La santé, le plus beau et le plus riche present, que Nature nous sçache
faire, =II=, 198.
C’est vne pretieuse chose, que la santé: et la seule qui mérite à la
verité qu’on y employe, non le temps seulement, la sueur, la peine, les
biens, mais encore la vie à sa poursuite: d’autant que sans elle, la
vie nous vient à estre iniurieuse. La volupté, la sagesse, la science
et la vertu, sans elle se ternissent et esuanouyssent, =III=, 34.
C’est à la coustume de donner forme à nostre vie, telle qu’il luy
plaist, elle peult tout en cela. C’est le breuuage de Circé, qui
diuersifie nostre nature, comme bon luy semble: et toute voye qui nous
meneroit à la santé, ne se peut dire ny aspre, ny chere. Ie ne crois
rien plus certainement que cecy: que ie ne sçauroy estre offencé par
l’vsage des choses que i’ay si long temps accoustumees, =III=, 630.