En general, la plus saine distribution de noz biens en mourant, me
semble estre les laisser distribuer à l’vsage du païs. Les loix y
ont mieux pensé que nous: et vaut mieux les laisser faillir en leur
eslection, que de nous hazarder de faillir temerairement en la nostre.
Ils ne sont pas proprement nostres, puis que d’vne prescription ciuile
et sans nous, ils sont destinez à certains successeurs. Et encore
que nous ayons quelque liberté audelà, ie tien qu’il faut vne grande
cause et bien apparente pour nous faire oster à vn, ce que sa Fortune
luy auoit acquis, et à quoy la iustice commune l’appelloit: et que
c’est abuser contre raison de cette liberté, d’en seruir noz fantasies
friuoles et priuées, =II=, 42.
I’ay veu plusieurs de mon temps conuaincus par leur conscience retenir
de l’autruy, se disposer à satisfaire par leur testament, et apres
leur decés. Ils ne font rien que vaille. Ny de prendre terme à chose
si pressante, ny de vouloir restablir vne iniure auec si peu de leur
ressentiment et interest. Ils doiuent du plus leur, =I=, 56.
Ceux là font encore pis, qui reseruent la declaration de quelque
haineuse volonté enuers le proche à leur derniere volonté, l’ayants
cachee pendant la vie, =I=, 56.