PASSAGES DES ESSAIS

§ =1=.--=Où il est plus particulièrement question de cet ouvrage=[11].

[11] Voir _Nota_, fasc. B, p. 3.

Quelle fin Montaigne s’est proposée en écrivant les Essais, =I=,

58.--Il les considère comme l’essai de ses facultés naturelles et non

de ses facultés acquises, =II=, 60.

Sa manière de les composer, =I=, 210, 552.

Comparaison relative aux Essais, =I=, 296.

Pourquoi il s’est pris lui-même pour sujet d’étude, =I=, 676.

Diversité du sujet qu’il traite, =III=, 108.

Connaissance approfondie qu’il en a, =III=, 110.

Faute, dans sa vie, d’actions de quelque intérêt, il enregistre ses

fantaisies, =III=, 376.

Il exprime ses idées du moment, demain elles seront peut-être autres,

=I=, 232.

Pourquoi il parle si souvent de lui-même dans son livre, =II=, 524.

Ce qu’il gagne à publier ses mœurs, =III=, 440.

Peut-être se faisant connaître, se fera-t-il un ami, =III=, 444.

Il esquisse plutôt qu’il ne traite les sujets dont il s’occupe, =I=,

434.

Malgré les apparences, les sujets traités se tiennent toujours plus ou

moins les uns les autres, =III=, 470.

Il s’est imposé d’oser dire tout ce qu’il ose faire, =III=, 186.

Aveu de l’obligation où il est cependant de voiler parfois sa pensée,

=III=, 474.

Ce qu’il pense de ceux qui condamnent la licence de ses écrits, =III=,

186.

Comment il excuse cette licence, =III=, 270.

Dans quel but Montaigne a inséré dans son livre des citations et des

passages empruntés à d’autres auteurs, =III=, 582.

Ses principes à l’égard de ces citations et de ces imitations, =I=,

232.--Il ne compte pas ces emprunts, il les pèse, =II=, 60.

Motifs pour ne pas citer les auteurs où il puise et ne pas mettre

d’ordre dans ses récits, =II=, 62.

Raison de l’absence de toute méthode dans son ouvrage, =I=, 552.

Pourquoi il aime les digressions, =III=, 470.

Caractère de son style, =II=, 476.

Son français corrompu par le langage du pays où il vit, =II=, 478.

Langage qu’il s’est appliqué à employer, =I=, 278.

Comment il travaillait aux Essais, =III=, 22.

Plusieurs feuillets lui en ont été soustraits, =III=, 22.

Il fait volontiers des additions à son livre, mais ne le corrige pas,

=III=, 410.

Il craint, par faute de mémoire, de se répéter, =III=, 406.

Il ne se mêle ni de l’orthographe, ni de la ponctuation, et ne revise

pas le travail de l’imprimeur, =III=, 412.

Affection qu’il a pour son livre, =II=, 52.

Ses différentes appréciations sur sa valeur, =III=, 366.

Sa soumission à la critique que l’Église peut en faire, =I=, 578.

Il est loin d’en être complètement satisfait, =II=, 474.

Succès auquel il lui semble pouvoir prétendre, =I=, 572.

Comment il peut être utile à la santé de l’âme et à celle du corps,

=III=, 628.

Destinée qui lui paraît réservée, =III=, 448.

§ =2=.--=Notes ayant trait à la contexture des Essais.=

Origine de ce titre «les Essais», N. =I=, +Titre+, ESSAIS.

Montaigne esquisse plutôt qu’il ne traite les sujets dont il s’occupe,

N. =I=, 434, Air.

Toute assertion, exacte ou non, lui est bonne, comme point de départ

d’une idée qu’il se propose d’exposer, N. =I=, 40, Dit.

Précautions oratoires prises avant l’émission d’idées peu orthodoxes,

N. =I=, 578, Icy.

Tendance de Montaigne à écrire le français en latin, N. =II=, 584,

L’enuie.

Il altère souvent les citations qu’il donne, N. =II=, 242, Profuerunt.

Montaigne, les Essais et Henri III, N. =II=, 524, Autheur.

La première édition des Essais parut en 1580.

Cette édition, imprimée à Bordeaux, ne comprenait que les deux premiers

livres, chacun formant un volume in-8º dont l’impression n’est pas

faite avec les mêmes caractères pour tous deux; les citations y sont

peu nombreuses; les sonnets de La Boétie, objet du ch. 28 du livre Ier,

y figurent.

En 1582, Montaigne en publiait une seconde édition, revue et augmentée,

mais toujours réduite à ses deux premiers livres, renfermés cette fois

en un seul volume in-8º.

En 1587, troisième édition, celle-ci du format in-12; la ponctuation

y est améliorée, d’assez nombreuses corrections de style et quelques

phrases remaniées.

Ces trois premières éditions sont devenues fort rares; dans diverses

ventes publiques du siècle dernier, des exemplaires de la première ont

été vendus: 527, 515, 645, 1.050 et jusqu’à 2.060 francs; un de la

seconde a dépassé 200 francs, un de la troisième a atteint près de 500

francs.

Enfin en 1588, autre édition, in-4º cette fois, qui, d’après son titre,

serait la cinquième. La quatrième n’existe pas; on pense qu’elle

avait pu être publiée dans l’intervalle en Angleterre, ou encore en

France, le privilège de l’imprimeur de l’édition précédente étant

expiré; mais on manque de données précises à cet égard. Imprimée à

Paris, l’édition de 1588 se trouve, toujours d’après le titre même de

l’ouvrage, augmentée d’un troisième livre et de six cents additions aux

deux premiers; la pagination du dernier livre y est distincte de celle

des deux autres; les additions introduites interrompent déjà assez

fréquemment le texte primitif et l’alourdissent parfois.

Cette édition est la dernière publiée du vivant de Montaigne, qui

mourut encore occupé à en préparer une nouvelle. Les rapports qui

s’étaient établis entre lui et le poète Pierre de Brach d’une part et

Mlle de Gournay de l’autre, lors de l’impression de l’édition de 1588 à

laquelle ils semblent s’être intéressés, firent que naturellement, et

peut-être aussi sur sa recommandation, Françoise de la Chassaigne sa

veuve, résolue à donner suite aux intentions de son mari, s’adressa à

eux pour l’y aider.

Montaigne consignait toutes les modifications et additions qu’il

projetait sur un exemplaire de l’édition de 1588, y joignant des notes

détachées. Pierre de Brach reçut mission de les transcrire, en les

mettant au net sur un autre exemplaire, qu’il adressa à Mlle de Gournay

chargée d’en surveiller l’impression. Tous deux s’acquittèrent avec

conscience et promptitude de leurs tâches respectives; moins de trois

ans après la mort de l’auteur, l’édition nouvelle, portant la date de

1595, était livrée au public.

Cette édition, in-folio, est d’un tiers plus considérable que la

précédente. Comparée à l’exemplaire annoté de la main de Montaigne

qui, conservé par la famille, a ensuite appartenu aux Feuillants

et se trouve actuellement à la Bibliothèque publique de Bordeaux,

l’orthographe en est plus simple, la ponctuation établie de manière

à n’avoir que de très courtes phrases, et dans les cas très rares

où les deux textes diffèrent, les divergences, toutes de forme, ne

consistent guère qu’en quelques termes adoucis, quelques expressions

moins primesautières, des mots ajoutés, retranchés ou modifiés pour

rectifier des incorrections de style, ce qu’immanquablement l’auteur

eût opéré lui-même, avant de livrer son travail au public, témoignant

de la part de ses exécuteurs testamentaires de la fidélité la plus

absolue.--Qu’eût été cette édition si elle avait été publiée du

vivant de l’auteur? Nul ne le saurait dire; immanquablement, jusqu’au

dernier moment, il eût fait encore des modifications aux notes d’après

lesquelles celle-ci a été établie (sur l’exemplaire de Bordeaux,

Montaigne écrit et raye trois fois avant de l’admettre la citation:

_Ille beatus_.... [Vol. =I=, pag. 484, lig. 25]; rien ne prouve que

finalement il l’eût maintenue), de telle sorte que le texte définitif

des Essais n’ayant pas existé, ne sera jamais connu.

Il est à observer que par le fait d’une omission qui n’a pas été

constatée à temps, cette édition ne porte pas l’_Avis au lecteur_ qui

devrait figurer en tête; par contre, elle est précédée d’une préface

assez étendue et par trop apologétique de Mlle de Gournay qui l’a dotée

en outre d’une table analytique assez détaillée; enfin par suite d’une

mention bien ou mal interprétée, inscrite sur le manuscrit de Bordeaux,

les sonnets de La Boétie n’y sont pas reproduits.--Quant à l’exemplaire

qui a servi de copie, il n’existe plus; il semble avoir été détruit,

aussitôt l’impression achevée.

Mlle de Gournay, sa fille d’alliance comme il l’appelait et titre dont

elle aimait à se parer, s’était donnée de toute son âme à Montaigne

et à son œuvre; postérieurement à l’édition de 1595, elle en a publié

nombre d’autres (une dizaine environ), dérivant toutes de celle-ci;

entre autres:

Une en 1608, portant en marge des sommaires, forcément réduits à

quelques mots; ce qui avait déjà été réalisé, dès 1595, à Lyon, dans

une réédition de celle de 1588.

Une en 1611, où elle donne l’indication de la plupart des sources où

Montaigne a pris ses citations.

Une en 1617, qui présente la traduction de toutes ces mêmes citations.

Enfin la magnifique édition in-folio de 1635, dédiée au cardinal

de Richelieu, dont la libéralité avait aidé à la publication. Pour

la première fois, figure au frontispice de l’ouvrage la devise de

Montaigne: «Que sçais-je», avec la balance. La préface est celle de

l’édition-mère, notablement augmentée et corrigée. Le texte présente

parfois avec celui de l’édition de 1595 de légères différences;

certains changements y ont été malencontreusement apportés, sur la

demande expresse des imprimeurs, pour rajeunir le style et rendre

l’ouvrage plus facile à lire.

Depuis, les éditions des Essais n’ont cessé de se succéder. Le docteur

Payen, mort en 1870, qui s’était adonné avec passion à Montaigne et

à tout ce qui s’y rattache, en possédait cent trente-six, dont une

vingtaine en langue allemande, anglaise, hollandaise et italienne, et

sa collection, aujourd’hui propriété de la Bibliothèque nationale,

n’était pas complète; leur nombre s’accroît chaque jour.

Parmi elles, nous citerons:

Deux éditions données de 1724 à 1725 et enrichies de notes nombreuses

par Pierre Coste qui, lui aussi, a pris pour base l’édition de 1595,

mais en en rajeunissant l’orthographe.

Une édition de Naigeon, également annotée par lui, stéréotypée par

Firmin-Didot, portant la date de 1802 et imparfaitement établie d’après

le manuscrit de Bordeaux, et en outre en en altérant l’orthographe.

Une édition de 1820, d’Amaury Duval; en tête de chaque chapitre se

trouvent des sommaires détaillés, permettant d’en embrasser l’ensemble

et de se retrouver dans ce dédale d’idées qu’est l’ouvrage; le texte

est celui de 1595, mais l’orthographe est de convention.

Une de 1826, de J.-V. Leclerc, dans les mêmes conditions que la

précédente.

Une de MM. Barckhausen et Dezeimeris (1873), donnant le texte original

de l’édition première de 1580, avec les variantes de celles de 1582 et

1587.

Une de MM. Courbet et Royer (1872 à 1900), réédition de celle de 1595,

remarquable par son exactitude et son exécution typographique, suivie

d’une notice des plus complètes sur Montaigne, et d’un relevé des

variantes des éditions de 1580, 1582, 1587, 1588 et du manuscrit de

Bordeaux.

Une de MM. Motheau et Jouaust (1873-80), très soignée, éditée d’après

l’édition de 1588 et donnant en notes toutes les variantes de celle de

1595 en respectant scrupuleusement l’orthographe de l’une et de l’autre.

Une dite «Edition municipale de Bordeaux», en cours de publication aux

frais de cette ville qui en a confié l’exécution à M. Strozzi. Elle

a pour base le texte de 1588, que suit celui de 1580, et en second

lieu les additions et même les ratures manuscrites de l’exemplaire de

Bordeaux, le tout imprimé avec des différences typographiques qui ne

permettent aucune confusion.

A l’étranger, une de 1897, à laquelle un grand soin a été apporté;

publiée à Londres, elle est une réédition d’une autre de 1603, la

première en langue étrangère.

Celle-ci enfin, qui porte, en regard du texte de 1595, sa traduction en

langage de nos jours, et dans un volume à part tous les renseignements

propres à lui permettre, ainsi que son titre l’indique, de se suffire

à elle-même.--Puisse le lecteur la lire avec le même intérêt que nous

avons éprouvé à la composer et chacun réaliser le souhait qu’au début

de ce siècle, Delille formait en parlant de Montaigne, dont en ces

quelques vers il appréciait fort judicieusement l’œuvre:

Riche du fonds d’autrui, riche aussi par son fonds,

Fidèle à son caprice, infidèle à ses titres,

Il sait parler au sage et causer en ami.

Heureux ou malheureux, en ville, à la campagne,

Que son livre charmant partout vous accompagne.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 11 / 504 题