35, +Elemens+.--Suivant Zénon, l’âme est du feu; et cette idée
qu’elle est la quintessence des quatre éléments que lui attribue
Montaigne, est d’Aristote qui, au dire de notre auteur, quelques lignes
plus loin, se serait tu sur sa nature. CICÉRON, _Tusc._, I, 10.
35, +Ponticus+.--STOBÉE, _Eclog. phys._, I, 40.
35, +Xenocrates+.--MACROBE, _in Somn. Scip._, I, 14.
40, +Aristote+.--S.-ent. qui définit l’âme.
41, +Entelechie+.--Mot grec signifiant «la perfection». CICÉRON,
_Tusc._, I, 10.
=306=,
2, +Lactance+.--_De Opif. Dei_, 47, au commencement.
3, +Seneque+.--_Nat. quæst._, VII, 14.
6, +S. Bernard+.--_Lib. de anima_, I.
8, +Heraclitus+.--DIOGÈNE LAERCE, IX, 7.
11, +Essence+.--Qu’est-ce que l’âme? disons-nous à notre tour.
C’est le principe de la vie, ou encore, d’après nos dictionnaires,
l’ensemble des facultés morales et intellectuelles de ce qui a
vie. Mais ce ne sont là que des effets et ils n’en expliquent pas
la production. De fait, nous nous trouvons en présence d’un de ces
infinis problèmes que notre intelligence n’arrive pas à résoudre, et
si nous tentons de l’élucider, il nous faut, comme en tant d’autres
choses, déduire l’inconnu du connu. Or les manifestations de l’âme ne
prennent naissance en nous que peu à peu; au début de l’existence,
rien n’apparaît; c’est ensuite l’instinct, c’est-à-dire une action
irréfléchie, qui se montre seul; puis, en germe, chez l’homme, du
moins, parce que son organisme le comporte, tout ce qui compose l’âme
telle que nous la concevons dans l’être humain: la notion du bien
et du mal, les vertus et les vices, toutes les qualités bonnes ou
mauvaises, les affections, les répulsions ainsi que la volonté, la
mémoire, l’intelligence, la raison, la réflexion qui les mettront en
œuvre, variables chez chaque individu suivant la conformation de son
cerveau, qui est l’organe qui en est le point de départ et dont un rien
congénital ou accidentel suffit à différencier toute la vie durant
ou momentanément l’homme de génie de l’imbécile, le fou du sage, le
criminel de l’honnête homme, ce que du reste le bon sens populaire rend
si exactement quand il dit de quelqu’un qui n’est pas comme tout le
monde, qu’il lui manque une case; et cet ensemble grandissant ensuite
peu à peu, s’épanouissant au fur et à mesure que le corps lui-même se
développe; et, chez tous, reposant quand il repose, s’oblitérant plus
ou moins quand il est malade, mourant quand il meurt, l’abandonnant la
plupart du temps partiellement avant même que la vie n’ait pris fin,
dès que la désagrégation commence.--Qu’en conclure, sinon que l’âme est
essentiellement fonction de l’être, qu’elle ne fait qu’un avec lui,
qu’elle est une conséquence de son organisation à laquelle elle ne
survit pas? Pas plus que lui elle ne vient du néant, ni n’y retourne,
mais, comme lui, elle se forme et se transforme, telles l’électricité,
la chaleur, la lumière qui partout, à l’état latent, apparaissent ou
disparaissent suivant que les éléments d’où elles naissent sont dans
telles ou telles conditions; tel encore par exemple le fer qui, dans
le minerai, échappe à notre vue et dont certaines transformations le
dégagent, que certaines préparations assimilent aux êtres animés, aux
végétaux, que la rouille réduit en poussière et rend à la terre, où
ses molécules impalpables, sans jamais cesser d’exister, demeurent
susceptibles de participer à tout, sans jamais redevenir elles-mêmes;
ainsi l’âme qui, en nous, naît dans des conditions données, se
transforme avec ces conditions; et quand celles-ci cessent d’exister,
elle se désagrège et ses éléments retournent se confondre avec
l’universalité des choses, où de toute éternité là aussi tout est dans
tout, à l’état embryonnaire.
12, +Herophilus+.--PLUTARQUE, _Des Opin. des phil._, IV, 5.