Ses compositions restent donc la moins louable partie de son œuvre.

Délassements ou désirs d’imiter Rubens, Delacroix, les grands lamas de

la composition historique,--ou même le Giorgione (Giorgione: le _Concert

champêtre_; Cézanne: _Scène de plein air_), il y a là un effort qui ne

se peut comparer à la magnifique réussite que Cézanne atteindra dans ces

genres si divers et si également élevés: Le paysage, la nature morte, la

Figure et le Portrait.

D’ailleurs, lui-même s’en rendra si bien compte que ses vingt dernières

années, il les consacrera uniquement aux quatre genres qui établissent

aujourd’hui sa très complète originalité.

[Illustration: PHOTO DRUET

PORTRAIT

(_Collection Auguste Pellerin_)]

XIII

SES FIGURES

Cézanne fut, à coup sûr, clairvoyant, en dessinant un grand nombre de

figures à l’Académie Suisse. Car, plus tard, devenu aussi misogyne que

misanthrope, il n’aura aucun goût à faire poser devant lui un modèle

masculin ou féminin. Et, enfin, comme je l’ai déjà noté, ce n’est pas

lorsqu’il sera retiré définitivement à Aix qu’il pourra appeler dans son

atelier un modèle féminin, ce modèle fut-il venu de Marseille.

L’hypocrite pudibonderie de l’honnête ville se fût certainement

révoltée; et enfin Cézanne lui-même en était arrivé à ne plus pouvoir

contempler pendant des heures le charmant animal appelé femme, et qu’il

appelait, lui, un _veau_.

Pour les modèles masculins, les soldats de la garnison d’Aix qui se

baignaient fréquemment dans la rivière l’Arc, dès les premiers beaux

jours, étaient de suffisantes «indications». Enfin, avec quelques

gravures, en reprenant, en changeant des mouvements choisis par d’autres

peintres, il pouvait s’en tirer, comme il disait, et peindre petites et

grandes toiles de _Baigneurs_ et de _Baigneuses_.

Ces toiles-là abondent dans son œuvre. Elles sont presque toutes

rares parmi les plus rares. Jamais des nus ne furent plus miraculeux

dans des paysages plus accordés. Je ne veux pas parler de rythme, de

«balancement», d’équilibre, etc.; je ne veux pas employer un argot de

peintre; je ne veux certes pas commenter ce qui se sent, ce qui ne

s’explique pas; mais, toutefois, s’il vous est donné quelquefois de

revoir des _Baigneurs_ ou des _Baigneuses_ de Cézanne, croyez que vous

avez là devant vous des tableaux que vous n’oublierez plus jamais, qui

vous hanteront si vous êtes capable de sentir la Peinture.

Sans doute, cette singulière, cette exceptionnelle originalité aura

dérouté longtemps. Renoir, lui, eût moins de peine à imposer son éternel

modèle, toujours le même, et qui, dans la fertile imagination de ce

peintre, se tient tantôt debout, tantôt couché ou encore assis. Je

conviens que Cézanne est plus rébarbatif, plus dur à comprendre.

Parbleu! chaque fois il vous entraîne vers des abîmes de rêverie. Et,

enfin, il déforme, comme on dit, intentionnellement? Non pas, je le

répète. Ce sont ses disciples, ses plagiaires qui racontent qu’il

déforme. Ses déformations, que des cuistres voient si bien, eux qui ne

sont pas peintres, ce sont des gestes, des attitudes, des contours

_vrais_ pour Cézanne. Il ne voyait pas autrement. Il justifiait le mot

de son ancien camarade Zola: «Quand on a la gloire d’apporter quelque

chose, cela déforme ce que l’on apprend!» Ensuite, la couleur faisait le

reste. Elle accentuait, elle aggravait les formes qui choquent tant les

esprits bâtés. Et cela fait, qu’on le voulût ou non, c’était Cézanne

qui avait peint un magnifique tableau; il ne demandait plus que de le

_sentir_, sinon de le comprendre.

Ah! les délicieux peintres qui ne dérangent pas les idées reçues!

Avec Cézanne, il n’en va pas de même. Comme tous ses paysages, chaque

figure constitue un nouveau tableau, qui n’a vraiment pas son pareil. Je

ne pense pas, en effet, que l’on puisse comparer _l’Arlequin_ à la

_Femme au chapelet_, et les _Joueurs de Cartes_ aux _Baigneuses_. Donc,

si l’on possède une figure peinte par Cézanne, et si vraiment on

l’admire, on a bientôt le désir féroce de posséder le plus tôt possible

d’autres figures de ce peintre. Il est celui-là éternellement convoité.

Le connaître un peu, c’est vouloir entrer toujours plus avant dans son

œuvre; et, à chaque pas, ce sont de nouvelles surprises, de nouveaux

étonnements, de nouvelles sources de joie. Toutes les plus brillantes

qualités se sont rencontrées dans ses figures. Elles sont puissantes,

gracieuses, étranges et toujours inédites. Restons en contemplation

devant elles, elles nous diront très vite pourquoi elles sont

extrêmement originales. Oui, je sais, les amateurs sont habitués à une

joliesse maniérée, à un poncif qui date de plusieurs siècles; les Musées

les éduquent de travers; la _Source_, de M. Ingres, voilà le sommet de

l’Art! et c’est pourquoi ils trouvent laides les figures de Corot,

laides les figures de Delacroix; et pourquoi, au Musée du Louvre, ils

acceptent qu’on place les Primitifs dans un couloir!

Pourtant, en regardant les figures de Cézanne, quel entraînement de

pensées!

Depuis les frères Le Nain, quel peintre a représenté des paysans plus

vrais, plus émouvants que les _Joueurs de cartes!_ Tout ici est du

premier ordre: les visages comme les vêtements, les fonds comme les

accessoires. Il est impossible d’être plus haut. C’est la vie même, sans

emphase, sans accent théâtral. Et ce n’est pas réaliste; car tout est

surhaussé par le dessin, par la couleur. Sans détails, d’une exécution

large et volontaire, ces _Joueurs de cartes_ (ceux par exemple de la

collection Auguste Pellerin) égalent la plus belle œuvre qui soit au

Monde! C’est un émouvant hommage à ceux de la glèbe, qui gardent tout en

jouant aux cartes--un jeu pour roi fou!--la gravité de ceux qui

labourent, qui moissonnent en silence, en peinant, en suant tant qu’ils

peuvent, tandis que pour eux les oiseaux chantent, concert du ciel

accordé à ces taciturnes, dont la langue ne se délie que sous les

rasades du vin!

[Illustration: LA VIEILLE FEMME AU CHAPELET

PHOTO DRUET]

Par ses _Baigneurs_ et ses _Baigneuses_, Cézanne a créé aussi

d’exceptionnels Edens, où les arbres croissent en frondaisons épaisses,

où les corps en liberté se délassent dans de rares accords de gestes et

de poses. Et c’est là une autre remarquable partie de l’œuvre de

Cézanne. Cherchez bien: il n’y a, dans toute la Peinture française, que

Delacroix qui ait une originalité de formes et de couleur aussi

vivante, aussi personnelle, aussi frénétique. Tout ici a été inventé par

Cézanne. Il a été quelquefois «enfantin», a noté Mirbeau lui-même! Soit!

il ne pouvait en être autrement. Aucune règle, aucune tradition, aucune

béquille d’aucune sorte pour soutenir Cézanne. C’est un homme qui ose

tout, sans cesse; qui se trompe, parfois, peut-être! mais qui marque

toujours chacune de ses figures d’un accent impérissable. Et toujours

ses figures sont à lui, bien à lui, entièrement à lui. Voyez, au

contraire, les manifestations du poncif chez Degas, chez Manet, chez

Fantin-Latour, chez Puvis de Chavannes, etc., etc. Ses figures, surtout,

n’ont point cet air avantageux et glorieux exprimé par tant de peintres

dans des décors purement de convention. Elles participent de la vie

humble et sans gloire des choses naturelles. Elles sont calmes,

silencieuses, et ne comptent ni plus ni moins que les arbres du champ,

que les déclivités du sol. Elles s’équilibrent toutefois,

harmonieusement, avec tout ce qui vit autour d’elles. Voilà la source de

leur beauté et de leur bonheur.

S’il s’agit d’une figure seule, cette figure prend allure d’un être

synthétique. Elle prend forme d’élément, au même titre que l’air, l’eau,

le feu. Elle est l’élément humain parmi les autres éléments. Donc, que

l’on ne s’attende pas à une pose et à un geste photographiques. Pas

davantage ne sera exprimé un parfait modèle anatomique. Ce sera l’homme

représenté en dehors de tout modèle convenu. Ni héros grec ni pauvre

hère creusé par la misère. Un homme moyen, voilà tout, qui ne sera que

la vie pensante du paysage. Il sera nu et Cézanne l’appellera

_Baigneur_, pour expliquer sa nudité devant la mer ou sous des arbres

dressés en colonnes de temple. Pas d’anecdote; et petits ou grands

tableaux n’affirmeront rien que ceci: peindre des nus dans de

merveilleux paysages qui se feront tendres, délicats et nuancés, pour

servir de fonds à des corps également fragiles et amoureusement peints.

Et quelle simplicité de sujets! Comme ils seraient vite insupportables

entre les mains d’un autre! Si l’on ne demande pas à Cézanne d’être un

grand peintre d’histoire, à la manière de Véronèse ou de Delacroix; si,

simplement, on ne s’attarde qu’aux spectacles qu’il nous montre, sans

chercher plus qu’il nous offre, on est bien contraint de convenir que

dans les sujets qui ont été les siens, il est allé jusqu’au fond de

l’expression et du caractère; on est forcé d’avouer qu’il a dégagé de

choses humbles, terrestres, strictement humaines, des accents

jusqu’alors inouïs, tout à fait inédits; et cela, tout cela vaut bien

que l’on réserve dans l’histoire de la Peinture française une large

place à Cézanne, une place entre Delacroix (ce grand tourmenté, qui a

préféré, lui aussi l’expression aux règles figées de l’Académisme) et

Gustave Courbet, qui, lui, tenant du Réalisme, n’en a pas moins gardé

un persistant amour du Romantisme et un métier encore tout nourri de ce

que l’on appelait alors, si puérilement, les «meilleures façons de

peindre.»

XIV

SES PORTRAITS

Les gens exigeants qui demandent à un peintre de peindre l’âme de son

modèle, ont tout lieu d’être satisfaits des portraits peints par

Cézanne; car si jamais un peintre entreprit de débusquer derrière les

yeux d’un individu ses excellentes ou médiocres pensées, ce fut bien

Cézanne. Nul comme lui ne fora dans la bouffissure ou dans la carcasse

d’un visage. Cent séances ce n’était pas de trop pour arriver à exprimer

tous les stigmates qu’une peu secourable existence inflige à chacun de

nous. Aussi, nous sommes encore ici très loin des solennels et

traditionnels portraits des dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième

siècles, époques qui devaient garantir aux portraiturés de la noblesse,

de l’élégance, du style, enfin, pour tout dire; même si la vulgarité se

caractérisait incontestablement dans tous les plans du visage.

Le grand nombre de séances nécessaires à Cézanne pour peindre un

portrait, limita naturellement le nombre et le choix de ses modèles.

C’est pourquoi il peignit si souvent son propre portrait, celui de sa

femme et les visages des humbles, des fermiers ou des vieilles femmes

qui étaient à son service.

Alors, il pouvait être exigeant--et faire de chaque séance de pose une

manière de supplice, dont le renouvellement, chaque jour suivant

impérieusement le précédent, devait vous consterner d’épouvante.

[Illustration: PORTRAIT DE MADAME CÉZANNE

PHOTO DRUET]

M. Vollard raconte dans son livre si varié comment il posa, lui, plus

d’une centaine de séances. Ce chapitre entier consacré à l’histoire de

son portrait est singulièrement vivant; et il éclaire d’une façon sans

pareille le genre de vie de Cézanne, ses exigences, ses colères; tout

ce qu’il était en un mot et comment il se comportait pendant tout le

temps qu’il «piochait» un portrait. Il fallait être quasi muet, ne

jamais le contrarier, approuver tous ses propos, ne pas hasarder surtout

une opinion qui, bénigne en soi, devenait tout à coup orageuse dès

qu’elle passait à travers le cerveau de Cézanne. M. Gustave Geffroy--il

lui consacra plus de quatre-vingts séances--l’agaça fortement en lui

parlant toujours de son protecteur, M. Georges Clemenceau, duquel il

attendait sa nomination au poste d’administrateur de la Manufacture des

Gobelins. Cézanne lâcha un beau jour le portrait, et ne le termina

point. C’est cet unique portrait qui figure aujourd’hui dans la

collection Pellerin, et dont M. Geffroy se sépara pour une somme

alléchante--se «vendant ainsi lui-même!», selon le mot de M. Ingres.

M. Choquet qui mourut laissant dans sa collection plus de trente

tableaux de Cézanne, fut, à coup sûr, un modèle plus accompli pour

Cézanne; car il existe de ce clairvoyant amateur plusieurs portraits dus

au maître d’Aix.

Mme Cézanne posa, ai-je dit, maintes fois. Le choix est malaisé entre

toutes ces effigies. Elles sont toutes singulièrement originales et

attirantes. Si jamais l’âme a été peinte, je le répète, ce fut

assurément toutes ces fois-là. Il est probable que, durant la pose,

Mme Cézanne ne bronchait pas, ne se permettait aucune réflexion,

restait sage et inerte, répondait en un mot à toutes les exigences que

Cézanne réclamait implacablement. Aussi, considérez attentivement tous

ces portraits; et demandez-vous s’ils ne sont pas autrement vivants,

autrement éloquents, autrement originaux que les portraits de M. Ingres,

à coup sûr «contournés» par une science têtue, mais terriblement pareils

les uns aux autres, Cézanne s’appuyant sur la vie et M. Ingres sur les

Musées.

Certes, des gaucheries, des maladresses se révèlent encore parfois, ou

du moins ce que nous, très compétents, assurément, nous appelons ainsi.

Nous voulons toujours que les portraiturés soient de nobles hommes, de

divines femmes. _L’Apollon du Belvédère_ ou la _Vénus de Milo_, pas de

milieu. Mais nous n’avons donc jamais regardé notre prochain, dont le

visage est presque toujours apparenté à celui d’un animal inférieur?

Nous n’avons donc jamais remarqué les déformations, les stigmates, les

hideurs dont nous écrase la vie? Y a-t-il tant que cela «deux yeux

pareils», des oreilles «délicatement ourlées» et des bouches

«voluptueusement dessinées»? Mais voyez combien il y a peu de gens que

vous embrasseriez sans vous cuirasser d’héroïsme, sans excuse de

parenté! Or, chez M. Ingres, qui travaillait dans le poncif, tous les

visages sont aimables, plaisants, sinon attirants.

Evidemment, je ne vois pas Cézanne peintre de portraits mondains. On ne

sort pas «beau» de ses mains. C’est un terrible juge d’instruction qui

ne redoute pas de vous déplaire et même de vous décourager. Il a peint

des visages comme des pommes, sans plus de flatterie. Mieux même: pour

exprimer tout le caractère, il a exagéré des tares, inventorié toutes

les rides, tous les plis; et l’on n’était jamais quitte avec lui, ce

qu’il n’avait pas trouvé aujourd’hui, il le trouvait le lendemain; et

consciencieusement il notait toutes ses trouvailles, s’encolérant

seulement quand il ne trouvait rien, et qu’il _partait_ pour un portrait

faible et vain. Alors, bientôt il lâchait tout et crevait sa toile.

Le public, qui chérit sa propre image, ne pouvait donc s’adresser à

Cézanne; et c’est pourquoi la diversité de ses portraits est si peu

étendue. Cette autre précieuse raison: amour frénétique et touchant de

chacun pour soi-même, devait obliger Cézanne,--comme je l’ai déjà, pour

une autre raison, noté plus haut--, devait obliger encore Cézanne à

s’adresser à lui-même, à sa femme, à quelques admirateurs bien rares du

moment, et à ces humbles qui se soucient fort peu d’une beauté

conventionnelle. Aussi, comme pour Corot, ce sont--avec les figures--les

portraits peints par Cézanne qui déroutent le plus les amateurs.

Pourtant, c’est là, bien entendu, la partie la plus attachante, la plus

singulière de son œuvre.

Ses portraits sont rébarbatifs, grognons,--peints à sa propre image. Ils

n’ont pas, certes, cet air avantageux, immodeste, des portraits

ordinaires et extraordinaires. Et que Dieu en soit loué! Car l’impudeur

des portraits est, en général, une chose affligeante. Poser devant un

peintre et ensuite laisser parader son effigie, cela est un aveu de

stupide orgueil qui effare les âmes les plus molles. Avec Cézanne,

l’aventure est moins dangereuse. On ne peut, vraiment, portraituré par

lui, être qualifié de matamore ou de bellâtre. Et alors, il vous est

possible de placer au mur le portrait que vous accorda Cézanne. Du

reste, il recueillera bientôt, ce portrait, tellement de sottises,

louanges et railleries mêlées, qu’on l’enlèvera peut-être pour ne plus

le conserver que sous nos yeux, dans l’intimité d’une chambre de repos

ou de travail. Les portraits peints par Cézanne sont des compagnons sûrs

au royaume du silence.

Ah! la gravité mystérieuse, bougonne, du _Portrait de Mme

Cézanne_,--_à la pincette_ (Collection A. Pellerin)! Ce portrait où la

robe rouge chaudron épouse avec tant d’émotion la tenture verdâtre et le

fauteuil d’un jaune assourdi! Quel portrait en dehors de toute peinture,

d’une réalisation jusqu’alors inédite, où rien n’est sacrifié au désir

de plaire, où tout acquiert une singulière force de volonté et

d’humilité! Le peintre, cette fois, a tremblé devant la nature. Il s’est

contenté d’être patient, méditatif et foncièrement docile.

Des gens louent Cézanne paysagiste, Cézanne peintre de natures mortes,

et se rebiffent dès qu’on veut leur imposer des _Baigneuses_ ou un de

ses portraits. Il faudra encore des années de patients rabâchages pour

arriver à situer Cézanne tel qu’il le mérite. Le principal, c’est qu’un

groupe d’individus soit déjà arrivé à l’estime de ses paysages et de ses

natures mortes. Comprend-il ces œuvres-là davantage? Non, certes!

mais enfin elle a la douce manie de croire qu’elle peut comprendre

quelque chose, cette Ame de la Bourgeoisie, cette «Brute hyperboréenne

des anciens jours, cet éternel Esquimau porte-lunettes, ou plutôt

porte-écailles, que toutes les visions de Damas, tous les tonnerres et

les éclairs ne sauraient éclairer!» (Baudelaire, _Curiosités

esthétiques_). Et, si un jour, Cézanne devait passagèrement tomber même

dans l’oubli, quitte à reparaître deux cents ans plus tard dans une

lumière nouvelle d’apothéose, eh bien! nous persisterions, nous, à

croire--qu’avons-nous besoin d’approbation?--que Cézanne est haut parmi

les plus hauts, et que tous les livres et commentaires du Monde sont

d’ailleurs bien impuissants à exprimer son apport pictural, son génie,

en un mot, pour tout dire!

[Illustration: PORTRAIT DE CEZANNE par lui-même

PHOTO DRUET]

APPENDICE

BIBLIOGRAPHIE

THÉODORE DURET.--_Les Peintres impressionnistes._ (Floury, éditeur.

Paris, 1906.)

EMILE BERNARD.--_Souvenirs sur Paul Cézanne_ (Messein éditeur. Paris,

1912).

OCTAVE MIRBEAU ET THÉODORE DURET.--_Cézanne_ (Bernheim-jeune, éditeurs.

Paris, 1914).

AMBROISE VOLLARD.--_Paul Cézanne_ (Ambroise Vollard, éditeur. Paris,

1915).

CATALOGUE

DE QUELQUES ŒUVRES DE PAUL CÉZANNE

ET DATES DE QUELQUES EXPOSITIONS DE SES ŒUVRES

1860.--_Portrait de Zola._

_Le Jugement de Pâris._

1863.--_Un après-midi à Naples._

_La Femme à la Puce._

1864.--_Portrait de Cézanne par lui-même._

1865.--_Portrait du nègre Scipion._

_Portrait d’Antony Valabrègue._

_Portrait de Marion._

_Le pain et les œufs._

_Femmes au bain._

1866.--_L’après-midi à Naples et La Femme à la Puce._

_Portrait de Louis-Auguste Cézanne._

_Portrait d’Achille Empéraire._

1867.--_L’Enlèvement._

1868.--_Le Festin._

_La Léda au cygne._

1870.--_La Tentation de Saint Antoine._

_Scène de plein-air._

_Les toits rouges._

1871.--_La Promenade._

1872.--_La nouvelle Olympia._

_L’Homme au chapeau de paille._

1873.--_La maison du Pendu._

_La chaumière dans les arbres._

_La nouvelle tentation de Saint Antoine._

1874.--Première exposition avec les Impressionnistes

(chez Nadar, 35, Boulevard des Capucines).

1877.--Seconde exposition avec les Impressionnistes

(6, rue le Peletier, dans un appartement à

louer).

_Compotier de fruits._

_Portrait de Mme Cézanne._

_Portrait de M. Choquet._

_Les Baigneuses au repos._

1878.--_Baigneuses devant la tente._

_Le Déjeuner sur l’herbe._

_Dans la campagne d’Aix._

1880.--_Portrait de M. G._

_Auvers._

_La Léda._

_Portrait de Cézanne par lui-même._

1882.--Reçu au Salon officiel: Portrait de M. L. A.

1883.--_L’Estaque._

1885.--_La Corbeille de Pommes._

_Le Jas de Bouffan._

_La lutte._

1886.--_Gardanne._

1887.--_La Maison abandonnée._

_Étude de Baigneuses._

_Le grand Pin._

1888.--_Les Bords de la Marne._

_Mme Cézanne au chapeau vert._

_Le Mardi-Gras._

_La Forêt de Chantilly._

1889.--Reçu au Salon de l’Exposition Universelle.

1890.--_Portrait de Cézanne par lui-même._

_Portrait de M. Geffroy._

Expose aux _XX_ de Bruxelles. 3 peintures.

_Chaumière à Auvers-sur-Oise._

_Baigneuse._

1891.--_Portrait de Mme Cézanne dans la serre._

1892.--_Les Joueurs de cartes._

1894.--_Sous Bois._

1895.--Exposition d’un ensemble d’œuvres (galerie

Vollard).

1896.--_La Femme au chapelet._

_Le Liseur._

1897.--_Jeune fille à la poupée._

1899.--_Portrait de M. Ambroise Vollard._

Expose au Salon des Indépendants.

1900.--Reçu au Salon de l’Exposition universelle.

1901.--Expose au Salon des Indépendants.

1902.--Expose au Salon des Indépendants.

1903.--_Le Bouquet de Fleurs._

1904.--_Etudes de nus._

_Le Château-Noir._

Expose au Salon d’Automne.

1905.--_Les Baigneuses._

Expose au Salon d’Automne.

1906.--Année de la mort de Cézanne.

Ses derniers tableaux:

_Trois crânes sur un tapis rouge._

_Femmes joignant les mains._

1907.--Exposition rétrospective d’œuvres de Cézanne

au Salon d’Automne.

Galeries Bernheim-Jeune:

En Juin: Exposition d’_Aquarelles_.

En Novembre: _Fleurs et natures mortes_.

En Décembre: _Portraits d’hommes_.

1909.--Nouvelle exposition d’_Aquarelles_ (galeries

Bernheim-Jeune).

1910.--Exposition d’ensemble (_Peintures et Aquarelles_)

galeries Bernheim-Jeune.

1911.--Nouvelle exposition d’ensemble (_copies d’après

les maîtres, nus, Tableaux d’animaux, d’eaux, de

montagnes_), galeries Bernheim-Jeune.

1914.--Exposition de trente Peintures. Galeries Bernheim-Jeune.

[Illustration: PORTRAIT DE MADAME CEZANNE

(_Collection Auguste Pellerin_)

PHOTO DRUET]

TABLES

TABLE DES ILLUSTRATIONS

HORS-TEXTE

Pages

1 _Paul Cézanne_ (photographie) titre

2 _Louis-Auguste Cézanne_ (Photographie) 1

3 _Le Jas de Bouffan_ (Façade sur le jardin) 17

4 _Le Jas de Bouffan_ (La Serre) 33

5 _L’ancien atelier de Cézanne_ (Campagne d’Aix) 49

6 _La Villa au bord de l’eau_ 64

7 _Le grand arbre_ 80

8 _Maisons au tournant d’un chemin_ 97

9 _L’Estaque_ 112

10 _Les poires et le sucrier blanc_ 128

11 _Le Pacha_ 144

12 _La tentation de Saint Antoine_ 160

13 _Baigneurs_ 176

14 _Baigneuses_ 192

15 _Les Joueurs de cartes_ 210

16 _Portrait d’homme_ 216

17 _La vieille femme au chapelet_ 224

18 _Portrait de Madame Cézanne_ 232

19 _Portrait de Cézanne par lui-même_ 240

20 _Portrait de Madame Cézanne,--à la pincette_ 248

TABLE DES CHAPITRES

Pages

I.--Le Milieu 1

II.--Cézanne à Paris et les Influences 27

III.--Cézanne à Auvers 47

IV.--Cézanne et le public 73

Premières expositions 73

V.--Le Jas de Bouffan 95

Marseille 95

L’Estaque 95

VI.--Cézanne et ses contemporains 105

VII.--Cézanne se retire définitivement à Aix 119

VIII.--Sa fin et sa gloire posthume 147

IX.--La technique de Cézanne 163

X.--Ses paysages 181

XI.--Ses natures mortes 195

XII.--Ses compositions 209

XIII.--Ses figures 217

XIV.--Ses portraits 229

APPENDICE 241

DIJON.--IMPRIMERIE DARANTIERE.

* * * * *

Erreurs corrigées:

né le 19 Janvier 1839=> né le 19 janvier 1839 {pg 16}

réclama par d’enthousiates lettres=> réclama par d’enthousiastes lettres

{pg 22}

daus le désordre=> dans le désordre {pg 42}

vieille paonnne=> vieille paonnne {pg53}

raffinement=> raffinenement {pg 81}

En cette ocurrence=> En cette occurrence {pg 90}

le spectable=> le spectacle {pg 124}

ce dévoiment=> ce dévoiement {pg 162}

origiginaux=> originaux {pg 166}

Pissaro=> Pissarro {5 x} =>

Paul Cézanne · 第 7 / 7 段