L’escrime est vn art vtile à sa fin, duquel la cognoissance a grossi
le cœur à aucuns, outre leur mesure naturelle. Mais ce n’est pas
proprement vertu, puis qu’elle tire son appuy de l’addresse, et qu’elle
prend autre fondement que de soy-mesme. En mon enfance, la noblesse
fuyoit la reputation de bon escrimeur comme iniurieuse: et se desroboit
pour l’apprendre, comme mestier de subtilité, desrogeant à la vraye et
naïfue vertu. Cet exercice, est d’autant moins noble, qu’il ne regarde
qu’vne fin priuée: qui nous apprend à nous entreruyner, contre les loix
et la iustice: et qui en toute façon, produict tousiours des effects
dommageables, =II=, 576.