=Du fait de donner ou recevoir des démentis=, =II=, 521.--Si, dans
son livre, Montaigne parle aussi souvent de lui-même, dont la vie
n’offre rien de remarquable, c’est pour laisser un souvenir de lui à
ses amis (CÉSAR, XÉNOPHON, ALEXANDRE, AUGUSTE, CATON, SYLLA, BRUTUS),
521.--Mais alors même que personne ne le lirait, il n’en aurait pas
moins employé, d’une manière agréable, à s’étudier et à se peindre, une
grande partie de sa vie; que lui importe le reste, 525.--Son siècle
est si corrompu que l’on ne se fait plus scrupule de parler contre la
vérité, défaut imputé à bien des époques aux Français (PINDARE, PLATON,
SALVINUS MASSILIENSIS), 527.--Et cependant rien ne les offense plus
que de leur en faire reproche, probablement parce que les reproches
mérités blessent plus que les accusations non fondées; et aussi,
parce que mentir est une lâcheté (LYSANDRE), 527.--Le mensonge est un
dissolvant de la société; il est en abomination chez certains peuples
de l’Amérique récemment découverte, 529.--Les Grecs et les Romains,
moins délicats que nous sur ce point, ne s’offensaient pas de recevoir
des démentis (CÉSAR), 529.