CHAPITRE I.

=De ce qui est utile et de ce qui est honnête=, =III=, 79.--La perfidie

est si odieuse que les hommes les plus méchants ont parfois refusé de

l’employer, même quand ils y avaient intérêt (TIBÈRE et ARMINIUS),

79.--L’imperfection de la nature humaine est si grande que des vices

et des passions très blâmables, sont souvent nécessaires à l’existence

de la société; c’est ainsi que la justice recourt quelquefois et bien

à tort à de fausses promesses, pour obtenir des aveux, 79.--Dans

le peu d’affaires politiques auxquelles Montaigne a été mêlé, il a

toujours cru devoir se montrer franc et consciencieux (HYPÉRIDE et

les ATHÉNIENS, ATTICUS), 81.--Quelque danger qu’il y ait à prendre

parti dans les troubles intérieurs, il n’est ni beau, ni honnête de

rester neutre (GÉLON tyran de Syracuse, MORVILLERS évêque d’Orléans),

85.--Quel que soit le parti que l’on embrasse, la modération est à

observer à l’égard des uns comme vis-à-vis des autres, 87.--Il est

des gens qui servent les deux partis à la fois; ils sont à utiliser,

tout en se gardant du mal qu’ils peuvent vous faire, 87.--Quant à

Montaigne, il disait à tous les choses telles qu’il les pensait, et se

contentait de ce qu’on lui communiquait sans chercher à pénétrer les

secrets de personne, ne voulant du reste être l’homme lige de qui que

ce fût (PHILIPPIDE et LYSIMAQUE), 87.--Cette manière de faire n’est

pas celle que l’on pratique d’ordinaire, mais il était peu apte aux

affaires publiques qui exigent souvent une dissimulation qui n’est

pas dans son caractère, 89.--Il y a une justice naturelle, bien plus

parfaite que les justices spéciales à chaque nation, que chacune a

créées à son usage et qui autorisent parfois des actes condamnables

lorsque le résultat doit en être utile (l’indien DENDAMIS), 91.--La

trahison, par exemple, est utile dans quelques cas, elle n’en est pas

plus honnête; ceux qui s’y prêtent en sont flétris et on ne saurait

vous imposer d’en commettre (deux COMPÉTITEURS au royaume de Thrace,

l’empereur TIBÈRE et POMPONIUS FLACCUS, les LACÉDÉMONIENS et ANTIPATER,

les ROIS D’ÉGYPTE et leurs juges), 93.--Si elle est excusable, ce n’est

qu’opposée à une autre trahison sans que pour cela le traître cesse

d’être méprisé; parfois il est puni par ceux-là mêmes qu’il a servis

(FABRICIUS et le médecin de Pyrrhus, JAROLEPC duc de Russie, ANTIGONE

et les soldats d’EUMÈNE, l’ESCLAVE de Sulpitius, CLOVIS, MAHOMET II,

la FILLE DE SÉJAN), 95.--Ceux qui consentent à être les bourreaux de

leurs parents et de leurs compagnons encourent la réprobation publique

(WITOLDE, prince de Lithuanie), 99.--Les princes sont quelquefois dans

la nécessité de manquer à leur parole; ils ne sont excusables que

s’ils se sont trouvés dans l’impossibilité absolue d’assurer autrement

les intérêts publics dont ils ont charge, 99.--Comment le SÉNAT DE

CORINTHE s’en remit à la Fortune, du jugement qu’il avait à porter sur

TIMOLÉON qui venait de tuer son propre frère, 101.--Acte inexcusable

du SÉNAT ROMAIN revenant sur un traité qu’il avait ratifié, revirement

fréquent dans les guerres civiles, 101.--L’intérêt privé ne doit

jamais prévaloir sur la foi donnée; ce n’est que si on s’est engagé

à quelque chose d’inique ou de criminel, que l’on peut manquer à sa

parole, 103.--Chez ÉPAMINONDAS, l’esprit de justice et la délicatesse

de sentiments ont toujours été prédominants; son exemple montre qu’ils

sont compatibles avec les rigueurs de la guerre et qu’il est des actes

qu’un homme ne peut se permettre même pour le service de son roi, non

plus que pour le bien de son pays (POMPÉE, CÉSAR, MARIUS, un SOLDAT de

Pompée, un AUTRE à une époque un peu postérieure), 103.--En résumé,

l’utilité d’une action ne la rend pas honorable, 107.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 112 / 504 题