=Défense de Sénèque et de Plutarque=, =II=, 621.--Combien est fausse
la comparaison que l’on a voulu établir entre SÉNÈQUE et le cardinal
DE LORRAINE, en s’appuyant sur le portrait injurieux que l’historien
Dion trace du premier; il est plus rationnel de croire ce qu’en disent
Tacite et quelques autres qui en parlent d’une manière très honorable,
621.--Quant à PLUTARQUE, il a été accusé par Bodin, d’ignorance,
d’excessive crédulité et de partialité; réfutation de ces accusations.
Sur le reproche d’ignorance, Montaigne n’a pas le savoir nécessaire
pour en juger, 623.--Nombreux exemples témoignant que les faits avancés
par Plutarque et qualifiés d’incroyables par son critique, n’ont rien
d’impossible (un enfant de LACÉDÉMONE, PYRRHUS, les jeunes SPARTIATES,
AMMIEN MARCELLIN et les ÉGYPTIENS, un PAYSAN ESPAGNOL et L. PISON,
EPICHARIS, de simples VILLAGEOIS du temps de Montaigne), 623.--C’est un
tort de vouloir juger du possible et de l’impossible par ce dont nous
sommes nous-mêmes capables (AGÉSILAS), 629.--La partialité de Plutarque
en faveur des Grecs et au détriment des Romains n’est pas mieux fondée,
d’autant qu’il ne prétend pas que les grands hommes de ces deux peuples
qu’il met en parallèle, ont même valeur; il ne porte pas sur eux
d’appréciation d’ensemble, il ne compare que des points de détail en
des situations déterminées, 629.