BIEN, BIENS.

Les Dieux nous vendent tous les biens qu’ils nous donnent: c’est

à dire, ils ne nous en donnent aucun pur et parfaict, et que nous

n’achetions au prix de quelque mal, =II=, 538.

Il n’est point de combat si violent entre les philosophes, si aspre,

que celuy qui se dresse sur la question du souuerain bien de l’homme:

Les uns disent nostre bien estre, loger en la vertu: d’autres, en la

volupté: d’autres, au consentir à Nature: qui en la science: qui à

n’auoir point de douleur, =II=, 370.

Nostre bien estre, ce n’est que la priuation d’estre mal. Voyla

pourquoy la secte de philosophie, qui a le plus faict valoir la

volupté, encore l’a elle rengée à la seule indolence. Le n’auoir point

de mal, c’est le plus auoir de bien, que l’homme puisse esperer,

=II=, 212.

Nostre bien et nostre mal ne tient qu’à nous, =I=, 554.

L’aisance et l’indigence despendent de l’opinion d’vn chacun, et non

plus la richesse, que la gloire, que la santé, n’ont qu’autant de

beauté et de plaisir, que leur en preste celuy qui les possede,

=I=, 474.

Le voir sainement les biens, tire apres soy le voir sainement les maux,

=II=, 692.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 168 / 504 题