=De la colère=, =II=, 607.--Il vaut mieux confier les enfants au
gouvernement qu’à leurs propres parents (les institutions de LACÉDÉMONE
et de CRÈTE), 607.--Ceux-ci les châtient quelquefois dans des
transports de colère, ils les accablent de coups, les estropient; ce
n’est pas correction, c’est vengeance, 607.--La colère nous fait le
plus souvent envisager les choses sous un aspect trompeur; les fautes
qui nous irritent ne sont pas telles qu’elles nous paraissent. Combien
hideux sont les signes extérieurs de la colère (CÉSAR et RABIRIUS),
609.--Il ne faut pas juger de la vérité ou de la fausseté des croyances
et des opinions des hommes par leur conduite habituelle (EUDAMINONDAS,
CLÉOMÈNE, CICÉRON et BRUTUS, CICÉRON et SÉNÈQUE, les ÉPHORES de
Sparte), 611.--Modération de quelques grands hommes sous l’empire de la
colère (PLUTARQUE et un de ses esclaves, ARCHYTAS de Tarente, PLATON,
le lacédémonien CHARYLLE et un ilote), 611.--Nous cherchons toujours à
trouver et à faire trouver notre colère juste et raisonnable (CNEIUS
PISON), 613.--Les femmes naturellement emportées, deviennent furieuses
par la contradiction; le silence et la froideur les calment (l’orateur
CELIUS, PHOCION), 615.--Pour cacher sa colère, il faut des efforts
inouïs; elle est moins terrible quand elle éclate librement (les HOMMES
de guerre, DIOGÈNE et DÉMOSTHÈNE), 615.--Attentions à avoir quand,
dans son intérieur, on a sujet de se mettre en colère, 617.--Caractère
du courroux de MONTAIGNE; il feint parfois d’être plus en colère qu’il
ne l’est réellement, 617.--Il ne croit pas que la colère puisse jamais
avoir de bons effets, même quand il s’agit de forcer les autres à
pratiquer la vertu; c’est une arme dangereuse; elle nous tient, nous ne
la tenons pas (ARISTOTE), 619.