Quiconque est creu de ses presuppositions, il est nostre maistre et
nostre Dieu: il prendra le plant de ses fondemens si ample et si aisé,
que par iceux il nous pourra monter, s’il veut, iusques aux nuës,
=II=, 300.
Il est bien aisé sur des fondemens auouez, de bastir ce qu’on veut; car
selon la loy et ordonnance de ce commencement, le reste des pieces du
bastiment se conduit aisément, sans se dementir. Par cette voye nous
trouuons nostre raison bien fondée, et discourons à boule-veuë,
=II=, 300.
Ce qui fait qu’on ne doubte de guere de choses, c’est que les communes
impressions on ne les essaye iamais; on n’en sonde point le pied, où
git la faute et la foiblesse: on ne debat que sur les branches: on
ne demande pas si cela est vray, mais s’il a esté ainsin ou ainsin
entendu. Ainsi se remplit le monde et se confit en fadeze et en
mensonge, =II=, 298.
«Il est besoin que le peuple ignore beaucoup de choses vrayes, et en
croye beaucoup de fausses», disoient Sceuola grand pontife et Varron
grand theologien en leur temps, =II=, 290.