=De l’éducation des enfants=, =I=, 227.--Montaigne déclare n’avoir
que des données assez vagues sur les sciences; en dehors de Plutarque
et de Sénèque, il n’a guère d’auteurs qui lui soient familiers. Tout
en traitant des sujets sur lesquels il n’a que des connaissances
superficielles, il se garde d’imiter ces trop nombreux écrivains
qui, donnant dans une erreur trop commune, empruntent dans une
large mesure aux auteurs anciens, croyant ainsi en imposer à leurs
lecteurs (CHRYSIPPE, ÉPICURE, CENTONS de Capilupus et de Juste Lipse),
227.--L’éducation de l’enfant doit commencer dès le bas âge; il est
difficile de préjuger par ses premières inclinations de ce qu’il sera
un jour, aussi ne faut-il pas y attacher trop d’importance (CIMON,
THÉMISTOCLE, PLATON), 233.--La science convient surtout aux personnes
de haut rang; non celle qui apprend à argumenter, mais celle qui rend
habile au commandement des armées, au gouvernement des peuples, etc.,
235.--Le succès d’une éducation dépend essentiellement du gouverneur
qui y préside, lequel doit avoir du jugement, des mœurs plutôt que
de la science, s’appliquer à aider son élève à trouver lui-même sa
voie et l’amener à exposer ses idées au lieu de commencer par lui
suggérer les siennes (SOCRATE, ARCÉSILAS), 235.--Chaque enfant est à
instruire suivant le tempérament qui lui est propre; appliquer à tous
une même méthode, ne peut donner pour le plus grand nombre que de
mauvais résultats, 237.--L’élève ne doit pas adopter servilement les
opinions des autres et n’en charger que sa mémoire; il faut qu’il se
les approprie et les rende siennes, 239.--Le profit de l’étude est
de rendre meilleur. Ce qu’il faut développer, c’est l’intelligence;
savoir par cœur, n’est pas savoir. Tout ce qui se présente aux yeux
doit être sujet d’observation, 241.--Les voyages bien dirigés sont
particulièrement utiles; il faut les commencer de bonne heure,
243.--L’enfant gagne à être élevé loin des siens; il faut l’habituer
aux fatigues, endurcir son corps en même temps que fortifier son âme,
243.--En société, l’adolescent s’appliquera plus à connaître les autres
qu’à vouloir paraître; et, dans ses propos, il se montrera réservé et
modeste, 245.--Il sera affectionné à son prince, prêt à le servir avec
le plus grand dévouement pour le bien public, mais mieux vaut qu’il ne
recherche pas d’emploi à la cour, 247.--On lui inspirera la sincérité
dans la discussion; il prêtera attention à tout, s’enquerra de tout,
247.--L’étude de l’histoire est de première importance; supériorité
de Plutarque comme historien (MARCELLUS, ALEXANDRIDAS), 249.--La
fréquentation du monde contribue beaucoup à nous former le jugement
(SOCRATE), 251.--Le monde doit être notre livre d’étude de prédilection
(PYTHAGORE et les JEUX OLYMPIQUES), 253.--La philosophie servant à
diriger notre vie, est ce qui doit tout d’abord être enseigné à l’homme
quand il est jeune, 253.--Avant d’observer le cours des astres, il doit
observer ses propres penchants et s’attacher à les régler, 255.--Il
pourra ensuite se livrer aux autres sciences, les scrutant à fond au
lieu de se borner à n’en apprendre que quelques définitions vides
de sens, 257.--La philosophie, dégagée de l’esprit de discussion et
des minuties qui la discréditent trop souvent, loin d’être sévère et
triste, est d’une étude agréable (DÉMÉTRIUS le grammairien et HÉRACLÉON
DE MÉGARE, BRADAMANTE et ANGÉLIQUE), 257.--La vertu est la source de
tous les plaisirs de l’homme par cela même qu’elle les légitime et les
modère, 261.--L’éducation à donner à l’enfant ne doit pas se régler
d’après le rang des parents dans la société, mais d’après ses propres
facultés, 261.--La philosophie est de tous les âges; trop de science
abêtit (ARISTOTE et ALEXANDRE LE GRAND, ÉPICURE et MENICEUS, CARNÉADE),
263.--Toutes les circonstances, même le jeu, prêtent à l’étude de la
philosophie (SOCRATE), 265.--Le dressage du corps chez l’enfant, doit
être mené de front avec celui de l’âme, 265.--L’étude doit lui être
rendue attrayante, et tout procédé violent pour l’y astreindre être
banni, 267.--L’homme ne doit se singulariser en rien; être capable de
se conformer aux usages de son milieu quel qu’il soit, mais n’aimer
à faire que ce qui est bien (GERMANICUS, CALLISTHÈNE et ALEXANDRE LE
GRAND, ALCIBIADE chez les Perses et les Lacédémoniens, ARISTIPPE),
269.--C’est par ses actes qu’on jugera du profit qu’un jeune homme a
retiré de l’éducation qu’il a reçue (PLATON, HÉRACLIDE DU PONT, DIOGÈNE
et HÉGÉSIAS, ZEUXIDAMUS), 271.--Ce qu’il saura bien, il arrivera
toujours à l’exprimer suffisamment; la connaissance des choses importe
plus que les mots pour les rendre (CLÉOMÈNE et les AMBASSADEURS de
Samos, deux ARCHITECTES d’Athènes, CICÉRON et CATON), 273.--Dans un
poème, l’idée et le vers sont deux choses essentiellement distinctes
(MÉNANDRE, RONSARD, DU BELLAY), 275.--Les subtilités sophistiques
qui s’enseignent dans les écoles sont à mépriser; un langage simple
est à rechercher (ARISTIPPE, CHRYSIPPE, ARISTOPHANE le grammairien
et ÉPICURE, caractéristiques du LANGAGE chez les Athéniens, les
Lacédémoniens et les Crétois, PHILOLOGUES et LOGOPHILES), 277.--Comment
Montaigne apprit le latin et le grec; causes qui empêchèrent ce mode
d’instruction de porter tous ses fruits, 281.--Comment naquit chez lui
le goût de la lecture, 285.--Les jeux et les exercices publics sont
utiles à la société, 287.