OBÉISSANCE.

L’obeyssance n’est iamais pure ny tranquille en celuy qui raisonne et

qui plaide, =II=, 508.

Nous nous soustrayons si volontiers du commandement sous quelque

pretexte, et vsurpons sur la maistrise: chascun aspire si naturellement

à la liberté et authorité, qu’au superieur nulle vtilité ne doibt estre

si chere, venant de ceux qui le seruent, comme luy doit estre chere

leur simple et naifue obeissance, =I=, 96.

On corrompt l’office du commander, quand on y obeit par discretion, non

par subiection. Pourtant cette obeïssance si contreinte, n’appartient

qu’aux commandements precis et prefix. I’ay veu en mon temps des

personnes du commandement, reprins d’auoir plustost obey aux paroles

des lettres du Roy, qu’à l’occasion des affaires qui estoient pres

d’eux, =I=, 96.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 283 / 504 题