25, +Mémoire+.--Add. de 80 et 88: _que moy_.
30, +Réputation+.--Add. de 80: _I’en pourrois faire des contes
merueilleux, mais pour ceste heure il vaut mieus suyure mon theme._
32, +Déesse+.--PLATON, dans +Critias+.
34, +Mienne+.--Montaigne se plaint encore de sa mémoire au chap. XVII
du second livre. Malebranche et quelques autres l’accusent d’avoir
prétendu faussement n’en pas avoir; ils en donnent pour preuve ses
nombreuses citations. Mais outre qu’elles ne sont pas toujours exactes
et qu’il lui arrive de se contredire, ceux qui ont écrit savent qu’il
ne faut pas beaucoup de mémoire pour citer, et citer souvent: «à faute
de memoire naturelle, i’en forge de papier», dit-il, liv. III, chap.
XLIII; là est tout le secret. LE CLERC.
=60=,
35, +Arrouté+.--C.-à-d. une fois qu’on est en train.
36, +Pertinents+.--C.-à-d. les gens habiles, qui ont du tact.
=62=,
5, +Ancien+.--Cet ancien, c’est Cicéron qui, dans sa défense de
Ligarius, ch. XII, dit à César: «Jamais tu n’oublies, si ce n’est les
injures».
6, +Protocole+.--V. N. =II=, 402, Protocole.
7, +Athéniens+.--En =499=. Les Athéniens, soutenant les Ioniens
révoltés contre les Perses, s’étaient emparés de Sardes, chef-lieu
d’une des satrapies (gouvernements) de leur empire, et l’avaient
brûlée. HÉRODOTE, V.
12, +Menteur+.--«Il faut qu’un menteur ait de la mémoire». APULÉE.
13, +Grammairiens+.--En particulier Nigidius dans Aulu-Gelle, XI, et
Nonius, V; Montaigne ne fait ici que traduire ce dernier. LE CLERC.
19, +Tout+.--Cette locution «marc et tout» n’est pas claire,
bien que la pensée le soit. Elle semble vouloir dire: principal et
accessoires, ce que confirme ce passage du ch. XVII du liv. II (=II=,
464), où Montaigne dit: «Ie ne conseille non plus aux dames d’appeler
honneur leur deuoir... leur deuoir est le marc, leur honneur n’est que
l’escorce.»
=64=,
1, +Art+.--Ce mot est d’emploi fréquent dans les Essais, et, sauf
dans deux ou trois passages, toujours au féminin.
7, +Vice+.--Homère, dans l’_Iliade_, fait dire à Achille: «Je hais,
à l’égal des portes de l’enfer, celui qui pense d’une façon et parle
d’une autre».--Il est à regretter que nous n’ayons, en bon français,
qu’un seul mot pour qualifier toute altération de la vérité sciemment
faite, qu’elle ait lieu ou non avec le désir ou la volonté de nuire.
Dans le premier cas, elle est réellement coupable et mérite toute
réprobation; dans le second au contraire, elle s’impose parfois, quand
elle a pour objet d’éviter à quelqu’un une déception, une désillusion,
un chagrin; elle est excusable, lorsqu’elle n’a d’autre but que de
plaisanter, ou de donner plus de piquant à un récit fait uniquement
pour divertir. Menterie (mensonge léger, sans conséquence), employé par
atténuation dans le style familier, est lui-même un terme éveillant
toujours à l’égard du propos auquel il s’applique quelque idée de blâme
ou de critique. Ces distinctions, dans l’altération volontaire de la
vérité suivant l’intention, faisaient dire à Voltaire: «Le mensonge
n’est un vice que lorsqu’il fait du mal; c’est une grande vertu quand
il fait du bien». Elles sont admises des théologiens et sont l’origine
de ces restrictions mentales qui créent des excuses à qui est ainsi
amené à mentir, restrictions que certains, auxquels le reproche en est
souvent fait, ont érigées en système.--Quelque chose d’analogue se
produit pour la délation et l’espionnage, qui emportent constamment une
idée de réprobation parce que nous n’avons pas de mots distincts pour
la désignation de faits de ces caractères, soit qu’ils constituent des
actes justifiant la réprobation publique, soit qu’ils témoignent au
contraire de la plus haute vertu. Commettent en effet tous deux de la
délation l’être méprisable qui, dans un but d’intérêt personnel ou pour
lui porter préjudice, dénonce son prochain sans nécessité, et l’homme
de cœur qui signale des crimes qui sans lui échapperaient à la vindicte
de la société, ou de belles actions qui, sans son intervention,
demeureraient inconnues; de même tous deux font de l’espionnage, le
traître qui vend à l’ennemi les secrets de sa patrie, et le héros qui
expose sa vie pour surprendre ceux de l’adversaire et en faire profiter
les siens.--Ce sont là des lacunes regrettables de notre langue.
26, +Blanc+.--C.-à-d. détournent du but. Expression qui vient de ce
que les buts sur lesquels on tirait, et on tire encore en certains pays
de France, à l’arc et à l’arbalète, sont constitués par des cercles
peints en blanc.
29, +Pere+.--Saint Augustin.
31, +Vice+.--Passage de Pline, _Hist. nat._, VII, 1, que Montaigne a
modifié pour mieux l’adapter à sa thèse; l’auteur latin dit: «_alieno
pene non sit_ (ne sont presque point)».
=66=,
1, +Rouet+.--Mettre au rouet, c’est fermer la bouche à quelqu’un, lui
ôter le moyen de répondre, l’embarrasser.
12, +Niepce+.--Cette princesse, peu après cet épisode, épousa en
effet le duc de Milan, et, postérieurement, le duc de Lorraine François
II.
14, +Interest+.--Signifie ici dommage, préjudice. Ce mot se prend
encore aujourd’hui dans ce sens, quand en langage juridique on dit de
quelqu’un qu’il est «condamné aux dépens, dommages et intérêts».
41, +François+.--En 1534, l’incident Merveille s’était produit
l’année précédente. DU BELLAY, IV.--Ainsi que permettent de le
constater les portraits de ce prince, le roi François Ier avait le nez
d’une longueur peu ordinaire.
=68=,
7, +Vie+.--En 1513. ERASME, IV. Le roi d’Angleterre était Henry VIII;
le roi de France Louis XII et non François Ier qui ne monta sur le
trône qu’en 1515, après la mort de Jules II survenue l’année où le fait
en question s’est passé.