CHAPITRE XXXIX.

=Considérations sur Cicéron=, =I=, 431.--Cicéron et Pline le Jeune

étaient des ambitieux pleins de vanité; ils ont été jusqu’à solliciter

les historiens de faire l’éloge de leurs faits et gestes, 431.--Même

dans leurs lettres intimes, ils ont recherché l’élégance du style;

elles semblent n’avoir été écrites que pour être publiées (XÉNOPHON

et CÉSAR; SCIPION, LÆLIUS et TÉRENCE), 431.--Les rois et les grands

ne doivent pas tirer vanité d’exceller dans les arts et les sciences;

seuls les talents et qualités qui importent à leur situation sont

susceptibles de leur faire honneur (CYRUS, CHARLEMAGNE, PHILIPPE et

DÉMOSTHÈNE, PHILIPPE et ALEXANDRE, IPHICRATE, ANTISTHÈNE), 433.--Dans

ses Essais, Montaigne dit avoir intentionnellement évité de développer

les sujets qu’il traite; il se borne à les esquisser, sans même se

préoccuper de la forme sous laquelle il les présente, 435.--Combien

sont différents de Pline et de Cicéron, Épicure et Sénèque qui

critiquent cette soif de célébrité dans un style moins brillant, mais

plus sensé, 437.--Raisons qui font que Montaigne préfère la forme qu’il

donne à ses Essais au genre épistolaire pour lequel il avait cependant

des dispositions particulières, 437.--Rien de ridicule comme les

formules oiseuses de respect et d’adulation qu’on prodigue de nos jours

dans la correspondance privée; comment lui-même procédait (ANNIBAL

CARO, MONTAIGNE), 439.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 56 / 504 题