MONTAIGNE.

=Jeunesse de Montaigne.=--Observation sur la durée de la grossesse de

sa mère, =II=, 330.--Temps précis de sa naissance, =I=, 110.--Tenu sur

les fonts baptismaux par des personnes de la plus basse extraction,

=III=, 670.--Montaigne en nourrice, =III=, 670.--Dressé dès le plus

bas âge à la plus commune façon de vivre, =III=, 670.--Précaution avec

laquelle on l’éveillait dans son enfance, =I=, 282.--Douceur avec

laquelle il a été élevé, =II=, 26.--Comment il apprit le latin, =I=,

280;--le grec, =I=, 282.--Collège où il fit ses études et fruit qu’il

en retira, =I=, 284.--Sa paresse était telle, qu’elle résistait même

à l’attrait du jeu, =I=, 282.--Comment il prit goût à la lecture dès

l’âge de huit ans, =I=, 284.--Ne lut jamais de romans, =I=, 284.--Vers

douze ans, jouait au collège les premiers rôles dans des tragédies

latines, =I=, 286.--Souvenir d’un soulèvement populaire à Bordeaux,

=I=, 198.--Bien qu’il eût un jugement sain et des idées au-dessus

de son âge, ses facultés intellectuelles ne se sont développées que

lentement, =I=, 282.

=Montaigne à âge d’homme.=--Son portrait au physique et au moral,

=II=, 482.--Effet de l’âge sur lui après trente ans, =I=, 598.--Ses

armoiries, =I=, 514.--Sa devise, =II=, 276.--Montaigne combattant

un effet d’imagination, =I=, 138.--Son mépris pour le jeu d’échecs,

=I=, 552.--Son jurement ordinaire, =III=, 246.--Montaigne chevalier

de l’ordre de S.-Michel, =II=, 370.--Mort de son frère le capitaine

S.-Martin, =I=, 114.--Histoire d’un accident qui lui causa un long

évanouissement, =I=, 668.--Duel de son frère le Sr de Mattecoulom,

=II=, 574.--Il obtient le titre de bourgeois de la ville de Rome,

=III=, 280.--Il est élu maire de Bordeaux, =III=, 488, 518.--A quelles

extrémités il fut réduit par la peste qui le chassa de chez lui, =III=,

566.--Personnages de son temps qu’il tient le plus en estime, =II=,

518.--Éloge de Mlle de Gournay, =II=, 518.--Son souhait pour ses vieux

jours, =III=, 390.--Ses dispositions morales dans sa vieillesse, =II=,

180.--Usages auxquels il se trouvait asservi à cette époque de sa vie,

=III=, 636.--Dans sa demeure, il a donné l’hospitalité à des rois,

=III=, 458.--Particularité de l’une des tours de son manoir, =I=, 156.

=Ses qualités physiques.=--Il était de forte constitution, mais

nonchalant et peu dégourdi, =II=, 482; =III=, 662.--Il a ressenti

jusque dans la vieillesse les effets de cette bonne constitution,

=III=, 664.--Excellence de sa vue; comment il la ménageait quand elle

a commencé à être fatiguée, =III=, 680.--Geste qui lui était propre et

qui pouvait passer pour la marque d’une sotte fierté, =II=, 466.--Sa

disposition particulière à sentir les odeurs et à s’en imprégner,

=I=, 574.--Son goût pour l’équitation et son endurance à cheval,

=I=, 532; =II=, 550; =III=, 430.--Ses sentiments se reflètent sur

son visage, =III=, 664.--Son air naïf a été d’un grand secours dans

deux circonstances très importantes, =III=, 592.--La sincérité de ses

intentions qui paraît dans ses yeux et dans sa voix empêche qu’on ne

prenne en mauvaise part la liberté de ses discours, =III=, 596.--Effet

sur lui du bruit imprévu d’une arquebusade, =I=, 82.

=Ses qualités morales et intellectuelles.=--Sa disposition naturelle

à la pudeur, =I=, 34.--Son peu de mémoire, =I=, 58; =II=, 496, 498,

500; =III=, 406, 408.--Il s’en défiait, lors même qu’il avait appris

un discours par cœur, =III=, 410.--Son horreur naturelle pour les

vices, =II=, 96.--Son aversion pour le mensonge, =I=, 64;--pour

toute espèce de tromperie, même au jeu, =I=, 158.--Son sentiment sur

l’ivrognerie, =I=, 618.--Son éloignement pour la curiosité, =I=,

656.--Son aversion pour le larcin, =II=, 24.--Son aversion particulière

pour la cruauté, =II=, 98.--Son humanité à l’égard des bêtes, =II=,

104.--Il haïssait la dissimulation, =II=, 492.--En quoi consistait

la vertu de Montaigne, =II=, 94.--En quoi consistait ce qu’il avait

de bon, =II=, 98.--Inconstance et diversité de ses dispositions

morales et intellectuelles, =I=, 348.--Il a l’esprit primesautier;

ce qu’il ne comprend pas d’abord, il le comprend encore moins en s’y

obstinant, =II=, 64.--Il était naturellement irrésolu, =II=, 348,

504, 506.--Délibérer l’importune, =II=, 488.--Ses dispositions à la

paresse, =II=, 484.--Son incapacité à soutenir un travail pénible, à

parler ou composer à volonté, =I=, 70.--Il était peu fait aux mœurs de

son siècle, =II=, 490.--Était dégoûté de l’ambition par l’incertitude

qui l’accompagne, =II=, 488.--Son stoïcisme dans la plupart des

circonstances qui causent ordinairement une grande affliction, =I=,

462.--Il aimait à louer le mérite dans ses amis et même dans ses

ennemis, =II=, 514.

=Son caractère.=--Son caractère dans ses premières années, =I=,

282.--Conformité de son caractère, dans l’âge mûr, avec celui

qu’il annonçait dans ses premiers ans, =II=, 486.--Application du

caractère de Persée, roi de Macédoine, à l’homme en général et à

lui-même en particulier, =III=, 624.--Il est naturellement porté à

la commisération, =I=, 18.--Son éloignement pour la tristesse, =I=,

22.--Son penchant pour la nonchalance, =II=, 486.--Son peu de goût

pour la vie de gentilhomme campagnard, =II=, 502; =III=, 388.--Il

aime à vivre dans la médiocrité, =III=, 322.--Aurait préféré une vie

tranquille à celle si belle d’un Régulus, =III=, 324.--Il aime à se

recueillir, =II=, 512.--Il produisait ordinairement ses plus profondes

pensées à l’improviste, =III=, 248.--Se délivrait d’une passion

par une autre passion, =III=, 170.--Peu accessible toutefois aux

passions violentes, =II=, 351.--Sa sympathie va surtout aux faibles,

=III=, 670.--Sa loyauté dans les petites choses, =I=, 158.--Il ne

peut même pas souffrir qu’on se trompe sur son compte, =III=, 82.--Se

tenait comme absolument obligé par les engagements de probité et les

promesses, =III=, 416.--Caractère de son courroux dans les grandes

et les petites affaires, =II=, 618.--Il a toujours été chatouilleux

et sensible aux offenses, mais il le devient encore davantage en

vieillissant, =III=, 184.--Ses conseils à sa famille pour le cas où

il se met en colère, =II=, 616.--Il ne présume les vices qu’après les

avoir vus, =III=, 390.--Son peu de goût pour les grandeurs, =III=,

324.--Sa franchise, =II=, 492.--Était naturellement ouvert et libre

avec les grands, =II=, 496.--Dans les affaires, il s’offre toujours

par ses opinions les plus vives et par la forme la plus sienne, =II=,

82.--Il aimait par-dessus tout l’indépendance, =III=, 418.--N’aimait

ni à maîtriser, ni à être maîtrisé, =III=, 324.--Sa passion pour

la liberté, =III=, 614.--Pourquoi il s’opposait aux affections qui

l’attachaient à autre chose qu’à lui-même, =III=, 484.--Avait soin de

ne pas devenir esclave de ses affections, =III=, 504.--Était ennemi

de toute obligation et contrainte, =II=, 498.--L’était au point qu’il

comptait comme un gain d’être dégagé de son attachement à certaines

personnes par leur ingratitude, =III=, 418.--Limites dans lesquelles

il est prêt à se sacrifier, =III=, 84.--N’aime à solliciter, ni à

contracter d’engagement ni pour lui-même, ni pour autrui, =III=,

422.--II hait la pauvreté à l’égal de la douleur, =III=, 392.--Préfère

donner que recevoir, =III=, 422.--Il osait dire ce qu’il osait faire,

=III=, 186.--Il était fort porté à imiter, =III=, 246.--Influence sur

lui de l’imagination, =I=, 132; =III=, 684.--Son éloignement pour

toute espèce de nouveauté surtout en politique, =I=, 178.--Il jugeait

mieux de lui-même par ses propres réflexions sur sa conduite, que par

les reproches ou les louanges de ses amis, =III=, 114.--Prenait son

jugement pour direction ordinaire de ses actions, =III=, 124.--Il ne

partage pas cette erreur commune de juger d’un autre d’après soi, =I=,

398.--Se servait rarement des avis d’autrui et en donnait rarement aux

autres, =III=, 128.--Ne se repentait jamais de la manière dont il avait

conduit ses affaires, =III=, 124.--Pourquoi il ne s’affligeait pas

lorsque les événements ne répondaient pas à ses désirs, =III=, 130.--Il

était plus sage et plus modéré dans la prospérité que dans l’adversité,

=III=, 380.--Beaucoup de choses sont des sujets d’affliction pour les

autres hommes, qui n’en sont pas pour lui, =I=, 462.--Pourquoi il

étendait ses besoins au delà de ce que la nature exige nécessairement,

=III=, 496.--Il était porté à ravaler le prix des choses qu’il

possédait et à ne pas faire grand cas de lui-même, =II=, 468.

=Ses mœurs.=--Il s’étudiait lui-même plus qu’aucun autre sujet; ce

qu’il apprenait par là, =III=, 618.--Cette étude le mettait, en outre,

à même de juger passablement des autres, =III=, 622.--Ses discours

s’accordaient avec ses mœurs, =III=, 698.--Il était moins réglé dans

ses opinions que dans ses mœurs, =II=, 96.--Son antipathie pour la

cérémonie, =I=, 84.--Comment dans la conduite de ses affaires et de

ses propres actions, il évitait les inconvénients en les prévenant,

=III=, 506.--A quel prix il s’est appliqué à éviter les procès, =III=,

510.--Il était ennemi des décisions trop hardies, =III=, 534.--Il

s’opposait tout d’abord au progrès de ses passions, =III=, 504.--Il

aimait une sagesse douce et gaie et fuyait l’âpreté des mœurs, =III=,

186.--Il appréciait à leur valeur les voluptés naturelles, =III=,

684.--Il ne devait guère qu’au hasard de sa complexion ce qu’il a pu

montrer de sagesse; il ne se sent pas grand empire sur lui-même, =II=,

96.--C’est par cela qu’il a pu résister aux plus fortes impressions

de la volupté, =II=, 98.--Il hait à peu près également une lourde

oisiveté et un travail pénible, =III=, 276.--Dans quel rang il mettait

les plaisirs purs de l’imagination et les plaisirs corporels, =III=,

686.--Son intention est de passer doucement et non laborieusement ce

qui lui reste de vie, =II=, 62.--En somme, il l’aime et cherche à en

tirer le meilleur parti, =III=, 696.

=Son mariage.=--Sa répugnance pour le mariage et sa conduite par

rapport aux devoirs de cette union, =III=, 200.--Date de son mariage,

=II=, 26.--Sa confiance en sa femme pour la conduite de sa maison,

=III=, 432.--Il lui avait abandonné tout ce qui concernait l’éducation

de leur fille, =III=, 208.--Exemple de sa circonspection à l’égard

de cette éducation, =III=, 208.--Réforme qu’il a introduite dans sa

famille, =II=, 32.--II ne souffrait pas volontiers près de lui les

enfants nouveau-nés, =II=, 22.--Comment il a supporté la perte de ses

enfants en bas âge, =I=, 462.--Ne comptait pas pour un malheur de

n’avoir point d’enfants qui pussent porter son nom, =III=, 478.

=Montaigne et La Boétie.=--Sa liaison avec La Boétie, =I=,

296.--Comment, dès leur première rencontre, ils s’aimèrent de la plus

parfaite amitié, =I=, 298, 300, 306, 310.--Regrets de Montaigne sur sa

perte, =I=, 316.--Éloge qu’il en fait, =I=, 318.

=Économie domestique.=--Répugnance qu’éprouvait Montaigne à s’occuper

de soins domestiques, =I=, 422; =III=, 382 et suiv.--Ne jouissant

encore d’aucuns revenus, il dépensait sans compter, =I=, 466.--Il

thésaurisait au début, quand il a commencé à être le maître de sa

fortune, =I=, 468.--Ce n’est que plus tard qu’il s’est mis à dépenser

en proportion de ce qu’il possédait, =I=, 472.--Ses dispositions et

ses idées à l’égard de l’administration de sa maison, =III=, 392 et

suiv.--Il était peu fait pour amasser, =III=, 394.--Trouvait commode,

pour ses dépenses, de se fier à ses domestiques, quoi qu’il pût lui en

coûter, =III=, 390.

=Vie sociale.=--Était trop délicat dans le commerce qu’on est obligé

d’entretenir avec le commun des hommes, =III=, 138.--Passionné pour

des amitiés exquises, il est peu propre aux amitiés communes, =III=,

140.--Il aime la société des honnêtes gens, =III=, 146.--Son sentiment

sur les rangs et préséances, =III=, 444.--Sa manière d’être dans

la conversation, =III=, 138.--Son goût pour la discussion, =III=,

334.--Souffrait sans peine la contradiction, =III=, 336.--N’aimait

pas à être interrompu quand il parlait, =III=, 248.--Aimait à

railler et à être raillé, mais il déteste les jeux de main, =III=,

366.--Hait la sottise chez ceux avec lesquels il cause; ne perd pas

son temps à relever celles qu’on dit devant lui, =III=, 362.--Son peu

de disposition pour la flatterie, =II=, 476, 496.--Mention de ses

relations avec la cour, =III=, 82.--Quelle était la solitude qu’il

désirait, =III=, 146.

=Vie publique.=--Montaigne se félicitait de ne rien devoir aux princes

et de vivre dans l’indépendance, =III=, 420.--Les compositions que

nécessite la vie publique l’en ont dégoûté, =III=, 466.--Il n’a

jamais souhaité de postes fort élevés, =III=, 322.--Il fuyait les

emplois publics, =III=, 464.--Son éloignement pour la magistrature,

=III=, 90.--Sa règle de conduite dans les charges publiques, =III=,

492, 500, 524.--Élu maire de Bordeaux, il est obligé d’accepter

cette charge; comment il s’en est acquitté; elle lui est continuée

par seconde élection, =III=, 488.--Portrait qu’il fit de lui-même à

Messieurs de Bordeaux, =III=, 488.--Attitude qu’il conseille à l’égard

de troupes convoquées pour une revue dont on était en défiance, =I=,

200.--Jugement qu’on fit de la manière dont il s’était acquitté de sa

mairie, =III=, 518.--Montaigne et le métier des armes, =II=, 450, 500;

=III=, 638, 662.--Comment il entendait le rôle de négociateur, =III=,

82, 86.

=Montaigne et les guerres civiles.=--Ses sentiments à l’égard de son

temps, =I=, 398.--Tranquillité de sa conscience durant les guerres

civiles, =II=, 356.--Il n’embrassait aucun parti avec trop d’ardeur,

=III=, 84.--Sa conduite vis-à-vis de personnes de différents partis,

=III=, 86.--En épousant un parti, il n’épousait point les injustices

et les entêtements ridicules de ce parti, =III=, 500.--Comment pendant

longtemps, au début, il se trouva préservé, dans une maison sans

défense, =II=, 438.--Les troubles s’aggravant, il a la douleur de

n’être plus à l’abri du pillage que grâce à la protection d’autrui,

=III=, 414.--En butte aux excès des deux partis, il finit par en pâtir

considérablement, =III=, 554, 560.--En quoi, en cette occurrence, il

faisait consister tout son bonheur, =III=, 132.--Mention de la mort

de son page, =I=, 658.--Détails sur deux circonstances critiques dans

lesquelles il s’est trouvé, =III=, 592.--Son opinion sur la meilleure

forme de gouvernement et sur les révolutions, =III=, 398 et suiv.

=Quelques-unes de ses idées sur certains points.=--Son opinion sur la

nature de Dieu, =II=, 250.--Sur la Patenôtre, =II=, 578.--Ses idées

philosophiques, =III=, 698.--Seuls biens qu’il mette en ligne de

compte, =III=, 72.--Il préfère l’estime présente à celle qui pourrait

le suivre après sa mort, =III=, 72.--Il n’a pas l’ambition d’être jugé

plus favorablement après sa mort, qu’il ne l’aura été de son vivant,

=III=, 72.--Il regarde tous les hommes comme ses compatriotes, =III=,

428.--Son sentiment sur l’exil, =III=, 428.--Son opinion sur la science

et ses dispositions à l’égard des savants, =II=, 110.--Ce qu’il jugeait

de la langue française, =III=, 242.--Sur les miracles et les prodiges,

=III=, 528.--Aveu de quelques idées superstitieuses de sa part, =III=,

334.--Son procédé pour consoler une personne affligée, =III=, 158.--Son

remède contre le chagrin, =III=, 170.--Sa tendresse pour Paris, =III=,

428.--Son admiration pour la ville de Rome, =III=, 474.--Pourquoi il

se défiait de l’habileté d’un homme qu’il voyait en situation élevée.

=III=, 360.--Ses observations sur le mal de mer fondées sur sa propre

expérience, =III=, 288.

=Montaigne et les femmes.=--De la douceur qu’il trouvait dans le

commerce des femmes, =III=, 148.--Il voulait que ce commerce fût

accompagné de sincérité, =III=, 150.--Son goût sur le chapitre de

l’amour, =III=, 264.--Cette passion l’a beaucoup fait souffrir dans

sa jeunesse, =III=, 148.--Il n’a jamais beaucoup fréquenté les femmes

publiques, =III=, 152.--En amour, il préférait les grâces du corps

à celles de l’esprit, =III=, 152.--Discrétion et bonne foi qu’il

apportait dans ses amours, =III=, 272.--Croyait salutaire l’amour pris

avec modération, =III=, 276.--Son opinion sur l’âge où l’amour est

convenable, =III=, 282.

=Montaigne, les livres et les lettres.=--Ouvrage qui lui inspira le

goût de la lecture et moyen par lequel on entretint ce goût en lui.

=I=, 284.--Il se complaisait dans le commerce des livres, =III=,

154.--Ce qu’il dit de sa bibliothèque et de sa situation, =III=,

156.--Ce qu’il recherchait dans les livres, =II=, 62.--Effet de la

lecture sur son esprit, =III=, 138:--Indication de ses auteurs de

prédilection, =I=, 284; =II=, 64.--Pourquoi il préférait les anciens

aux modernes, =II=, 64.--Son goût particulier pour l’histoire et la

poésie, =I=, 228, 404; =II=, 76.--Sa méthode pour la lecture des

historiens, =I=, 94.--Poètes latins qu’il mettait au premier rang,

=II=, 66.--Modifications successives de son goût pour la poésie, =I=,

404.--Ce qu’il pensait d’Ovide à la fin de ses jours, =II=, 64.--Quel

usage il faisait de Sénèque et de Plutarque, =II=, 70.--Comment il

s’y prenait pour juger d’un ouvrage d’esprit que l’auteur soumettait

à son appréciation, =III=, 666.--Aveu du peu de profondeur de ses

connaissances en fait de sciences, =II=, 226.--Son ignorance des choses

les plus vulgaires, =II=, 502.

=Son langage, son style, etc.=--Son langage, =II=, 476; =I=,

480.--Fort libre dans ses paroles, comment il excuse cette licence,

=II=, 186.--Détails sur sa manière d’écrire et de parler, =II=, 474;

=III=, 244.--Sur son style, =I=, 152, 278.--Son mode de travail,

=III=, 22.--Son peu de succès dans la poésie, =II=, 472.--Son motif

pour traduire la «Théologie naturelle» de Raymond Sebonde, =II=,

112.--Pourquoi, excepté Plutarque, il aime à se passer de livres en

écrivant, =III=, 244.--Quand il composait, ne se faisait aider par

personne, =III=, 244.--En Guyenne il acheta les imprimeurs, ailleurs

ils l’achètent, =III=, 116.--Son genre pour le style épistolaire,

=III=, 436.--Était ennemi des compliments outrés qu’on emploie dans les

lettres, =II=, 438.--Peu propre à écrire des lettres de recommandation,

=II=, 438.--Il écrivait ses lettres avec beaucoup de rapidité et de

négligence, =II=, 438.--Celles qui lui coûtent le plus sont celles qui

valent le moins, =II=, 440.--Il n’aime pas à se relire et ce n’est qu’à

contre-cœur qu’il se corrige, =III=, 406.

=Voyages.=--Pourquoi il se plaisait à voyager, =III=, 380.--En voyage,

il ne pense qu’à lui, =III=, 394.--Autres avantages qu’il y trouve,

=III=, 430.--Raisons qui auraient pu l’en détourner, réponse qu’il

y fait, =III=, 456.--Sa manière de voyager, =III=, 450 et suiv.--Sa

manière de voyager à cheval, =III=, 430.--Il se prêtait sans peine

aux différents usages et modes de chaque pays, =III=, 454.--Pratique

à laquelle il s’était habitué en voyage, =I=, 92.--Aurait aimé un

compagnon de voyage avec lequel il eût pu s’entretenir, =III=,

456.--Mésaventure qui lui est survenue dans un voyage à Paris, =III=,

596.--Autre aventure qui s’est produite dans un voyage qu’il faisait

avec son frère le sieur de la Brousse, =I=, 658.--Mention d’un voyage

à Orléans, =I=, 272.--A Rouen, =I=, 374.--A Vitry-le-François, =I=,

136.--A Bar-le-Duc, =II=, 504.--A la Fère, =III=, 174.--A Soissons,

=III=, 174.--Aux stations thermales, =III=, 56.--En Allemagne, =III=,

630.--En Italie, =I=, 238; =III=, 474.--Impression que fit sur lui le

Tasse devenu fou, =II=, 212.

=Ses goûts, ses habitudes, ses dispositions naturelles.=--Détails sur

ses goûts, habitudes, etc., relatifs aux actions les plus communes

de la vie, =III=, 484, 630, 660.--Ses songes étaient plus ridicules

que tristes, =III=, 666.--Quand il était jeune, il aimait à se parer,

=III=, 294.--Règles qu’il observait à l’égard de ses vêtements, =I=,

394; =III=, 678.--Sa démarche; il se tenait fort peu dans une même

situation, =III=, 682.--Son habitude de porter une canne, =II=,

564.--Ses habitudes de table, =I=, 268, 548; =III=, 638, 642, 668,

672 et suiv.--Peu sensible au plaisir de boire, =I=, 622.--Jeûnait

quelquefois et pourquoi, =III=, 676.--Sain ou malade, il suivait

volontiers ses appétits naturels, =III=, 642.--Il était peu délicat à

table, =III=, 668.--Ce qu’il jugeait des plaisirs de la table, =III=,

682.--Son goût a eu ses changements et ses révolutions, =III=, 676.--Il

avait soin de se tenir le ventre libre, =III=, 640.--N’aimait pas à

demeurer dans un air confiné, =III=, 680.--La chaleur l’incommodait

plus que le froid, =III=, 680.--Ne pouvait souffrir ni coche, ni

litière, ni bateau, =III=, 290.--Ses raisons pour renoncer aux jeux de

hasard, =III=, 506.--Les odeurs les plus simples et les plus naturelles

sont celles qui lui plaisent davantage, =I=, 574.

=Montaigne et la maladie.=--Sa bonne constitution, =II=, 482; =III=,

664.--Son peu de confiance dans la médecine, =I=, 192; =II=, 34;

=III=, 648.--En quel état il serait, s’il venait à se livrer aux

mains des médecins, =II=, 76.--Malade, il conservait la même manière

de vivre que lorsqu’il se portait bien, =III=, 630.--Son esprit peu

troublé par les maladies du corps, =III=, 666.--Pourquoi parler lui

nuisait dans ses maladies, =III=, 644.--Sa santé sur ses vieux jours,

=III=, 654.--Devenu sujet à la colique (gravelle), avec le temps il

s’accommode avec ce mal, =III=, 24.--Quels avantages il retire de cette

douloureuse maladie, =II=, 26; =III=, 650 et suiv.--Il pense la tenir

de son père, =II=, 32.--Il arrive à se posséder assez bien dans ses

accès, =II=, 30.--Tout bien considéré, il se console de ses infirmités,

=III=, 660.--Eaux thermales dont il a fait usage, =II=, 58.

=Montaigne et la mort.=--Quels étaient ses préparatifs par rapport

à la mort, =III=, 446.--L’idée de la mort est plus pénible en santé

qu’en maladie, =I=, 122.--De quel genre de mort il s’accommoderait le

mieux, =III=, 450.--Il lui est indifférent de mourir loin des siens,

=III=, 438.--Voudrait être assisté d’un sage ami en sortant de ce

monde, =III=, 440.--Son projet pour ses derniers moments, =I=, 56.--Son

opinion sur les cérémonies des funérailles, =I=, 38.

=Jugements de Montaigne sur lui-même.=--Estime qu’il avait de lui-même,

=II=, 470, 508.--Idée qu’il avait de la justesse de ses opinions,

=II=, 510.--Par le fait même qu’il écrit sur lui-même, il est tenu de

s’observer dans ses mœurs, =III=, 442.--Lui-même était le miracle le

plus réel à ses yeux, =III=, 532.--En quelles sortes d’affaires il

aurait pu être employé utilement, =III=, 518.--Il se serait cru propre

à parler librement à son maître et à lui apprendre à se connaître

lui-même, =III=, 624.

NOTES ayant trait à Montaigne et aux siens.

_Nota._--L’indication N. =I=, 620, Italie, signifie qu’il y a lieu de

se reporter aux notes (N) afférentes au premier volume (=I=), page 620;

et, parmi elles, à celle ayant pour indice le mot Italie.

=Le père de Montaigne.=--Détails sur Pierre Eyquem, N. =I=, 620,

Italie.--Oncles de Montaigne, N. =III=, 34, Quatre.--Frères et sœurs

de Montaigne, N. =III=, 32, Mere.--Naissance de son dernier frère,

N. =I=, 620, Miracles.--Parenté protestante de Montaigne, N. =III=,

560, Voysinage.--Pierre Eyquem maire de Bordeaux, N. =III=, 488,

Appelé.--Mise de sa maison en état de défense, N. =II=, 438, Faitte.

=Montaigne, sa jeunesse.=--Prononciation de son nom, N. =I=, =Titre=,

MONTAIGNE.--Observation sur la durée de la grossesse de sa mère, N.

=II=, 330, Moys.--Son prénom, N. =III=, 670, Attacher.--Lacune de son

éducation, N. =I=, 280, Moy.--Son précepteur allemand, N. =I=, 280,

Latine.--Ses frères et sœurs, N. =I=, 114, Frère.

=Montaigne à âge d’homme.=--Montaigne et son nom patronymique, N.

=III=, 424, Nom.--Ses armoiries, N. =I=, 514, Face.--Sa devise,

N. =II=, 276, «Que sçay-ie».--Montaigne élu maire, N. =III=, 488,

Aussi.--Montaigne réélu, N. =III=,518, Charge.--Montaigne maire et

Montaigne simple particulier, N. =III=, 500, Claire.--Henri de Navarre

chez Montaigne, N. =III=, 458, Pompe.--Mlle de Gournay, N. =II=, 518,

D’alliance.

=Ses qualités morales et intellectuelles.=--Son peu de mémoire, N. =I=,

58, Mienne.--Montaigne et le bon sens, N. =II=, 310, Inconstante; N.

=III=, 366, L’asne.--Son humeur paresseuse, N. =III=, 396, Volonté.

=Mœurs.=--Procès relatif à sa succession, N. =II=, 44, Masculines.

=Son mariage.=--Date de son mariage, N. =II=, 26, Ans.--Sa retenue

dans le mariage, N. =I=, 346, Simple.--Ses filles, N. =I=, 462,

Fascherie.--Paix du ménage, N. =III=, 382, Cher.--Son nom s’est éteint

avec lui, N. =III=, 478, Nom.

=Montaigne, les livres et les lettres.=--Ses livres, N. =III=, 156,

Liures.--Montaigne comparé à Sénèque, N. =II=, 476, Seneque.--Montaigne

qualifié de «sage ignorant», N. =I=, 232, Autruy.

=Son langage, son style, etc.=--Traduction de la «Théologie naturelle»

de Sebond, N. =II=, 112, Mort.--Lettres de Montaigne, N. =I=, 436,

Chose.--Son écriture, N. =I=, 438, Mal.--Il usait aussi de secrétaires,

N. =III=, 156, Dicte.--Montaigne et son imagination, N. =II=, 478, Creu.

=Économie domestique.=--Son souhait de vivre en s’en remettant à un

gendre de tout souci matériel, N. =III=, 390, Amy.--Ce qu’est devenu

son patrimoine entre ses mains, N. =I=, 472, Folies; N. =I=, 472,

Terres.

=Vie sociale.=--Montaigne et Charron, N. =III=, 444, Ioindre.--Séjours

de Montaigne à la cour, N. =III=, 146, Vie.

=Vie publique.=--Montaigne et les différents chefs de parti, N. =I=,

152, Partis.--Il ne voulait s’inféoder à aucun d’eux, N. =I=, 246,

Particulieres.--De parti pris, il repousse toute avance tendant à le

faire rentrer dans la vie publique, N. =II=, 210, Viure.--Auprès de qui

il a joué le rôle de négociateur, N. =III=, 80, Princes.--Quelle était

sa profession, N. =III=, 408, Profession.

=Montaigne et les guerres civiles.=--Sur ce qu’il pensait de la

moralité publique en son époque, N. =I=, 550, Nous.--Guerres de

religion du temps de Montaigne, N. =I=, 668, Deuxiemes.--Pillage de sa

maison, N. =III=, 414, Sac.--Montaigne à la Bastille, N. =III=, 614,

Receu.

=Quelques-unes de ses idées sur certains points.=--Montaigne

chrétien et moraliste, N. =I=, 590, Instruisants.--Le doute

est de règle dans les controverses religieuses, N. =II=, 332,

Reseruément.--Résumé de la morale de Montaigne, N. =III=, 546, Sequi;

N. =III=, 704, Extrauagance.--Montaigne et le suicide, N. =I=, 628,

Contestations.--Montaigne et la fatalité, N. =III=, 126, Regret.--Son

influence sur nos lois, N. =III=, 610, Iustice.

=Voyages.=--Journal de voyage de Montaigne, N. =I=, 92, Voyages; N.

=III=, 654, Experience.--Sur son titre de bourgeoisie romaine, N. =III=,

480, Bulle.

=Montaigne et la maladie.=--Maladie dont il est mort, N. =III=, 438,

Gorge.

=Montaigne et la mort.=--Lui-même distribue à ses serviteurs les

legs qu’il leur destine, N. =III=, 448, Iour.--Sa mort, N. =I=, 122,

Mort.--Son tombeau, N. =III=, 438, Miens.

[A.XXXIV] LES ILLUSTRATIONS DU PRÉSENT OUVRAGE.

PLANCHE I (Ier volume).

=Portrait de Montaigne.=--Il existe soit en original, soit reproduits

par la gravure, d’assez nombreux portraits de Montaigne plus ou moins

authentiques, faits de son vivant, à différents âges.

Celui qui présente le plus d’authenticité et en même temps semble le

mieux rendre sa physionomie telle qu’elle pouvait être et que nous nous

la représentons à l’époque où il écrivait les Essais, aurait été peint

en 1581, à Rome, pendant le voyage qu’il y fit (il avait donc alors 48

ans), par Palma Vecchio (le vieux), peintre italien (né en 1548 et mort

en 1588). Ce portrait, alors que Montaigne était maire de Bordeaux,

aurait été donné par lui en 1583 au musée de cette ville, où en 1640

il a été copié par Ribeira, dit l’Espagnolet, pour la famille qui le

détient encore. L’original a disparu, sans qu’on sache ce qu’il est

devenu, bien que certains prétendent qu’il n’est autre qu’un portrait

qui se trouverait actuellement au château de Montaigne.

De ce tableau et de sa copie, il existe plusieurs gravures dont les

plus anciennes remontent à 1772; la vignette en tête de notre premier

volume est la reproduction de l’une d’elles exécutée en 1826 par

Henriquet Dupont. Le ruban et la médaille qu’y porte Montaigne sont

ceux de l’ordre de S.-Michel, dont les règlements imposaient à ses

titulaires de ne jamais les quitter, fût-ce au péril de la vie; quand

il se faisait peindre à Rome, Montaigne en était chevalier depuis une

dizaine d’années.

Des diverses gravures le représentant, il en est une reproduisant son

portrait par Thomas de Leu; nous la signalons parce qu’au-dessous se

lit ce quatrain attribué à Malherbe:

«Voicy du grand Montaigne vne entiere figure,

Le peinctre a peinct le corps et luymesme l’esprit;

Le premier par son art egale la Nature,

Le second la surpasse en tout ce qu’il escrit.»

Une autre de ces gravures porte ces vers de l’abbé Gacon:

«Ennemi de tout fanatisme,

Après avoir réglé son esprit et ses mœurs,

Par un aimable pyrrhonisme

Il rendit ses écrits le charme des lecteurs.»

Les vers suivants en accompagnent une autre de 1837:

«Philosophe sublime en sa naïveté,

Lorsque le fanatisme appelait l’ignorance,

En enseignant le doute il illustra la France

Et sut, dans son portrait, peindre l’humanité.»

Une édition des Essais de 1611, est la première qui soit ornée d’un

portrait.

=Armoiries.=--«Ie porte d’azur semé de trefles d’or, à une pate de

lyon de mesme, armée de gueules, mise en face» (liv. I, ch. 46, =I=,

514); ce qui, pour les profanes, se traduit de la sorte: Mon écusson

est sur fond d’azur (bleu), semé de trèfles d’or (jaune); y figure une

patte de lion de même couleur, armée de gueules (ayant les griffes

rouges), mise en face (posée de face) et brochant sur le tout (allant

d’un bord à l’autre de l’écusson); cette dernière indication n’est pas

dans le texte, mais la disposition qu’elle marque existe.--Montaigne,

à sa mort, n’ayant point d’héritier mâle, légua ses armes à Charron,

l’auteur de la _Sagesse_, qui, en ses derniers ans, était devenu son

ami et son disciple.

=Signature.=--Cette signature est le fac-similé de celle apposée sur

une lettre adressée, le 21 mai 1582, par Montaigne aux jurats (sorte de

conseillers municipaux) de Bordeaux, alors qu’il en était maire.

Il est à observer que l’n de son nom est supprimée, ce qui était assez

fréquent dans la façon d’écrire de l’époque, quand dans la syllabe

cette lettre était suivie d’une voyelle, ainsi qu’on peut voir sur

la planche IV; elle se remplaçait alors par un trait sur la lettre

précédente, trait qui dans sa signature se confondait avec la barre du

t.

A la mort de son père, Montaigne devenu chef de famille a cessé, dans

sa signature, de faire précéder son nom de son prénom, que ses frères,

au contraire, continuèrent à apposer concurremment.

=Prononciation du nom de Montaigne.=--Se reporter à ce sujet à la note

y afférente, =I=, 13, MONTAIGNE.

PLANCHE II (IIe volume).

=Plan et perspective du manoir de Montaigne au XVIIIe siècle et croquis

topographique des environs.=--Le manoir ou maison noble de Montaigne,

sa «maison» comme il l’appelle, ne mérite le nom de château qu’on lui

donne la plupart du temps, que depuis sa réfection à peu près complète

vers 1860, et sa reconstruction totale, la tour exceptée, 1887.

Il est situé à environ 4 kil. N. de la route de Bergerac à Libourne

par Castillon et de la Dordogne que longe cette route, et est distant

de 20 kil. E. de Bergerac à l’O. et de 8 kil. de Castillon à l’E. Cet

immeuble fait partie du territoire de la commune de S.-Michel-Montagne,

appelée aussi Saint-Michel-Bonnefare (agglomération d’environ 400

habitants dont il est éloigné de 5 à 600m); cette commune qui relève

du canton de Vélines, arr. de Bergerac, dép. de la Dordogne, est

limitrophe du département de la Gironde.

Le manoir est construit sur un mouvement de terrain d’à peu près 70m

d’élévation, à pentes moyennes, au pied duquel coule la Lidoire, petit

affluent de la Dordogne; en ce point, la vallée est assez large et,

de l’habitation dans la direction de N.-O., la vue s’étend assez loin

sur les plaines du Périgord et du Bordelais. Suivant une description

de 1778, quoique habité, il était, à cette époque, dans un état de

délabrement complet; du reste, il n’avait jamais dû présenter rien de

grandiose, ne devait d’avoir résisté à l’action du temps que grâce à

la solidité de ses murs et n’était intéressant que par le souvenir de

Montaigne.

Il se composait d’une enceinte rectangulaire complètement fermée.

La face S.-O. N.-E. était flanquée de deux tours. Joignant celle du S.

mais sur l’autre face y attenant, était la porte d’entrée, des plus

simples, quoique garnie de mâchicoulis. Elle donnait accès dans une

sorte de préau étroit servant de passage, qui contournait en partie la

tour et d’où par une seconde porte on débouchait dans la cour qui était

de forme à peu près carrée et avait cinquante pas environ de longueur

sur à peu près autant de largeur; elle était plantée d’arbres sur son

pourtour.

La maison d’habitation en occupait le côté faisant face aux deux tours;

les trois autres l’étaient par les communs. La maison comprenait

un rez-de-chaussée et deux étages; la distribution en était assez

confuse et mal entendue. Derrière était une longue et large terrasse,

présentant des ombrages et des parterres, d’où l’on avait une vue belle

et étendue; une balustrade, rendue nécessaire par des soutènements

assez abrupts, la clôturait du côté de la vallée.

La tour S. encore existante et sur laquelle nous reviendrons à propos

des illustrations de la planche III, assez massive et un peu écrasée,

comprend également un rez-de-chaussée et deux étages; elle est connue

sous le nom de Tour de Montaigne. L’auteur des Essais y avait

une chambre où il couchait parfois et sa bibliothèque. Un beffroi

surmontait cette tour et abritait une cloche dont il est fait mention

au ch. 22 du liv. I des Essais, page 156, elle sonnait l’Angelus et

servait à appeler les tenanciers du fief les jours de fête et aussi en

cas d’alarme. L’autre tour, moins grosse et un peu plus élevée, était

dite tour de Trachère et il semble que c’est uniquement par opposition

avec le nom de la première, et à tort, qu’on l’appelle parfois Tour

de Madame; ni la femme, ni la mère de Montaigne ne l’ont occupée. De

construction beaucoup plus récente que l’autre, vraisemblablement

bâtie pour accroître la force défensive de la demeure, elle était déjà

en ruines au commencement du siècle dernier, et, ne faisant plus que

masquer le coup d’œil, elle a depuis complètement disparu.

Vendu à diverses reprises, ce manoir en était venu, faute d’entretien,

à un tel état de délabrement, qu’il n’était plus guère habitable, quand

en 1857 il fut entièrement restauré, mais en tenant compte du progrès

en matière de confort; seule, la tour de Montaigne le fut en conservant

sa distribution intérieure, toutefois le beffroi fut supprimé. En 1885,

ruiné de fond en comble par un incendie, il fut réédifié peu après,

mais cette fois sans s’astreindre à respecter aussi passivement le plan

primitif, dont on s’écarta aussi bien pour les détails extérieurs que

dans l’aménagement; c’est devenu une très belle habitation, luxueuse à

l’intérieur, justifiant aujourd’hui le nom de château qu’on lui avait

donné prématurément. Par contre, de la maison de Montaigne il ne reste

plus que l’emplacement et la tour, que le feu avait encore épargnée

grâce à sa situation à l’écart et à l’épaisseur de ses murs; sauf le

beffroi, elle garde sa physionomie d’antan.

On peut remarquer que le croquis topographique (copie de la Carte

de l’Etat-Major) porte S.-Michel-Montagne, conformément à la

prononciation locale que pour un centre d’habitations il y aurait en

effet inconvénient à altérer sur une carte; tandis qu’il y est écrit

Château de Montaigne d’après les errements anciens existant encore; la

prononciation n’en est pas moins la même, dans le pays, pour l’un comme

pour l’autre.

PLANCHE III (IIIe volume).

=Tour de Montaigne.=--Cette tour, dont il a été indiqué, à propos de

la planche II, la situation par rapport au reste du manoir, semble,

par ses assises, dater du XIIIe siècle; elle a 10m de diamètre, 13m de

haut; au ras du sol ses murs sont épais de près d’un mètre cinquante.

Elle comprend, a-t-il été dit, un rez-de-chaussée et deux étages,

auxquels on accède par un escalier en colimaçon aménagé dans une

tourelle latérale. En outre, un appentis, surmontant la porte d’entrée

et son porche intérieur, la joint et faisant corps avec elle communique

à chaque étage qui se trouve ainsi accru chacun d’une pièce de

dégagement mesurant 3m50 sur 3m.

Le rez-de-chaussée est aménagé en chapelle. A l’extérieur, au-dessus de

la porte y donnant accès, sont sculptées les armes de Montaigne, qui

se retrouvent là un peu partout; l’intérieur est de forme carrée, aux

angles arrondis; le plafond, de 3m d’élévation, est voûté; la pièce,

assez obscure, ne reçoit de jour que par la porte et deux soupiraux;

l’autel est placé dans une niche éclairée par la partie supérieure.

Au premier étage, se trouve une chambre à coucher carrée de sept mètres

de côté. Il y a une cheminée et deux fenêtres assez étroites auxquelles

on parvient par quatre marches pratiquées dans l’épaisseur des murs.

Une ouverture, ménagée dans le carrelage du sol, permet d’avoir vue

sur l’autel de la chapelle et de suivre ce qui s’y passe. La pièce de

l’appentis attenante à la chambre forme débarras.

Quarante-six marches conduisent du pied de la tour au deuxième étage

où était la bibliothèque de Montaigne, dont il donne si complaisamment

la description au ch. 14 du liv. III des Essais (IIIe vol., page 156).

Cette bibliothèque est de forme circulaire, de 8m50 de diamètre; il

y a trois fenêtres et pas de cheminée; le plafond a 3m d’élévation;

ses poutres et solives font saillies et sont couvertes d’inscriptions

latines et grecques tracées au pinceau, nous en donnons ci-après la

traduction. La pièce contiguë de l’appentis possède une cheminée, sa

fenêtre permet de voir tout ce qui se passe à l’intérieur du manoir.

C’était le cabinet de travail et le lieu de repos de Montaigne; il

s’était plu à l’ornementer. On y retrouve des vestiges de peintures

murales parmi lesquelles on distingue encore: Les amours de Mars et

de Vénus, Cimon allaité par sa fille, etc.; c’est là enfin qu’était

l’inscription latine dont la traduction suit, consacrant ce local aux

Muses, annonçant la détermination du maître du logis de renoncer aux

tracas de la vie publique et fixant la date à laquelle il a commencé à

écrire: «L’an du Christ 1571, à l’âge de 38 ans, la veille des calendes

de Mars, anniversaire de sa naissance, Michel de Montaigne, ennuyé déjà

depuis longtemps de l’esclavage de la cour et des charges publiques,

alors qu’il se sentait encore dispos, est venu ici pour s’isoler et s’y

reposer sur le sein des doctes vierges, dans le calme et la sécurité;

il y passera les jours qui lui restent à vivre. Espérant que le destin

lui permettra de parfaire cet asile, cette douce retraite qu’il doit à

ses ancêtres, il la consacre à sa liberté, à sa tranquillité et à ses

loisirs.»

Voir sur le contenu de cette bibliothèque les notes: =III=, 156,

Liures; =II=, 82, Lisant.

=Inscriptions de la bibliothèque de Montaigne.=--C’est aussi Montaigne

qui a fait peindre les sentences qui se lisent sur les poutres et

solives du plafond de la bibliothèque; on peut donc les considérer

comme reflétant, mieux que tout, ses dispositions d’esprit; au moins à

cette époque, où il fit aménager ce local; c’est à ce titre que nous en

donnons le relevé fait en 1861 par MM. Galy et Lapierre, traduites par

eux et consignées dans l’opuscule intitulé «Montaigne chez lui».

Ces sentences étaient au nombre de 56; quatre n’ont pu être

déchiffrées. Le plus grand nombre est tiré de l’Ecclésiaste, des

Epîtres de S. Paul, de Stobée et de Sextus Empiricus; elles dénotent

bien dans leur ensemble le scepticisme dont Montaigne était imbu. La

plupart sont insérées, soit textuellement, soit en substance, dans les

Essais, notamment dans l’Apologie de Sebond: celles pour lesquelles il

en est ainsi, sont signalées ci-dessous par une astérisque; celles en

grec sont marquées de l’indication I. G., les autres sont en latin.

--* Pour l’homme l’extrême science, c’est d’approuver les choses telles

qu’elles sont; et, quant au reste, de l’envisager avec confiance

(d’après l’Ecclésiaste).

--* La curiosité de connaître les choses a été donnée aux hommes pour

fléau, dit la Sainte Écriture (d’après l’Ecclésiaste).

--Le souffle enfle les outres vides, l’opinion enfle les cerveaux creux

des hommes (I. G., Stobée, attribué à Socrate).

--* Tout ce qui est sous le ciel, court loi et fortune pareilles.

--* Pas plus ceci que cela; pourquoi ceci plutôt que cela? (Sextus

Empiricus).

--Dieu a mis en nous l’idée des œuvres grandes ou petites qu’il a

multipliées sur la terre.

--* Je vois en effet que tous, en cette vie, ne sommes que des

simulacres ou des ombres légères (I. G., Stobée).

--O faible esprit humain! ô cœurs aveugles! dans quelles ténèbres,

parmi quels dangers vous usez, en tous temps, votre existence!

(Lucrèce).

--Celui qui compte sur son élévation, sera renversé par le premier

accident venu (I. G., Stobée).

--* Tout, et le ciel et la terre et les eaux, ne sont rien auprès de

l’immensité de l’univers (Lucrèce).

--* Avez-vous vu un homme qui se croit sage? Espérez mieux de celui

auquel la raison fait défaut (Proverbes de Salomon).

--Par ce fait que tu ignores comment l’âme est unie au corps, tu ne

connais pas l’œuvre de Dieu (d’après l’Ecclésiaste).

--Cela se peut et aussi ne se peut pas (I. G., Sextus Empiricus).

--* Le beau, digne d’admiration (I. G., d’après Platon).

--* Homme, vase fragile (I. G.).

--Ne soyez point sages à vos propres yeux (St Paul aux Romains).

--* La superstition suit l’orgueil et lui obéit comme à son père (I.

G., Stobée, attribué à Socrate).

--* C’est à elle seule (la Majesté divine) qu’appartient la science et

la sagesse (I. G., Hérodote).

--Ni désirer, ni craindre son dernier jour (Martial).

--Homme, tu ne sais pas si ceci te convient plutôt que cela, ou si les

deux ne te sont pas nécessaires (d’après l’Ecclésiaste).

--* Je suis homme et crois être soumis à toutes les conditions de ma

nature humaine (Térence).

--* Ne soyez pas plus sage qu’il n’est nécessaire, de peur que vous

n’en deveniez stupide (Ecclésiaste).

--* L’homme qui croit savoir, ne sait ce que c’est que savoir (St Paul

aux Corinthiens).

--* Celui qui pense être quelque chose n’est rien, et se leurre

lui-même (St Paul aux Galates).

--* Ne soyez pas plus sage qu’il ne faut, soyez modéré dans votre

sagesse (St Paul aux Romains).

--Nul homme n’a su, nul homme ne saura rien de certain (I. G.,

Xénophon).

--* La vie que nous vivons est-elle la vie, ou est-ce ce que nous

appelons mort qui est la vie? (I. G., Stobée).

--Tout ce que l’homme voit est de trop grande difficulté pour qu’il

puisse l’interpréter (I. G., d’après l’Ecclésiaste).

--* Il est très aisé de parler à tort et à travers, pour et contre (I.

G., Iliade).

--Le genre humain est trop avide de fables (Lucrèce).

--Quelle inanité en toutes choses! (Perse).

--Partout vanité! (Ecclésiaste).

--* Garder mesure, ne pas dévier de sa voie, suivre nature (Lucain).

--* Bourbe et cendre, qu’as-tu à te glorifier? (Ecclésiaste).

--* Malheur à vous qui êtes sages à vos propres yeux! (Isaïe).

--* Jouis agréablement de ce que tu as, que t’importe le reste?

(d’après l’Ecclésiaste).

--* Il n’y a pas de raison qui n’ait sa contraire (I. G., Sextus

Empiricus).

--Notre esprit erre dans les ténèbres; privé de lumière, il ne peut

apercevoir la vérité (Michel de l’Hospital).

--* Dieu a fait l’homme semblable à l’ombre; qui peut en juger quand le

soleil n’est plus? (d’après l’Ecclésiaste.--Pline).

--* Il n’y a de certain que l’incertitude, et rien de plus misérable et

de plus orgueilleux que l’homme (Pline).

--De toutes les œuvres de Dieu, rien n’est plus inconnu à l’homme que

la trace du vent (d’après l’Ecclésiaste).

--Chacun s’occupe à sa manière des dieux et des hommes (I. G.,

Euripide).

--L’opinion que tu as de ton importance te perdra, parce que tu te

crois quelque chose (I. G., Stobée).

--* Les hommes sont tourmentés par les opinions qu’ils ont des choses,

non par les choses mêmes (I. G., Stobée).

--* L’homme élève sa pensée, mais il reste mortel (I. G., Stobée).

--A quoi bon charger son âme d’une ambition qu’elle ne saurait porter?

(Horace).

--Les jugements de Dieu sont des abîmes profonds (Psalmiste).

--* Je n’établis rien (I. G., Sextus Empiricus).

--* Je ne comprends pas, je m’arrête, j’examine (I. G., Sextus

Empiricus).

--* Je prends pour guide la coutume et les sens.

--Par le raisonnement alternatif.

--Je ne puis comprendre (I. G.).

PLANCHE IV (IVe volume).

=Fac-simile de la page 151 de l’exemplaire de Bordeaux=, donnant la

fin du ch. 5 du liv. II, pages 660, l. 37 à 664, l. 5 du 1er volume

de la présente édition. Cette page se compose de deux éléments: l’un,

typographique, est le texte de l’édition de 1588, dont le livre est un

exemplaire; l’autre, manuscrit, est de la main même de Montaigne.

Ci la transcription de ces inscriptions manuscrites avec leur

orthographe et leur ponctuation:

Premier renvoi figurant dans la marge de droite et prenant place après

le mot asseurance: [-_Maior animus et natura erat ac maiori fortunæ

assuetus quam vt reus esse sciret et summittere se in humilitatem

causam dicentium_-] (citation de Tite-Live écrite puis rayée par

l’auteur, elle n’a été reproduite dans aucune édition): _il auoit le

ceur trop gros de nature et acostume a trop haute fortune dit Tite

Liue pour qu’il sceu estre criminel et se desmettre a la bassesse de

deffandre son [-cause-] innocence_ (cette addition est la traduction de

la citation raturée qui précède; elle figure dans l’édition de 1595).

Renvoi figurant dans la marge de gauche et prenant place après le mot

verité: _Et celuy qui les peut souffrir cache la verité et celuy qui ne

les peut souffrir_ (addition introduite dans l’édition de 1595).

Première rature dans le texte: _est appuie sur_, substitué à [-_vient

de_-] (variante qui n’a pas été insérée dans l’édition de 1595).

Deuxième renvoi figurant dans la marge de droite et prenant place

après le mot douleurs: _Etiam innocenter cogit mentiri dolor. Dou il

auient que celluy que le iuge a [-faict-] geiner pour ne le faire

mourir innocent il le face mourir et innocent et geiné_ (addition qui

figure dans l’édition de 1595).

Deuxième rature dans le texte: _confessions_, substitué à

[-_accusations_-] (variante qui figure dans l’édition de 1595).

Troisième rature dans le texte: _loge_, substitué à [-_compte_-]

(variante qui figure dans l’édition de 1595).

Intercalation dans le texte, après le mot c’est, _dict on_ (addition

introduite dans l’édition de 1595).

Addition inscrite dans le bas de la page et faisant suite au mot

inuenter. _Bien inhumainement pourtant et bien inutilement a mon

auis. Plusieurs nations moins barbares en cela que la grecque et la

romaine qui les en apellent estiment horrible et cruel de tourmanter

et desrompre un home de la faute du quel uous estes encores en doubte.

[-Et que pour ne le tuer sans raison vous luy facies pis que le tuer.

Information plus penible que le supplice.-] Que peut-il mais de uostre

ignorance [-pour estre ainsi traicte-]. Estes vous pas [-iustes-]

iniustes qui pour ne le tuer sans [-raison-] occasion luy faictes pis

que le tuer. Qu’il soit ainsin; voies combien de fois il aime mieux

mourir sans raison que de passer par cette information plus penible

que le supplice: et qui souuent par son aspreté deuance le supplice et

[-la comdemnation-] l’execute. Ie ne sçai dou ie tiens ce conte mais il

raporte exactement la conscience de nostre iustice. Vne feme de village

accusoit deuant un general d’armee grand iusticier un soldat pour auoir

arrache a ses petits enfans ce peu de la bouillie qui luy restoit a

les sustanter cette armee aiant rauage tous les villages a l’enuiron.

De preuue il n’y en auoit point le [-iuge-] general apres auoir somme

la feme de regarder bien a ce qu’elle disoit d’autant qu’elle seroit

coupable de l’accusation si elle mantoit et elle persistant il fit

ouurir le vantre au soldat pour s’esclaircir de la verite du faict. Et

la feme se trouua auoir raison. Condemnation instructiue_ (addition

introduite dans l’édition de 1595).

Remarquer la mutilation que, du fait du relieur, ont subie la plupart

des mots terminant les lignes manuscrites de la marge de droite.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 14 / 504 题