=Des inconvénients des grandeurs=, =III=, 321.--Qui connaît les
grandeurs et leurs incommodités, peut les fuir sans beaucoup d’efforts
ni grand mérite, 321.--Montaigne n’a jamais souhaité des postes très
élevés; bien différent de César, il préférait être le deuxième ou le
troisième dans sa ville, que le premier à Paris; une vie douce et
tranquille lui convient bien mieux qu’une vie agitée et glorieuse;
il ne voudrait ni commander ni obéir, si ce n’est aux lois (THORIUS
BALDUS et REGULUS, OTANEZ), 323.--Il est très porté à excuser les
fautes des rois, parce que leur métier est des plus difficiles; leur
toute-puissance est une prérogative dangereuse; on leur cède en tout,
ils n’ont jamais la satisfaction de la difficulté vaincue (deux AUTEURS
ÉCOSSAIS, BRISSON et ALEXANDRE, CARNÉADE, HOMÈRE et VÉNUS), 325.--Leurs
talents et leurs vertus ne peuvent se manifester, parce que ceux qui
les entourent se sont fait une règle de louer indifféremment toutes
leurs actions et qu’ils leur cachent leurs défauts de crainte de les
offenser. Comment dans ces conditions s’étonner qu’ils commettent tant
de fautes; ce sont leurs flatteurs, cause de ce mal, qui seraient à
punir (TIBÈRE et le SÉNAT ROMAIN; les COURTISANS d’ALEXANDRE, de DENYS,
de MITHRIDATE, le philosophe FAVORINUS et l’empereur ADRIEN, POLLION et
AUGUSTE; PHILOXÈNE, PLATON et DENYS), 329.