Revenons à l'_Amanite printanière_, dont le chapeau, d'abord

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La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections

mineures.

L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été

modifiés. La liste des modifications se trouve à la fin du

texte.

Bibliothèque de poche du Naturaliste.--III.

NOUVEL ATLAS DE POCHE

DES

CHAMPIGNONS

Comestibles et Vénéneux

LES PLUS RÉPANDUS

SUIVI DE NOTIONS GÉNÉRALES SUR LES CHAMPIGNONS,

LEUR CLASSIFICATION, COMPOSITION CHIMIQUE,

VALEUR ALIMENTAIRE, PRÉPARATION CULINAIRE, CULTURE, etc.

64 planches coloriées représentant 66 espèces

avec texte

Par PAUL DUMÉE

Membre des Sociétés botanique et mycologique de France

PEINTURES PAR A. BESSIN

TROISIÈME ÉDITION

PARIS

LIBRAIRIE DES SCIENCES NATURELLES

Paul Klincksieck

LÉON LHOMME, successeur

3, RUE CORNEILLE, 3

1912

_Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays._

PRÉFACE

_Lorsqu'il y a quelques années nous avons fait paraître la première

édition de notre_ =Petit Atlas des Champignons comestibles et vénéneux,=

_nous prévoyions qu'il répondait à un réel besoin. Malgré ses

imperfections, notre petit volume s'est propagé sans bruit ni réclame,

et deux éditions en ont consacré le succès._

_Il fallut en prévoir une troisième; celle-ci pouvait, avec quelques

retouches au texte et aux planches, être mise sur pied en quelques mois.

Mais cela ne nous suffisait plus, nous voulions faire mieux et donner à

notre volume un plus grand développement._

_Instruit par l'expérience, nous avons de longue main préparé une

transformation complète du «Petit Atlas» de 1895, en doublant presque le

nombre des figures et en augmentant son texte. Aussi le_ Nouvel Atlas_

ne ressemble-t-il en rien à l'ancien._

_Estimant qu'on ne saurait jamais apporter assez de soins à un livre

destiné à servir de guide à ceux qui recherchent les champignons au

point de vue alimentaire, et que beaucoup de personnes se contentent (à

tort), le plus souvent, de ne regarder que les images, nous avons voulu

que celles-ci fussent d'une sincérité frappante et se rapprochent de la

vérité absolue autant qu'on y peut arriver._

_Il nous a fallu pour cela l'appui d'un éditeur complètement dévoué et

compétent, et le concours d'un artiste de grand mérite._ =M. Bessin= _a

bien voulu se charger de ce travail qui lui a demandé plusieurs années

de soins assidus. Il semble, au premier abord, très simple de dessiner

un champignon; eh bien, cela est une erreur, car les champignons sont

des organismes essentiellement fugaces et inconstants; il est

quelquefois très difficile de se procurer des échantillons typiques à

différents états de développement, puisque, certaines années, les

champignons sont rares, et les documents pris doivent attendre une

saison plus favorable pour être complétés. Enfin, grâce à la patience de

notre dessinateur, nous avons pu mener à bien la partie la plus

difficile de notre tâche. Nous avons pu lui procurer, en bon état,

toutes les espèces qui figurent dans notre livre._ Toutes ont été

peintes d'après nature; _tous les dessins originaux ont été analysés,

contrôlés, retouchés, pour les amener à un état voisin de la

perfection._

_De plus, nos champignons ont été représentés, autant que possible, dans

le milieu où ils se plaisent le plus volontiers, ce qui, nous en sommes

persuadé, ne déplaira pas à nos lecteurs._

_Il ne faudrait pas croire qu'après ce travail, déjà si laborieux, tout

soit fini. C'est à partir de ce moment qu'intervient l'éditeur qui veut

faire reproduire ces peintures dans toute leur exactitude. Que de

démarches, que d'essais infructueux, avant d'arriver à un résultat

satisfaisant! Il faut avoir été mêlé quelque peu à ces préliminaires

pour pouvoir apprécier son dévouement._

_On se figure généralement qu'un éditeur n'a qu'à recevoir de son auteur

le manuscrit à reproduire: c'est une grande erreur, et l'on peut dire

que le succès d'un livre, et surtout d'un livre à images, dépend, en

grande partie, du soin que prend son éditeur de lui donner sa forme

définitive._

_Pour nous, nous sommes intimement persuadé que si notre_ =Nouvel Atlas

des Champignons comestibles et vénéneux= _a quelque succès, il le devra

surtout à ses magnifiques planches qui n'eussent pas été indignes d'un

cadre plus grand, ce qui en eût privé de nombreux amateurs._

Meaux, avril 1905.

=Paul DUMÉE.=

PRÉFACE DE LA 2e ÉDITION

_En moins de quatre ans plusieurs milliers d'exemplaires de notre_

=Nouvel Atlas= _ont été enlevés, sans compter plusieurs tirages des

planches faits pour divers pays étrangers._

_Cela nous encourage à publier une série =II= qui paraîtra dans environ

deux ans, et avec des planches non moins réussies que celles de la

première._

_Dans la présente édition il a été fait quelques additions au texte; on

y trouvera aussi un intéressant chapitre sur le_ =Traitement des

empoisonnements par les champignons=, _dû à M. le docteur_ =F. GUÉGUEN=

_que nous recommandons à l'attention de nos lecteurs._

Paris, juillet 1909.

=L'Auteur.=

_Comment nos planches ont été reproduites_

Il y a peu de nos lecteurs qui n'aient entendu parler de procédés de

reproduction, de photogravure, du système des trois couleurs, mais ce

sont des idées encore bien confuses dans le public.

Jadis, on ne pouvait obtenir des planches en couleur qu'en les coloriant

au pinceau, _à la main_, avec plus ou moins d'art et d'exactitude:

c'était long et coûteux. C'est de cette époque que datent les ouvrages à

deux prix, l'un pour l'édition avec planches noires, l'autre pour

l'édition avec planches coloriées.

Le besoin d'obtenir des images en couleur à bon compte, surtout des

gravures de mode, amena la création du _coloriage au patron_. Ce procédé

consiste à découper autant de plaques en métal très mince qu'il y a de

couleurs dans le sujet, et à appliquer celles-ci avec une brosse-pinceau

sur les parties laissées à jour sur l'épreuve en noir. C'est expéditif

et relativement économique, mais ne permet aucun modelé, à moins de

faire de coûteuses retouches au pinceau.

Puis vint la Chromolithographie. Un artiste appelé chromiste décompose

par l'oeil le sujet destiné à être _imprimé_ en couleurs, et redessine

chacune d'elles sur une pierre préparée à cet effet; autant de nuances,

autant de pierres; il en faut quinze, vingt et au delà, et fatalement

l'artiste, suivant sa manière de comprendre les couleurs et le nombre de

tirages affectés à une reproduction, s'écarte souvent de l'original en

l'interprétant à sa manière.

La Photogravure vint ensuite, qui consiste à reproduire un objet par la

photographie, à décalquer cette dernière sur une plaque de métal bien

plane, à l'y fixer et à obtenir des reliefs par des bains acide

successifs, après en avoir isolé le dessin par une matière résistant à

l'action de l'acide.

Ce procédé mécanique, rapide et très économique, ne tarda pas à faire

disparaître la gravure sur bois et à permettre de joindre des

illustrations à des livres et à des journaux auxquels la lente et

coûteuse gravure sur bois n'était pas accessible.

Mais on n'était encore qu'au simple trait, c'est-à-dire au noir sur

blanc. Les demi-teintes que la lithographie et la gravure sur bois

pouvaient rendre admirablement, n'étaient point encore permises à la

Zincogravure, appelée ainsi parce que le zinc est le métal généralement

employé pour ce procédé.

La Similigravure apparut à son tour. Au moyen d'une trame très fine

placée dans l'appareil photographique entre l'objectif et la plaque

sensible, de façon à laisser sur celle-ci les traces de la trame, on

parvient à obtenir ces gradations ou demi-teintes indiquées par un

quadrillé qui brise le trait, enlève la netteté du dessin, mais permet

d'utiliser une photographie sans intervention du dessinateur. La

préparation des clichés en similigravure demande beaucoup plus de soins

que pour ceux au trait, aussi la similigravure est-elle sensiblement

plus coûteuse.

Jusqu'ici la «chromolitho» triomphe encore; survient alors une

application d'un procédé déjà connu dans d'autres genres de gravure: le

_grain de résine_. Une fine poudre de résine étalée sur le métal, puis

chauffée pour la rendre adhérente donne, après traitement par les

acides, un relief analogue au trait; cette opération, plusieurs fois

répétée avec des grains de résine agglomérés fins ou desserrés, donne

facilement des gradations successives depuis l'a plat jusqu'aux nuances

les plus fines, et permet de combiner un trait non brisé, comme c'est le

cas en similigravure, avec les demi-teintes de celles-ci, mais non la

reproduction directe de la photographie.

Le grain de résine ne tarda pas à être appliqué aux couleurs d'une façon

analogue à ce qui se pratique en chromolithographie. C'est encore un

chromiste qui, _avec ses yeux_, décompose le sujet en autant de couleurs

qu'il veut ou doit en employer. Seulement là où, en «litho», il faut une

pierre pour chaque ton, plusieurs peuvent être obtenus sur une même

plaque de zinc. Il y a donc une réelle économie, surtout au tirage, et

la possibilité de produire avec une rapidité infiniment plus grande.

Le grand inconvénient de la chromozincogravure est de faire dépendre le

résultat de la façon dont le chromiste comprend, voit les couleurs. On

chercha donc à faire de la chromosimiligravure en décomposant les

couleurs _photomécaniquement_. Ceci est plus compliqué à expliquer

simplement.

Il suffira à nos lecteurs de savoir que par une disposition dans

l'appareil photographique renfermant déjà une trame, on arrive à isoler

chacune des trois couleurs: jaune, rouge et bleu, qui _théoriquement_

représentent toutes les couleurs, les autres étant leurs dérivées, et le

blanc et le noir leur négation.

Cette opération du triage photomécanique des couleurs est délicate, non

moins que les suivantes qui doivent, par la superposition de ces trois

couleurs, rendre l'image complète avec toutes ses nuances. Certaines

couleurs ne peuvent pas être obtenues en même temps que d'autres du même

groupe, par exemple le bleu de cobalt ensemble avec le bleu de Prusse.

Mais, comme il y a, au point de vue exactitude, un immense avantage à

pouvoir se passer du chromiste et que la _Trichromie_, nom donné à ce

procédé, donne en trois tirages, ce qui, en chromolitho, en exige

souvent douze, quinze et au delà, tous les photograveurs en ont essayé

et... subi de grosses pertes, car si tout cela paraît simple en théorie,

il en est tout autrement dans la pratique, et les difficultés sont

nombreuses.

Lorsqu'il a fallu prévoir la réimpression du =Petit Atlas Dumée=, cette

trichromie tant vantée nous séduisit. Il fut donc résolu, il y a de cela

cinq ans, de faire des essais et de ne s'engager que si ceux-ci

donnaient des résultats satisfaisants. Ils ne le furent pas de suite et

nous pûmes constater qu'en trichromie l'a peu près est plus souvent le

cas que la reproduction fidèle de toutes les nuances.

Notre préoccupation fut dès lors de chercher les causes de cette

différence entre originaux, épreuves et tirage, et si possible d'y

remédier. Après diverses tentatives nous avons enfin obtenu ce que nous

poursuivions: reproduction et tirage conformes aux originaux. Ces essais

avaient duré deux ans!

Notre artiste, M. Bessin, nous a prêté dans ces circonstances difficiles

son concours le plus dévoué, s'appliquant avec nous à la recherche des

moyens de réussite.

De ce qui précède nous avons tiré la conclusion que la Trichromie,

malgré certains avantages, est un procédé compliqué n'ayant qu'une

_apparence_ de simplicité et que l'on n'obtient de bons résultats qu'en

s'entourant de mille précautions. L'économie sur les tirages moins

nombreux, mais plus coûteux que d'autres, à cause de préparatifs plus

minutieux et plus longs, est absorbée par des pertes de temps

considérables.

Notre ferme volonté a été de produire un ouvrage de vulgarisation sur

les Champignons avec des planches d'une ressemblance parfaite, devant

égaler, dépasser si possible, tout ce qui jusqu'ici a été publié sur ce

sujet. C'est vers ce but qu'ont été dirigés tous nos efforts, sans

ménager ni la dépense, ni notre peine.

Mais nous avouons que s'il fallait recommencer, nous choisirions

peut-être un procédé absorbant moins de temps. Le public appréciera si

notre ouvrage répond à ses désirs. C'est pour lui qu'il est fait et son

approbation sera la récompense de nos tribulations.

=PAUL KLINCKSIECK.=

PARTIE I

Explication des Planches

=Oronge vraie.--Amanita Cæsarea.=

Noms populaires: _Amanite des Césars_, _Jazeran_, _Daurade_, _Roumanet_,

_Mujolo_, _Campagnol_, _Ounégal_.

Spores blanches[1].

Ce beau champignon, lorsqu'il est jeune, est complètement renfermé dans

une enveloppe blanche ayant la forme d'un oeuf: puis cette enveloppe (à

laquelle on a donné le nom de _volve_) s'ouvre irrégulièrement, pour

donner passage au champignon qui est alors sphérique. Plus tard son

chapeau s'élargit tout en restant arrondi, régulier, large de 10 à 15

centimètres, et strié sur les bords. Son épiderme est lisse, brillant et

comme satiné, d'un rouge orangé plus ou moins foncé; il se pèle

facilement.

Les feuillets sont inégaux, d'un jaune mat, ainsi que le pied qui est

muni d'un collier de même couleur, et renflé à la base. La volve reste

au pied sous forme d'un large cornet blanc qui l'entoure, tandis que,

dans la Fausse-Oronge, il n'en reste que les débris adhérents au pied.

Chair blanche, jaune sous l'épiderme, à saveur agréable.

Ce champignon, l'un des plus délicats que l'on puisse manger, est commun

dans le Midi, mais assez rare dans le Centre et les environs de Paris.

On le trouve dès la fin de l'été, dans les bois secs et bien exposés.

L'Oronge était très recherchée chez les Romains. Mais c'est surtout

Néron qui a rendu ce champignon célèbre; il l'appelait _mets des dieux_.

Nous rappellerons enfin que l'empereur Claude a été empoisonné par un

plat d'Oronges dans lequel on avait introduit du poison.

[1] Voir pages 140 et suivantes.

[Illustration: Planche 1.

=Bois secs, bien exposés.=--Fin de l'été.

=Oronge vraie.=--Amanita Cæsarea.

--_Comestible excellent._--]

=Fausse Oronge.--Amanita muscaria.=

Noms populaires: _Agaric tue-mouches_, _Faux Jazeran_.

Spores blanches.

Ce champignon a quelque ressemblance avec l'Oronge vraie, mais on l'en

distingue aisément pour peu qu'on y porte attention. Ce dernier

champignon, et comme du reste toutes les amanites, est d'abord

entièrement recouvert par la volve, mais cette dernière reste presque

tout entière sur le chapeau, et lorsque le tue-mouches a atteint son

entier développement, sa surface est parsemée de nombreux flocons

blancs, provenant des déchirures de la volve, alors son chapeau est

arrondi ou un peu aplati, rouge vermillon, carmin ou orangé: il se

décolore parfois jusqu'à devenir jaune pâle ou blanchâtre.

Feuillets toujours blancs inégaux; collier ample blanc de même que le

pied qui est renflé à la base et muni de nombreux bourrelets écailleux

qui sont les débris de la volve.

Chair blanche, jaune seulement sous l'épiderme. Ce champignon atteint

quelquefois de grandes dimensions. On le trouve communément en France

dans les bois un peu frais, et souvent au voisinage des bouleaux, en été

et automne.

Ce champignon est très vénéneux et l'on doit s'abstenir d'en faire

usage, autrement on s'exposerait à des accidents redoutables, mais

cependant rarement mortels. Son nom de _muscaria_ vient de ce qu'il

était employé autrefois pour tuer les mouches.

[Illustration: Planche 2.

=Bois un peu frais.=--Été, automne.

=Fausse Oronge.=--Amanita muscaria.

--_Très vénéneux._--]

=Amanite phalloïde.--Amanita phalloides.=

=Champignon qui tue=.

Spores blanches.

Chapeau arrondi, puis étalé, mais seulement dans un âge avancé, glabre,

lisse sur les bords, un peu luisant, visqueux en temps humide et parfois

recouvert de plaques blanches qui sont les débris de la volve. Il est

généralement vert jaunâtre, parfois vert olive plus ou moins lavé de

gris au centre; on le trouve aussi presque blanc; son diamètre est de 6

à 10 centimètres.

Les feuillets sont nombreux, blancs avec un léger reflet jaunâtre,

inégaux.

Pied blanc ou un peu jaunâtre, muni d'un collier de même couleur, renflé

à la base et garni d'une volve blanche, ample et persistante. Chair

blanche ayant une odeur vireuse, saveur âcre à la fin.

Ce champignon est un des plus _dangereux_, ses effets étant toujours

mortels. Il est d'autant plus à redouter que ce n'est qu'après un temps

relativement long que l'on commence à être incommodé, vingt-quatre

heures parfois après l'ingestion du champignon, alors que les principes

toxiques sont passés dans le sang et qu'aucune médication n'a le pouvoir

d'éliminer le poison. On le trouve très communément dans les bois un peu

frais. On distinguera la variété blanche, des _pratelles_ (Voir pl. 39 à

41), en ce que ces dernières ont des feuillets roses puis bruns, et que,

de plus, elles manquent de volve.

La plupart des accidents mortels causés par des champignons dont parlent

les journaux sont dus à l'_Amanite phalloïde_ ou à ses variétés, ainsi

qu'à l'_Amanite citrine_, dont nous parlerons ci-après.

[Illustration: Planche 3.

=Bois frais.=--Été, automne.

=Amanite phalloïde.=--Amanita phalloides.

--_Vénéneux, mortel._--]

=Amanite citrine.--Amanita citrina.=

=Champignon qui tue.=

Spores blanches.

Chapeau charnu d'abord convexe, puis presque plan, jaune citron ou blanc

jaunâtre, plus rarement un peu verdâtre ou fauve, luisant et

ordinairement marqué par places de plaques ayant assez l'aspect

irrégulier d'une carte géographique; ce qui fait qu'on l'a aussi appelé

_Amanita mappa_. Ces plaques d'un blanc sale proviennent de la volve;

elles sont quelquefois remplacées comme dans la figure ci-contre par de

petits flocons ayant l'aspect de verrues. Diamètre 5 à 8 centimètres.

Feuillets blancs nombreux, un peu dentés sur les bords. Pied blanc, très

fragile, droit cylindrique, finement strié au-dessus du collier, un peu

aminci au sommet et muni à la base d'un gros renflement ou bulbe orné

d'un rebord très apparent. Chair blanche, molle, de saveur désagréable.

Comme le précédent, ce champignon varie beaucoup de couleur. On le

trouve communément du printemps à l'automne dans les bois un peu frais.

Cette espèce, très vénéneuse, est tout aussi dangereuse que la

précédente; il faut éviter de confondre la variété blanche avec les

_pratelles_ (nos pl. 39 à 41), qui, comme nous l'avons dit, ont les

feuillets et les spores d'abord roses, rouges, puis bruns, alors qu'ils

restent toujours blancs dans les Amanites phalloïde et citrine.

[Illustration: Planche 4.

=Bois.=--Printemps, automne.

=Amanite citrine.=--Amanita citrina.

--_Très vénéneux, mortel._--]

=Amanite panthère.--Amanita pantherina.=

Spores blanches.

Ce champignon, connu sous le nom populaire de _Fausse golmotte_, a son

chapeau assez charnu, d'abord arrondi, puis plan, un peu visqueux en

temps humide et strié sur les bords: il est brun-gris ou olivâtre,

couvert de nombreuses verrues d'un blanc sale, provenant de la volve, et

large de 6 à 9 centimètres.

Feuillets blancs assez nombreux arrondis vers la marge et aigus vers le

pied, inégaux. Pied cylindrique blanc, devenant creux à la fin; il est

muni à la base d'un bulbe garni d'un rebord mince. Collier oblique,

blanc, fugace, inséré tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du milieu du

pied; souvent aussi on trouve à la base du pied un ou deux bourrelets

écailleux dont le supérieur peut être regardé comme un deuxième anneau.

Comme degré de toxicité, l'_Amanite panthère_ peut être comparée à

l'_Amanite tue-mouches_: elle peut rendre très malade, mais elle ne tue

pas ou très rarement.

Chair blanche épaisse à odeur un peu vireuse.

On trouve cette amanite en automne dans les bois. Comme elle est _très

vénéneuse_ il faut éviter de la confondre avec l'=Amanita rubescens=

(pl. 6). On l'en distingue facilement, puisque sa chair et ses feuillets

ne prennent en aucun cas la teinte rougeâtre de l'_Amanite rougeâtre_;

la présence du collier et l'absence de la volve permettent de la

distinguer de l'_Amanita vaginata_ (pl. 8).

[Illustration: Planche 5.

=Bois.=--Été, automne.

=Amanite panthère.=--Amanita pantherina.

--_Très vénéneux._--]

=Amanite rougeâtre.--Amanita rubescens.=

Noms vulgaires: _Oronge vineuse_, _Golmotte_.

Spores blanches.

Chapeau d'abord arrondi, puis convexe et enfin plan, rougeâtre ou rouge

sale, plus ou moins pâle. Il est, à sa surface, parsemé de nombreuses

verrues farineuses, grisâtres: son diamètre est ordinairement de 6 à 10

centimètres, quelquefois plus.

Feuillets nombreux, blancs ou légèrement teintés de rougeâtre, mous,

inégaux. Pied droit, ferme, aminci de bas en haut, strié au-dessus du

collier et terminé inférieurement par une sorte de renflement pointu. Le

collier est large, tombant, blanc et strié en dessus, rougeâtre en

dessous. Chair blanche molle, prenant à l'air, lorsqu'on la froisse, une

coloration rose sale; odeur nulle, saveur fade. Cette espèce varie

beaucoup comme intensité de couleur; mais, avec un peu d'attention, on

perçoit toujours un peu cette teinte rougeâtre caractéristique.

Ce champignon, que l'on consomme en grande quantité dans certains

départements, est commun en été et en automne dans les bois un peu

frais.

L'Amanite rougeâtre est susceptible de prendre des aspects assez

différents et de donner lieu à quelques variétés dues à des colorations

autres que celle du type.

[Illustration: Planche 6.

=Bois.=--Été, automne.

=Amanite rougeâtre.=--Amanita rubescens.

--_Comestible._--]

=Amanite printanière.--Amanita verna.=

Nom vulgaire: _Oronge ciguë blanche_.

=Champignon qui tue.=

Spores blanches.

Cette amanite n'est pas, comme son nom l'indique, un champignon

exclusivement printanier; on le rencontre aussi en été, et même en

automne, dans les bois calcaires un peu sablonneux.

C'est, de l'avis des auteurs, l'une des amanites les plus dangereuses

que l'on puisse trouver, d'autant plus que, n'étant pas très répandue

partout, elle est trop peu connue et souvent prise pour une _pratelle_

(nos pl. 39 à 41) au voisinage desquelles on la rencontre et dont elle a

la couleur blanche. Il importe donc de pouvoir l'en distinguer.

L'Amanite printanière a une volve, à l'encontre des pratelles, qui n'en

ont pas; de plus, ses feuillets restent toujours blancs, tandis qu'ils

deviennent promptement roses, puis rouge-brun dans les pratelles. Il

faut donc, quand on récolte un champignon, vérifier ces caractères, et

pour cela, il est de toute nécessité de déterrer complètement le pied de

celui-ci, afin de s'assurer de l'absence ou de la présence d'une volve,

vu que les espèces reconnues mortelles se trouvent exclusivement parmi

les agarics (champignons ayant des lames) pourvus d'une volve. Il en

existe d'autres pouvant amener des troubles digestifs, mais les plus à

craindre sont les amanites. Voir le chapitre «Empoisonnements».

Revenons à l'_Amanite printanière_, dont le chapeau, d'abord convexe,

puis plan, enfin un peu enfoncé au centre, est blanc, légèrement

visqueux et lisse sur les bords. Feuillets toujours blancs, ainsi que le

pied, qui est plus long que le diamètre du chapeau et muni d'un collier

blanc persistant; ce pied est renflé à la base et muni d'une volve bien

apparente.

[Illustration: Planche 7.

=Bois frais.=--Printemps, automne.

=Amanite printanière.=--Amanita verna.

--_Très dangereux! mortel._--]

=Amanite vaginée.--Amanita vaginata.=

Noms vulgaires: _Coucoumelle_, _Grisette_.

Spores blanches.

Cette amanite se distingue des précédentes par un caractère très

important et très facile à constater: elle n'a pas d'anneau; par contre,

sa volve est très développée et d'un blanc très pur. Cette volve enserre

la base du pied du champignon comme une gaine qui, le plus souvent,

reste profondément implantée en terre. Le chapeau de cette espèce est

tantôt blanc, jaune brunâtre, tirant sur l'orangé ou gris souris,

parfois un peu bleuâtre.

A l'origine, le chapeau a la forme d'une cloche; plus tard, il devient

plan; il est longuement strié sur les bords, et parfois couvert de

larges lambeaux, débris de la volve. Diamètre 6 à 8 centimètres.

Feuillets blancs, détachés du pied, inégaux, assez rapprochés. Pied

allongé, assez grêle et fragile, creux, un peu aminci en haut, blanc ou

blanchâtre et couvert de petites lignes de couleur bistrée.

Ce champignon se trouve de préférence dans les terrains sablonneux.

Cette amanite est comestible; dans le Midi, on en fait un fréquent

usage.

Il faut éviter à tout prix, sous peine d'inconvénients graves, de

confondre avec cet innocent champignon, l'Amanite panthère, dont nous

avons parlé page 5.

[Illustration: Planche 8.

=Terrains sablonneux.=--Été, automne.

=Amanite vaginée.=--Amanita vaginata.

--_Comestible._--]

=Lépiote élevée.--Lepiota procera.=

Noms vulgaires: _Couleuvrée_, _Columelle_, _Couamelle_, _Champignon à la

bague_, _Grisotte_, etc.

Spores blanches.

Ce champignon, un des plus grands que nous connaissions et aussi l'un

des plus recherchés, a, lorsqu'il est jeune, l'aspect d'une baguette de

tambour: on dirait une boule à l'extrémité d'un bâton.

Son chapeau est d'abord ovoïde, puis arrondi, et enfin étalé, tout en

conservant au centre une proéminence accentuée. Il est sec, brun-gris,

et, par suite de son développement, son épiderme se déchire en des

sortes d'écailles filamenteuses disposées plus ou moins régulièrement,

plus nombreuses vers le centre et plus rares à la périphérie. Diamètre

10 à 25 centimètres et plus.

Feuillets nombreux blancs, plus larges vers le bord du chapeau, et

laissant autour du pied un espace annulaire très marqué. Pied

cylindrique droit, creux à l'intérieur, bulbeux à la base et couvert,

sur sa surface, de nombreuses petites écailles qui lui donnent un aspect

tigré et chiné. Il peut atteindre 30 centimètres de hauteur et porte sur

son sommet un collier mobile.

Ce champignon, très apprécié comme comestible, pousse en été et en

automne dans les endroits sablonneux, les clairières des bois.

Le =Lepiota rhacodes= (_Lépiote raboteuse_) est également comestible; il

se distingue de l'espèce dont nous venons de parler principalement par

sa chair, qui rougit à l'air lorsqu'on la froisse.

[Illustration: Planche 9.

=Terrains sablonneux.=--Été, automne.

=Lépiote élevée.=--Lepiota procera.

--_Comestible très apprécié._--]

=Lépiote pudique.--Lepiota pudica.=

Nom vulgaire: _Toute blanche_.

Spores blanches.

Champignon arrondi et ne devenant plat que très tard, tout en restant

mamelonné. Surface lisse, douce au toucher, blanche; plus tard, il se

couvre de fines granulations. Diamètre 4 à 6 centimètres.

Feuillets blancs nombreux assez larges, se teintant légèrement de rose

avec l'âge. Pied blanc, mince en haut, fortement bulbeux à la base,

d'abord plein puis creux ou rempli d'une moelle peu consistante; il

porte à son sommet un anneau également blanc et mince. Chair blanche

molle à saveur agréable.

On trouve ce champignon en automne, principalement dans les prés, les

clairières des bois sablonneux et aussi le long des berges des cours

d'eau.

C'est un des champignons les plus savoureux que l'on puisse manger,

malheureusement son apparition est assez irrégulière; abondant certaines

années, il manque presque complètement dans d'autres.

[Illustration: Planche 10.

=Terrains sablonneux.=--Été, automne.

=Lépiote pudique.=--Lepiota pudica.

--_Comestible._--]

=Armillaire couleur de miel.--Armillaria mellea.=

Noms vulgaires: _Tête de Méduse_, _Pivoulade_, _Souquarel_.

Spores blanches.

Ce champignon pousse en grand nombre dans les bois humides sur les

souches pourrissantes ou sur les troncs d'arbres malades.

Son chapeau, d'abord arrondi, devient ensuite plan avec les bords un peu

recourbés et le centre proéminent. Il est généralement jaune brunâtre

plus ou moins foncé, mais il n'est pas rare de lui voir prendre une

teinte verdâtre ou grisâtre, quelquefois même olivacée ou couleur de

rouille; il est ordinairement couvert de petites écailles noirâtres et

parfois visqueux. Son diamètre est de 5 à 10 centimètres.

Les feuillets sont assez nombreux, blanchâtres ou pâles et même un peu

rougeâtres, se prolongeant sur le pied et aigus vers la marge du

chapeau; ils répandent en grande quantité des spores blanches. Le pied

est très long par rapport au chapeau, il peut avoir de 12 à 15

centimètres; il est ferme, élastique, souvent courbé, à peu près égal,

un peu roux surtout dans le bas et muni vers le haut d'un large collier

ascendant. Chair blanche peu épaisse, odeur nulle, saveur un peu âcre.

Ce champignon fait un grand tort aux arbres forestiers par son mycélium

qui forme des cordons noirs, appelés autrefois _Rhizomorphes_, et

s'étendant très longuement sous l'écorce. Bien que comestible, cette

espèce n'est pas très recherchée en France; elle a une saveur âcre et

désagréable qui disparaît du reste par la cuisson.

[Illustration: Planche 11.

=Troncs pourrissants.=--Été, automne.

=Armillaire couleur de miel.=--Armillaria mellea.

--_Comestible, peu délicat._--]

=Tricholome de la Saint-Georges.--Tricholoma Georgii.=

Spores blanches.

Ce champignon, qui est plus connu sous le nom de _Mousseron de la

Saint-Georges_ (il apparaît en avril vers la Saint-Georges), est trapu,

arrondi un peu irrégulier.

Le chapeau a les bords légèrement repliés en dessous; il est doux au

toucher, plutôt frais que sec, blanc sale ou jaune-roussâtre pâle tirant

sur le chamois; diamètre 4 à 6 centimètres et plus. Il ne se pèle pas.

Feuillets toujours blancs, très nombreux et très étroits, ils ont entre

eux de nombreuses adhérences, ce qui les fait paraître bifurqués. Pied

ferme, robuste, un peu courbé à la base, s'écaillant facilement, blanc

ou blanc crème et parfois un peu renflé à la base.

Chair blanche, compacte, épaisse, se continuant avec celle du pied;

odeur de farine assez pénétrante, mais agréable.

Sous les noms de =Tricholoma gambosum= et de =Tricholoma albellum=, la

plupart des auteurs décrivent deux autres champignons portant le nom

vulgaire de _mousseron_, et qui paraissent être de simples variétés de

celui dont nous venons de parler: même couleur, même port, même odeur,

même époque d'apparition.

On trouve ces champignons au printemps et parfois aussi à l'automne dans

les prés, le long des chemins verts, dans les clairières des bois, où

ils forment souvent des cercles de sorcières. Voir, pour cette

expression, le chapitre II.

[Illustration: Planche 12.

=Chemins verts, haies.=--Printemps.

=Tricholome de la Saint-Georges.=--Tricholoma Georgii.

--_Comestible excellent._--]

=Tricholome nu.--Tricholoma nudum.=

Nom vulgaire: _Pied bleu_.

Spores blanches.

Champignon d'un violet plus ou moins roux. Chapeau d'abord arrondi puis

convexe et enfin plan, doux au toucher; marge d'abord repliée en

dessous, puis plus ou moins relevée, mince. Diamètre 4 à 8 centimètres.

Feuillets nombreux inégaux, minces, aigus vers la marge et de la couleur

du chapeau, mais conservant plus longtemps leur belle couleur violette.

Pied plein, ferme, droit, régulier, un peu renflé à la base, de la

couleur du chapeau, mais plus pâle et légèrement farineux au sommet.

Lorsque ce champignon pousse dans les bois de conifères, il arrive

souvent que son pied est revêtu à la base d'une sorte de coton bleuâtre

qui englobe les aiguilles qui jonchent le sol.

Chair peu épaisse d'un blanc violacé, ayant une faible odeur et une

saveur un peu acidulée.

Ce champignon, qui est très délicat, pousse en été, automne et hiver,

surtout dans les bois de sapins.

On peut rapprocher de ce champignon les =Tricholoma personatum,

sordidum= et =sævum= qui sont également de couleur violette et

comestibles.

[Illustration: Planche 13.

=Bois, surtout de conifères.=--Été, automne.

=Tricholome nu.=--Tricholoma nudum.

--_Comestible._--]

=Tricholome ruiné.--Tricholoma pessundatum.=

Spores blanches.

Chapeau charnu, compact, très ferme, d'abord arrondi puis convexe et

plan, à bords relevés irrégulièrement, brun-rouge ou roux pâle, plus

clair à la circonférence, finement tacheté, visqueux en temps humide.

Feuillets nombreux, étroits, d'un blanc sale, souvent tachés de roux.

Pied épais, souvent très court (notre planche le montre sorti de terre),

ferme, irrégulier, un peu écailleux, renflé à la base, surtout lorsque

le champignon est jeune, blanc ou blanc roussâtre.

Chair blanche, se teintant de roux, odeur de farine, saveur douce.

On trouve ce champignon, en automne, surtout au voisinage des peupliers

languissants, dont il paraît suivre le trajet des racines, où parfois il

se presse en si grand nombre qu'il en est complètement déformé. Ce

champignon, quoiqu'un peu coriace, est très bon à manger et mériterait

d'être plus connu. Vient tard en saison.

Lorsqu'on a la chance de tomber sur une localité riche, il est

préférable de recueillir seulement les chapeaux, car le pied est

filandreux, coriace.

[Illustration: Planche 14.

=Voisinage des peupliers.=--Automne.

=Tricholome ruiné.=--Tricholoma pessundatum.

--_Comestible._--]

=Tricholome équestre.--Tricholoma equestre.=

Nom vulgaire: _Chevalier_.

Spores blanches.

Champignon trapu, ferme, à chapeau convexe, puis plan, irrégulier, à

bords amincis, flexueux, relevés à la fin. Le chapeau est jaune, un peu

verdâtre, couvert sur le milieu de nombreuses écailles couleur de

rouille qui lui donnent une teinte rousse. Il est un peu visqueux en

temps humide et large de 8 à 12 centimètres.

Feuillets jaune soufre vif, nombreux, presque détachés du pied et aigus

vers la marge du chapeau.

Pied épais, plein, moins long que le diamètre du chapeau dont il a la

couleur jaune mais un peu plus pâle. Chair blanchâtre, mince sur les

bords, odeur nulle, saveur fade.

Se trouve en automne surtout dans les bois de conifères. Afin de faire

ressortir les caractères du _Tricholome équestre_, nous l'avons fait

représenter complètement débarrassé des multiples débris qui jonchent le

sol: il ne faudra donc pas s'étonner de le trouver souvent quelque peu

tapi sur terre.

Comestible assez recherché.

[Illustration: Planche 15.

=Bois, surtout de conifères.=--Automne.

=Tricholome équestre.=--Tricholoma equestre.

--_Comestible._--]

=Tricholome terreux.--Tricholoma terreum.=

Spores blanches.

Chapeau peu charnu, d'abord conique, puis en cloche et enfin étalé, mais

conservant au centre une sorte de mamelon; il est grisâtre plus ou moins

foncé, et couvert de petites écailles floconneuses de la même couleur,

fragile, irrégulier; diamètre 3 à 6 centimètres.

Feuillets peu nombreux, d'abord blancs puis un peu cendrés, crénelés sur

la tranche. Pied blanc ou blanc grisâtre, fragile, fibreux, à peu près

égal et plein. Chair grise, molle, d'odeur peu agréable, saveur douce.

Ce champignon, qui pousse en abondance en été, automne, surtout dans les

bois de pins, est comestible, mais peu recherché; il est très fragile

dans toutes ses parties, et très fréquemment piqué des vers.

Il varie beaucoup comme intensité de couleur, et plusieurs espèces

voisines pourraient très bien n'en être que des variétés.

Il y a des années où ce champignon est si abondant, qu'on ne peut faire

un pas dans les bois où il pousse, sans en écraser plusieurs.

[Illustration: Planche 16.

=Bois résineux.=--Été, automne.

=Tricholome terreux.=--Tricholoma terreum.

--_Comestible._--]

=Tricholome russule.--Tricholoma russula.=

Spores blanches.

Chapeau charnu, ferme, d'abord arrondi, puis plan et même un peu

déprimé, bords repliés en dessous; il est blanc rosé ou rouge carmin,

inégal dans sa coloration, un peu visqueux en temps humide; diamètre 6 à

10 centimètres.

Feuillets peu nombreux, inégaux, épais, blancs rougeâtres ou se tachant

de rouge quand on les froisse. Pied blanc un peu rosé, écailleux en

haut, épais, à peine aussi long que le diamètre du chapeau.

Chair ferme blanche ou rosée, à saveur agréable, odeur peu prononcée.

On peut recommander l'usage de ce champignon que l'on trouve en automne

dans les taillis de chênes où il forme souvent des traînées de nombreux

individus plus ou moins dissimulés sous les feuilles. Il faut éviter de

confondre ce champignon avec certaines russules, notamment la _Russule

émétique_ (pl. 22), mais cette dernière a la chair très âcre. Dans notre

espèce, la coloration du champignon est inégale et souvent comme

tachetée, tandis qu'elle est uniforme et plus intense dans les russules;

de plus, ces dernières ont généralement des feuillets égaux.

On trouve quelquefois le _Tricholome russule_ d'une teinte plus claire,

et comme maculé de rose sur blanc, mais les spécimens fournis à notre

dessinateur étaient fortement colorés, et la reproduction en a encore un

peu accentué la teinte.

[Illustration: Planche 17.

=Taillis de chênes.=--Été, automne.

=Tricholome russule.=--Tricholoma russula.

--_Comestible excellent._--]

=Collybie à pied en fuseau.--Collybia fusipes.=

Spores blanches.

Ce champignon vient en touffes de 6 à 10 individus, quelquefois plus, au

pied des chênes ou au voisinage des souches; de là son nom populaire de

_Chênier_. Son chapeau, large de 3 à 6 centimètres, parfois davantage,

est de couleur brunâtre, un peu plus clair sur les bords; on le trouve

plus rarement jaunâtre bistre. Il est assez irrégulier dans son ensemble

et sa surface est un peu bosselée avec le centre mamelonné.

Feuillets peu serrés, d'une teinte variant du blanc au brun-clair,

ventrus et recouverts à la maturité de spores blanches.

Le pied est plus long que le diamètre du chapeau et d'une couleur plus

intense à la partie inférieure, qui se termine en une sorte de racine en

forme de fuseau noir, de plus il est sillonné, tordu dans sa longueur.

Chair blanchâtre, sans odeur, de saveur agréable.

Ce champignon varie beaucoup et comme taille et comme couleur. La

variété _oedematopus_ (pied gonflé) est remarquable par son pied

démesurément renflé au milieu.

Ce champignon est assez commun en été et en automne, dans les forêts de

chênes. Pour le consommer, on doit le choisir peu avancé, sans quoi il

est coriace et de digestion peu facile; le pied doit être rejeté comme

trop filandreux.

[Illustration: Planche 18.

=Au pied des chênes.=--Été, automne.

=Collybie à pied en fuseau.=--Collybia fusipes.

--_Comestible, sauf le pied._--]

=Clitocybe nébuleux.--Clitocybe nebularis.=

Spores blanches.

Chapeau convexe puis plan, ayant souvent le centre proéminent, mince sur

les bords qui sont recourbés en dessous; il varie du brunâtre au gris

cendré et devient quelquefois très pâle ou même presque blanc; diamètre

8 à 12 centimètres.

Feuillets blancs ou blanchâtres, serrés, aigus aux extrémités, courbés,

descendant sur le pied.

Pied robuste, droit comme un fût de colonne, blanchâtre, plein et

renflé à la base qui est cotonneuse; sa longueur est très variable: 4 à

8 centimètres.

Chair blanche, fine ayant une légère odeur de farine.

Se trouve, en automne, sous les futaies, parmi les feuilles tombées, où

il forme souvent des cercles de grande dimension où l'on compte jusqu'à

cent individus.

Ce champignon, quoi qu'on en puisse penser, est parfaitement comestible,

je dirai même par expérience qu'il est d'un goût agréable. Il a de plus

le mérite d'être facile à récolter et d'être rarement piqué par les

vers. Son port caractéristique permet de le reconnaître aisément.

[Illustration: Planche 19.

=Sous les futaies.=--Été, automne.

=Clitocybe nébuleux.=--Clitocybe nebularis.

--_Comestible._--]

=Clitocybe laqué.--Clitocybe laccata.=

Spores blanches.

Voilà un champignon qui est un véritable protée, non seulement par ses

couleurs changeantes, mais aussi par sa forme excessivement variable. Il

n'est bien caractérisé que dans sa jeunesse; son chapeau est alors assez

mince, hémisphérique, régulier, un peu déprimé au centre, large de 2 à 5

centimètres. Plus tard il devient irrégulier et les bords sont sinués,

découpés ou échancrés. Il est incarnat, violet, lilas, roussâtre ou

couleur de rouille, et finement farineux-écailleux à sa surface.

Feuillets peu nombreux, épais, veineux surtout dans la vieillesse et

d'un violet plus ou moins foncé, devenant pâles par les spores blanches

qui les recouvrent.

Pied allongé, flexueux irrégulier, fibreux, de la couleur du chapeau,

mais plus pâle et couvert dans le bas d'un coton blanc ou violacé.

Chair très mince, violacée, d'odeur agréable.

Ce champignon que l'on trouve très communément, en été et en automne,

dans tous les bois un peu frais, entre la mousse et l'herbe, est

comestible, mais peu recherché en raison de sa petite taille. On peut le

reconnaître aisément, malgré son aspect changeant.

[Illustration: Planche 20.

=Dans tous les bois.=--Été, automne.

=Clitocybe laqué.=--Clitocybe laccata.

--_Comestible._--]

=Hygrophore olivacé-blanc.--Hygrophorus olivaceo-albus.=

Spores blanches.

Chapeau charnu, d'abord un peu conique ou irrégulièrement arrondi, bords

repliés en dessous, puis plus ou moins relevés. En temps humide il est

recouvert d'un enduit glutineux qui réunit dans la jeunesse le bord du

chapeau au pied. Le chapeau devient ensuite convexe, puis plan et enfin

un peu concave, mais, même à cet état, on constate presque toujours un

petit mamelon entouré d'une dépression bien nette. Il est lisse, brun

gris ou brun olive un peu jaunâtre à la circonférence et recouvert d'une

glutinosité pâle surtout abondante en temps humide. Diamètre 5 à 10

centimètres.

Feuillets nombreux, minces, descendant à peine sur le pied, blancs puis

un peu jaunâtres. Pied plein, un peu épaissi à la base, lisse au sommet,

écailleux, visqueux partout ailleurs.

Chair blanche, odeur nulle, saveur douce. Se trouve en été-automne,

surtout dans les sapinières. Il est très agréable à manger, surtout

sauté au beurre; rarement il est piqué aux vers.

[Illustration: Planche 21.

=Bois résineux.=--Été, automne.

=Hygrophore olivacé-blanc.=--Hygrophorus olivaceo-albus.

--_Comestible._--]

=Russule émétique.--Russula emetica.=

Spores blanches.

Champignon de taille moyenne, arrondi puis plan et même un peu concave,

lisse, rose, puis rouge vif ou rouge cerise; quelquefois il devient

jaunâtre ou blanchâtre, surtout au centre. La marge est sillonnée,

tuberculeuse chez l'adulte et l'épiderme s'enlève facilement; diamètre 8

à 10 centimètres.

Feuillets d'un blanc pur, peu serrés, presque égaux, plus larges au

sommet qu'à la base.

Pied cylindrique blanc ou légèrement rosé, long de 4 à 5 centimètres,

spongieux, fragile, un peu aminci à la base.

Chair blanche, rouge ou rougeâtre sous l'épiderme, et de saveur très

âcre.

Ce champignon est _vénéneux_; il pousse en été-automne, dans les bois.

On le reconnaîtra à sa marge tuberculeuse et son âcreté. Quant à sa

couleur elle est très variable, et l'on trouve parfois des individus

complètement blancs.

Les russules ressemblent aux lactaires, mais n'ont point de lait; il

faut, pour les distinguer, les goûter à l'état cru, rejeter celles qui

sont âcres et ne consommer que celles d'une saveur agréable.

[Illustration: Planche 22.

=Bois.=--Été, automne.

=Russule émétique.=--Russula emetica.

--_Vénéneux, très poivré._--]

=Chanterelle comestible.--Cantharellus cibarius.=

Noms vulgaires: _Gyrole_, _Jaunette_, _Girondelle_, _Chevrotte_, etc.

Spores blanches.

Chapeau d'abord convexe, puis plan, et enfin un peu creusé en entonnoir,

à bords minces, ondulés, enroulés; couleur jaune d'oeuf plus ou moins

foncée; souvent très décoloré dans les sujets âgés.

Feuillets épais, bifurques, en réseau, peu nombreux, descendant

longuement sur le pied.

Pied plein, épais, s'amincissant de haut en bas et souvent courbé à la

base; de la couleur du chapeau ainsi que les feuillets, mais de teinte

plus claire.

Chair blanche, un peu fibreuse; odeur agréable, saveur douce un peu

poivrée. Est rarement attaquée par les vers.

Très commun dans les bois frais, de l'été à l'automne, où il pousse

souvent en troupes nombreuses.

Le =Cantharellus aurantiacus= ou _Chanterelle orangée_ est une espèce

voisine, mais plus grêle, et de coloration plus vive que celle dont nous

venons de parler; les feuillets sont plus colorés que le chapeau,

serrés, minces et descendant sur le pied.

Chair jaune, molle; pied cylindrique mince.

Odeur et saveur peu prononcées.

Pousse en automne, surtout sous les sapins et les pins.

Ce champignon est considéré comme suspect et même dangereux, mais à

tort, pensons-nous, car nous l'avons consommé bien des fois et trouvé

beaucoup plus agréable que la Chanterelle ordinaire.

[Illustration: Planche 23.

=Bois un peu frais.=--Été, automne.

=Chanterelle comestible.=--Cantharellus cibarius.

--_Comestible._--]

=Lactaire délicieux.--Lactarius deliciosus.=

Noms vulgaires: _Rouzillon_, _Vache rouge_, _Briqueté_.

Spores blanches.

Chapeau orangé, rouge brique ou jaunâtre, marqué de cercles plus foncés

en couleur; d'abord convexe, puis plan et déprimé au centre, à bords

minces, un peu repliés en dessous. A l'état adulte, il pâlit et se

teinte plus ou moins de vert-de-gris. Diamètre 7 à 12 centimètres.

Feuillets nombreux assez épais, souvent fourchus à la base, orangés et

se colorant en vert lorsqu'ils sont froissés. Lait rouge-orangé,

verdissant.

Pied ferme, épais, s'amincissant de haut en bas, d'abord plein, puis

creux et fragile; il est de la couleur du chapeau, mais plus pâle et

marqué de taches ovales déprimées, plus foncées.

Chair compacte, cassante, puis molle, jaunâtre rougissant à l'air. Odeur

agréable.

Pousse en été-automne sous les conifères.

Le =Lactarius sanguifluus=, qui est spécial au Midi, pousse également

sous les mêmes arbres.

Le chapeau est rouge sans zones, le lait rouge-carminé foncé; également

comestible.

Ne pas confondre le =Lactarius deliciosus= avec le =Lactarius torminosus=

(pl. 27), auquel il ressemble un peu, mais dont le lait est blanc.

[Illustration: Planche 24.

=Sous les sapins.=--Été, automne.

=Lactaire délicieux.=--Lactarius deliciosus.

--_Comestible._--]

=Lactaire poivré.--Lactarius piperatus.=

Noms vulgaires: _Vache blanche_, _Eauburon_, _Chavane_.

Spores blanches.

Chapeau charnu, pesant, ferme, concave de bonne heure, blanc ou blanc

jaunâtre, à bords repliés en dessous, lisse ou rugueux, non zoné, large

de 10 à 20 centimètres.

Feuillets blancs ou blanchâtres, très nombreux, minces, descendant sur

le pied, souvent fourchus à la base et aigus aux deux extrémités; ils

laissent écouler, ainsi que la chair, lorsqu'on les brise, un lait

blanc, âcre.

Pied cylindrique, gros, court comparativement au chapeau, blanc et

plein.

Chair épaisse, ferme, blanche, très poivrée et sans odeur.

Se trouve en été-automne, dans les bois, le long des chemins verts.

Comme l'âcreté de ce champignon disparaît à la cuisson, on en fait usage

dans quelques contrées; mais c'est un aliment peu agréable.

On trouve souvent dans les bois un champignon qui ressemble beaucoup au

=Lactarius piperatus=, et qui n'en diffère que par ses feuillets qui

deviennent sensiblement jaunes en vieillissant. Ou lui a donné le nom de

=Lactarius pargamenus=.

[Illustration: Planche 25.

=Bois, chemins verts.=--Été, automne.

Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série I (Troisième édition) Suivi de notions générales sur les champignons, leur classification, composition chimique, valeur alimentaire, préparation · 第 1 / 10 段