CHAPITRE XXXIV.

=Observations sur les moyens que Jules César employait à la guerre=,

=II=, 647.--Dans le chapitre précédent, Montaigne a examiné les

vices et les qualités de CÉSAR, il s’occupe ici de ses hauts faits

et de ses talents militaires; selon lui, ses commentaires devraient

être le bréviaire de tout homme de guerre, 647.--Pour rassurer ses

troupes alarmées de la supériorité numérique de l’ennemi, il leur

exagérait lui-même cette supériorité; il accoutumait ses soldats

à lui obéir sans les laisser commenter ses desseins; très ménager

du temps, il savait amuser l’ennemi pour le surprendre avec plus

d’avantage (le roi JUBA, CYRUS, les SUISSES), 647.--Il n’exigeait

guère de ses soldats que la vaillance et la discipline, parfois il

leur donnait toute licence; il aimait qu’ils fussent richement armés,

les honorait du nom de «Compagnons», ce qui n’empêchait pas qu’il ne

les traitât, le cas échéant, avec beaucoup de sévérité, 649.--Il se

complaisait aux travaux de campagne, 651.--Il aimait à haranguer ses

troupes avant le combat, et ses harangues sont des modèles d’éloquence

militaire, 651.--Rapidité de César dans ses mouvements; aperçu de ses

guerres nombreuses en divers pays, 653.--Il voulait tout voir par

lui-même; préférait obtenir le succès en négociant, plutôt que par

la force des armes; il était plus circonspect qu’Alexandre dans ses

entreprises, et donnait hardiment de sa personne chaque fois que la

nécessité le comportait (bataille de TOURNAI, siège d’AVARICUM, guerre

contre AFRANIUS et PETREIUS, César à DYRRACHIUM, César franchissant

l’HELLESPONT), 653.--Sa confiance et sa ténacité au siège d’ALÉSIA;

deux particularités dignes de remarque à propos de ce siège (LUCULLUS,

VERCINGÉTORIX), 657.--Avec le temps, César devint plus retenu dans ses

entreprises. Quoique peu scrupuleux, il n’approuvait cependant pas

qu’on se servît de toutes sortes de moyens à la guerre pour obtenir le

succès (ARIOVISTE), 659.--Il savait très bien nager et aimait à aller à

pied, 659.--Ses soldats et ses partisans avaient pour lui une extrême

affection et lui étaient tout dévoués (l’amiral DE CHATILLON, SCEVA

soldat de César, GRANIUS PETRONIUS, le siège de SALONE), 661.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 108 / 504 题