sans en faire porter la responsabilité à

l’institution; et c’est pourquoi je suis de tout cœur de l’Église

catholique, apostolique et romaine en ce qui touche le spirituel,

français en ce qui est afférent au temporel.

27, +Au delà+.--PASCAL, qui a jugé si sévèrement Montaigne et

copié en tant d’endroits, dit: «On ne voit presque rien de juste ou

d’injuste, qui ne change de qualité, en changeant de climat; trois

degrés d’élévation du pôle renversent toute la jurisprudence, un

méridien décide de la vérité; à quelques années d’intervalle, les lois

fondamentales modifient le droit; plaisante justice qu’une rivière

ou une montagne borne: qui, vérité en deçà des Pyrénées, est erreur

au delà!... Pourquoi me tuez-vous? Eh quoi! ne demeurez-vous pas de

l’autre côté de l’eau?»--Cette même idée, CHATEAUBRIAND l’exprime

lui aussi: «Un homme, écrit-il, peut être pendu de ce côté-ci d’un

ruisseau, pour des principes réputés sacrés de l’autre côté de ce même

ruisseau.» PAYEN.

=376=,

7, +Indifferentes+.--Les philosophes de la secte de Zénon et de

Pyrrhon l’admettaient aussi, cela et bien d’autres choses; en le

relatant, Sextus Empiricus ajoute que toutefois ils se fussent bien

gardés de jamais, dans la pratique, agir à l’encontre de ce qui est

universellement admis.

7, +Platon+.--_De la République_, I.

24, +Inconstance+.--Autre pensée que PASCAL s’est encore appropriée

et qu’il rend de la sorte: «Le larcin, l’inceste, le meurtre des

enfants et des pères, tout cela a sa place entre les actions

vertueuses...; il y a sans doute des lois naturelles, mais cette belle

raison humaine a tout corrompu.» PAYEN.

28, +Autre+.--Ce qui gouverne les hommes, ce sont les idées, les

sentiments, les mœurs; leur ensemble crée à chaque race une mentalité

particulière; les coutumes, les institutions, les lois ne sont que

l’expression de cette mentalité; aussi, comme elle, sont-elles

variables d’un peuple à un autre.

30, +Coustume+.--Les Hindous. SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, III,

24.--STRABON l’attribuait aussi aux Massagètes (peuple de la Scythie):

«Ils estimaient, dit-il, que la mort la plus honorable, quand l’âge

les a rendus inutiles, c’est d’être tués et mangés avec de la viande

de mouton; quant à ceux qui étaient usés par la maladie, ils les

détruisaient comme impies et ne les considéraient que comme dignes

d’être dévorés par les bêtes féroces.» Un autre auteur les représente

comme ne tenant rien comme plus malheureux que de périr autrement que

par le fer, et c’est pourquoi ils se faisaient une loi de tuer ainsi

les vieillards et de les manger. V. =I=, 170 et N. Eux-mesmes.

=378=,

10, +Courage+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 78.

14, +Goujon+.--_Id._, II, 67.

17, +Choulx+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 68; HORACE, _Epist._, I, 17, 1.

23, +Pacis+.--Après la citation, les éd. ant. aj.: _Il aduient de

cette diuersité de visages, que les iugements s’appliquent diuersement

au choix des choses_.

27, +Impuissantes+.--DIOGÈNE LAERCE, I, 63.

30, +Socrates+.--_Id._, II, 35.

32, +Seruitude+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, III, 24;

PLUTARQUE, _Cicéron_, 26; JUVÉNAL, I, 105, etc.

33, +Public+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 14; III, 24.

37, +Colit+.--«Les chrétiens, qui adorent un seul et même Dieu, se

sont, à diverses reprises, montrés aussi acharnés les uns contre les

autres que ces anciens peuples, parce que leurs croyances différaient

sur certains points.» COSTE.

=380=,

5, +Semble+.--Un avocat italien disait à une cour devant laquelle il

plaidait: «Le mois dernier vos Excellences ont jugé ainsi; ce mois-ci,

dans le même cas, vous jugez d’une façon tout opposée; de quelque façon

que ce soit, c’est parfait.» PAYEN.

18, +Considerable+.--A considérer.

19, +Fust+.--C.-à-d. qu’il ne fallait pas considérer (qu’il

importait peu), dans la paillardise, de quelle manière on s’y

livrait.--PLUTARQUE, _Règles et préceptes de santé_, 5. Mais Arcésilas

entendait condamner, par là, la débauche sous quelque forme qu’elle

se produisît chez l’un aussi bien que chez l’autre, parce que, ajoute

Plutarque, il y a autant de mal d’un côté que de l’autre.

23, +Propos+.--De l’amour des garçons.

24, +Diogarchus+.--L’ex. de Bord. porte _Dicearchus_, ce qui est

conforme au texte latin.

=382=,

8, +Ceremonies+.--Les éd. ant. aj.: _Chacun a ouy parler de la

deshontée façon de viure des philosophes cyniques_.

8, +Chrysippus+.--PLUTARQUE, _Contredits des philosophes stoïques_,

31.

12, +Hippoclides+.--HÉRODOTE, VI, 129.

12, +Fourché+.--Jeu d’enfant consistant à se tenir verticalement sur

les bras, contre un arbre ou un mur, la tête en bas, les jambes en

l’air écartées l’une de l’autre.

13, +Metrocles+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 94.

24, +Affoler+.--Ravaler, déprécier.

28, +Estimation+.--Le mystère, la réserve, la circonspection dans la

jouissance des plaisirs de l’amour, font partie de leur prix.

35, +Oisifs+.--L’ex. de Bord. raye: vagabonds et oisifs.

35, +Malaisance+.--Pie V voulut, au commencement de son pontificat,

supprimer les maisons de tolérance, mais il se vit bientôt dans

l’obligation de les rétablir.--Au début de la conquête de l’Algérie,

le général Bedeau, bien que, par son caractère et ses sentiments

religieux, fort opposé à la prostitution, favorisa à Sétif, où il

commandait, l’établissement de maisons publiques, comme sauvegarde de

la tranquillité des femmes honnêtes.

36, +Coruine+.--Le texte de Martial porte _Scævine_.

=384=,

8, +Aulx+.--Ce fait, généralement attribué à Diogène le Cynique,

n’est fondé sur le témoignage d’aucun auteur ancien. BAYLE,

_Hipparchia_.

9, +Autheur+.--S. AUGUSTIN, _De Civ. Dei_, XIV, 20.--Le passage où il

exprime cette appréciation est, pour le moins, aussi licencieux que le

français de Montaigne.

19, +Frottant+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 69.

21, +Rüe+.--_Id._, VII, 58.

23, +Discretion+.--Sans faire de distinction; du latin _discretio_,

qui a cette signification; aujourd’hui, ce mot ne s’emploie plus dans

ce sens.

25, +Regle+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 96.--L’ex. de Bord. portait:

_s’accouploit à lui en public_; mais cette addition a ensuite été

rayée.--Les éd. ant. et l’ex. de Bord. ajoutent: _Solon fut, à ce qu’on

treuue, le premier qui donna par ses loix liberté aux femmes, de faire

profit publique de leurs corps_. Cette phrase rayée depuis sur l’ex.

de Bord. y avait été complétée de la sorte: _toutefois, si ie ne me

trompe, Herodote recite auant lui cet vsage receu à plusieurs polices_,

addition qui a pareillement été rayée.

31, +Protagoras+.--SEXTUS EMPIRICUS, I, 29 et 32.

=386=,

7, +Maintenir+.--LUTHER faisant allusion aux interprétations diverses

que chacun en tirait à l’appui de ses dires, appelait l’Écriture sainte

«le livre des hérétiques».--MONTESQUIEU en parle de même: «C’est un

pays où les chrétiens de toutes sectes font des descentes et vont comme

au pillage; c’est un champ de bataille où les nations ennemies se

rencontrent, se livrent bien des combats, où l’on s’attaque, où l’on

escarmouche de bien des manières; la plupart des interprètes n’ont

point cherché dans l’Écriture ce qu’il fallait y croire, mais ce qu’ils

croyaient en eux-mêmes.»

23, +Pourtant+.--C’est pourquoi, c’est pour cette raison.--Montaigne,

qui fait un usage fréquent de ce mot, l’emploie presque toujours dans

ce sens.

32, +Landit+.--Par le landit.--Le landit ou lendit était le salaire

de leurs leçons que les écoliers donnaient à leurs maîtres, et qu’il

était d’usage de remettre lors de la foire dite du Landit, qui se

tenait à S.-Denis; d’où le nom attribué à ce paiement fait constamment

à cette époque et qui, pour les élèves de l’université, consistait en

six ou sept écus d’or fichés dans un citron et qu’on mettait dans un

verre de cristal; les écoliers désignaient entre eux, sous le nom de

«frippelandis», ceux qui frustraient leurs régents de ce présent. Quant

au nom même de la foire, il viendrait du latin _indictum_, comme ayant

toujours lieu à jour dit, fixé d’avance une fois pour toutes.

37, +Dire+.--RABELAIS, prologue du livre I de _Gargantua_, exprime la

même idée: «Croyez-vous, en vostre foy, qu’oncques Homere, escriuant

l’Iliade et Odyssée, pensast es allegories, lesquelles de luy ont

calfreté Plutarche, Heraclides Ponticq, Eustatie, Phornute, et ce que

d’iceux Potitian a desrobé? Si le croyez, vous n’approchez ne de pieds

ne de mains à mon opinion qui decrete icelles aussi peu auoir esté

songées d’Homere que d’Ouide, en ses Metamorphoses, les sacremens de

l’Euangile, lesquels vn frere Lubin, vray croquelardon, s’est efforcé

demonstrer, si d’aduenture il rencontroit gens aussi fols que luy.»

=388=,

16, +Mesmes+.--Et on le met en opposition avec lui-même.

20, +Heraclitus+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 29.

25, +Amer+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Adv. Math._, 163.

28, +Cyrenayens+.--Ou Cyrénaïques. CICÉRON, _Acad._, II, 7.

34, +Chacun+.--CICÉRON, _Acad._, II, 46.

37, +Retirée+.--Séparée, disjointe.

38, +Cogitation+.--C’est la conclusion que PLATON poursuit dans le

_Phédon_ et le _Théétète_.

=390=,

14, +Sentiment+.--C’est à peu près la même idée qu’exprime HELVETIUS,

quand il dit: «Juger, c’est sentir.»

17, +Cognoissance+.--Descartes, Locke, Condillac et autres

philosophes de temps postérieurs à Montaigne, n’ont fait que le copier,

quand ils ont dit et répété leur fameux: «_Cogito, ergo sum_ (_Je sens,

je pense, donc j’existe_).»

24, +Dit+.--_Acad._, II, 27.

30, +Perdu+.--PLUTARQUE, _Contredits des phil. stoïques_, 9.

=392=,

22, +Apprehendent+.--Ne le saisissent, ne le conçoivent.

31, +Bute+.--Le tir à l’arquebuse.

40, +Costier+.--Que le coup a porté trop haut, ou à côté du but.

=394=,

1, +Dire+.--Que nous ayons à regretter, qui nous manque.

4, +Sens+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 14.

7, +Rapporter+.--Que peuvent être ces vertus d’assécher ou

restreindre que Montaigne prête à la pomme? S’il veut dire qu’elle

pourrait être susceptible de se dessécher et de se contracter, ce

qui est, nous le constatons par la vue; s’il entend par là causer de

l’altération et de la constipation, nous sommes à même de le constater

par le palais et les intestins. Aussi, tout en saisissant parfaitement

l’idée de l’auteur qui veut dire que «si la pomme a d’autres propriétés

que celles que nous lui connaissons, elles nous échappent parce que

peut-être nous ne possédons pas les sens nécessaires pour que nous nous

en apercevions», faute de pouvoir préciser plus qu’il ne fait, nous le

reproduisons textuellement.

12, +Choses+.--Cette réflexion de Montaigne se confirme de plus

en plus de nos jours, avec les progrès de l’électricité dont nous

constatons les effets, les produisant et même en tirant parti, alors

que leur explication nous échappe et qu’eux-mêmes vont déroutant

complètement notre entendement, comme il arrive encore de la

télégraphie sans fil, des rayons X, du radium, etc., etc.

=396=,

11, +Videtur+.--Montaigne a traduit ces deux vers, avant de les citer.

21, +Timagoras+.--CICÉRON, _Acad._, II, 25.

25, +Epicuriens+.--Au jugement des Épicuriens, c’est de.

=398=,

6, +Plaira+.--Aux exemples qu’il va donner, Montaigne aurait pu en

ajouter beaucoup d’autres, particulièrement en ce qui touche la vue, le

plus trompeur de nos sens; les illusions d’optique dues à la réflexion,

à la réfraction, au mirage etc..., abondent en effet.

34, +Vastité+.--Étendue, immensité; mot forgé par Montaigne, du latin

_vastitas_, d’où vient notre adjectif vaste.

41, +Zenon+.--DIOGÈNE LAERCE, IV, 23.

=400=,

6, +Fascheux+.--Ne fut pas blâmable, n’eut pas tort.

9, +Moy+.--DIOGÈNE LAERCE, IV, 36.

19, +Espaigne+.--Le corail.

20, +Oceane+.--Les perles.

22, +Sien+.--«L’irréel est, dans certains cas, plus vrai que le réel;

ainsi, les objets ont des états, des formes nettement déterminés; états

et formes qui n’importent pas tant que ceux sous lesquels nous les

voyons constamment, souvent très différents de la réalité» (LE BON),

ainsi qu’il arrive, dans les effets de perspective, au théâtre, par

exemple.

27, +Narcisse+.--Était d’une admirable beauté; s’éprit de sa propre

image et, de chagrin de ne pouvoir la posséder, se noya dans la source

où il l’apercevait et fut changé en la fleur qui porte son nom.

34, +Sequitúrque+.--Le texte latin porte _loquiturque_.

38, +Tours+.--Leur hauteur est de 68 m. L’église est érigée sur

l’emplacement de l’ancienne cathédrale mérovingienne qui avait,

elle-même, remplacé un temple païen; sa construction, commencée en

1163, ne fut achevée qu’en 1230, et encore seulement dans son ensemble.

=402=,

3, +Terre+.--Idée reproduite par PASCAL: «Le plus grand philosophe

du monde, sur une planche plus large qu’il ne faut pour marcher à son

ordinaire, s’il y avait dessous un précipice, quoique la raison le

convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra.»

4, +Deça+.--Les Pyrénées, de ce côté-ci de la France.

12, +Yeux+.--Démocrite; mais le fait est controuvé. CICÉRON, _De

Fin. bon. et mal._, 29, n’en parle que comme d’une chose incertaine,

et PLUTARQUE, _De la Curiosité_, II, dit positivement que c’est une

fausseté.

20, +Theophrastus+.--PLUTARQUE, _Comment il faut ouïr_, 2.

28, +Fureur+.--L’inverse se produit également: David, jouant de

la harpe, calmait Saül tourmenté par le mauvais esprit; Odette de

Champdivers endormait parfois, en touchant de son luth, la sombre folie

de Charles VI; et, de nos jours, des médecins parlent de traiter par la

musique certaines maladies.

34, +Protocole+.--Protocole était, du temps de Montaigne, le

qualificatif appliqué à qui, le texte d’un discours en main et placé

derrière celui qui le prononçait, lui soufflait ce qu’il avait à dire

s’il se trompait ou demeurait court; qui en un mot remplissait un

rôle analogue à celui du souffleur au théâtre. Ce terme ne s’applique

plus aujourd’hui qu’au formulaire suivi dans l’accomplissement d’actes

publics et aux procès-verbaux auxquels donnent lieu certains d’entre

eux.

34, +Gracchus+.--PLUTARQUE, _Comment il faut refréner la colère_,

6.--T. Gracchus était emporté, violent dans sa manière de dire,

et avait pour le calmer un de ses serviteurs qui, avec une petite

flûte, jouant sur un ton doux et mélodieux quand sa voix s’élevait,

l’en avertissait. «Je voudrais, quant à moi, ajoute Plutarque, que

l’on me présentât un miroir quand je me mets en colère et que j’y

visse mes traits convulsés par cette passion; ce serait aussi utile

à d’autres.»--L’histoire romaine présente un autre cas d’un joueur

de flûte attaché aux pas d’un autre personnage; mais c’est à un tout

autre titre, non pour le rappeler à lui-même, mais pour le signaler

aux autres: à Duilius, vainqueur à la première bataille navale

remportée sur les Carthaginois (l’an =200=, lors de la première guerre

punique), le Sénat accorda, à titre d’honneur, d’être reconduit le

soir à la lueur de flambeaux et précédé d’un joueur de flûte. A cette

même occasion fut érigée à Rome une colonne rostrale qui, restaurée à

diverses reprises, existe encore; l’inscription qu’elle porte est un

des monuments les plus anciens de la langue latine; cette colonne est

aujourd’hui surmontée d’un bec de gaz!

=404=,

1, +Enuy+.--Pascal a reproduit cette même idée, en employant les

mêmes termes: «Les sens abusent la raison par de fausses apparences;

et cette même piperie qu’ils lui apportent, ils la reçoivent d’elle à

son tour. Elle s’en revanche: les passions de l’âme troublent les sens

et leur font des impressions fâcheuses. Ils mentent et se trompent à

l’envy.»

3, +Thebas+.--On voit..., comme voyait Penthée, roi de Thèbes,

poursuivi par les Bacchantes dont il avait surpris les mystères et qui

le mirent en pièces.

25, +Cymmeriennes+.--Semblables aux ténèbres au milieu desquelles

vivent les Cimmériens, peuple mythologique habitant la région

montagneuse au Sud de Naples, et qui passait pour vivre sous terre dans

des ténèbres continues; les poètes plaçaient chez eux l’une des entrées

de l’enfer.

=406=,

4, +Democritus+.--PLUTARQUE, _Des Opinions des phil._, IV, 10.

14, +Cherchons+.--Pendant longtemps, la salive a joui d’une grande

réputation contre beaucoup de maladies, en particulier contre les

plaies et les ulcères. PAYEN.

15, +Marins+.--Poisson qu’on nomme aussi cycloptère ou blème. «Il

ne peut, dit-on, raconte PLINE (_Nat. Hist._, XXXII, 1), être capturé

vivant; par contre, lorsqu’il est dans son élément, il suffit de le

toucher du doigt, pour être empoisonné et en mourir.»

18, +Poisson+.--C.-à-d.: Que croire? est-ce le poisson qui est un

poison pour l’homme, ou l’homme qui est un poison pour le poisson?

25, +Hyposphragma+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I,

14.--L’Hyposphragma est un épanchement de sang sous la conjonctivite,

membrane qui unit les paupières au globe de l’œil.

=408=,

4, +Ordinairement+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 14.

28, +Choses+.--Les éd. ant. portent: _Les malades prestent de

l’amertume aux choses douces: par où il nous appert que nous ne

receuons pas les choses comme elles sont, mais_, au lieu de: «Nous...

choses».

34, +Quoy+.--S’agit-il maintenant de prouver que les sens...; ou

encore: Veut-on une preuve que nos sens...

36, +Plate+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 14.

38, +Sentiment+.--Odorat.

40, +Veue+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 14.

41, +Pennes sans fin+.--Bague en métal bruni fort en usage jadis et

qui n’a pas complètement disparu, qu’on appelle parfois aujourd’hui

«bague sorcière», constituée par un anneau strié extérieurement comme

des barbes de plumes. Les stries qui forment entre elles un angle

obtus semblent, par un effet d’optique, s’évaser lorsqu’on tourne la

bague sur le doigt, présentant alors quelque ressemblance avec la

plume d’oiseau; si le métal n’est pas bruni, l’illusion est moins

prononcée. C’est un effet analogue à celui qui se produit quand on

regarde deux colonnes torses dont les hélices sont en sens contraire;

elles paraissent n’être pas parallèles, alors même que toutes deux sont

dressées verticalement.

=410=,

6, +Oculaire+.--SÉNÈQUE, _Nat. Quæst._, I, 16.

11, +Humeur+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 14.

24, +Veillent+.--Les éd. ant. aj.: _puis que cet estat là, a force de

donner aux choses vn autre estre, que celuy qu’elles ont: puis qu’vne

humeur iaunâtre, nous change toutes choses en iaune_.

29, +Temperé+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. Hypot._, I, 14.

34, +Verité+.--Les éd. ant. aj.: _ny quelle est leur nature_.

=412=,

16, +Rouet+.--C.-à-d. au bout de nos moyens d’action.--Être au rouet,

terme de chasse, se dit du lièvre qui, pourchassé et épuisé par une

longue course, ne fait plus que tourner autour des chiens.

27, +Passions+.--Sensations, perceptions.

29, +Discrepances+.--Différences, du latin _discrepantia_,

contradiction, disconvenance, diversité.

=414=,

15, +Platon+.--Dans le _Théétète_.

18, +Fluxion+.--Vicissitude; du latin _fluere_, couler, s’échapper,

s’évanouir.

18, +Muance+.--Changement, transformation, du latin _muere_ qui a

même signification.

22, +Labile+.--Sujette à changer; du latin _labilis_, tombant, caduc,

fragile.

25, +Heraclitus+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 58; PLUTARQUE, _Traité sur le

mot_ Εἴ.

29, +Autres+.--Tout ce qui suit, jusqu’aux mots «et sans fin» (pag.

418, lig. 15), excepté les vers qui s’y trouvent inclus, est un passage

de PLUTARQUE, _Traité sur le mot_ Εἴ, transcrit dans les propres termes

d’Amyot, son traducteur.

=416=,

41, +Incontinent+.--«Le moment où je parle est déjà loin de moi.»

BOILEAU. «Le présent est très court; si court que quelques hommes ont

nié son existence; en effet, il est toujours en marche: il vole, se

précipite, il a cessé d’être avant d’être arrivé.» SÉNÈQUE.

=418=,

9, +Sera+.--PLUTARQUE ne fait ici que transcrire et développer ces

paroles du _Timée_ de PLATON: «Nous avons tort de dire, en parlant

de l’éternelle essence: Elle fut, Elle sera; ces formes du temps ne

conviennent pas à l’éternité; elle est, voilà son attribut. Notre passé

et notre avenir sont deux mouvements; or l’immuable ne peut être de la

veille, ni du lendemain; on ne peut dire qu’il fut, ni qu’il sera; les

accidents des créatures sensibles ne sont pas faits pour lui, et des

instants qui se calculent ne sont qu’un vain simulacre de ce qui est

toujours.»

19, +Payen+.--Plutarque, ou peut-être Platon dont Plutarque vient

d’exprimer la pensée.

20, +Condition+.--Païen comme le premier, c’est Sénèque.

21, +Dit-il+.--SÉNÈQUE, _Nat. Quæst._, I, préf.

27, +Car+.--Les éd. ant. port.: _Il n’est mot en toute la secte

stoïque plus veritable que celuy là, mais_, au lieu de: «Voilà... car».

31, +Celestes+.--Cette conclusion résume bien la thèse absolument

contraire à celle de Sebond, que l’auteur s’est proposée dans ce long

chapitre: que l’homme ne peut, par ses propres moyens, arriver à rien

de certain et qu’il a besoin à cet effet, d’être éclairé par une

lumière divine.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 445 / 504 题