IX

Plus loin, Rousseau prétend établir que, LES CITOYENS ÉTANT ÉGAUX (ce

qui n'est pas plus vrai des hommes que des arbres), nul n'a le droit

d'EXIGER QU'UN AUTRE FASSE CE QU'IL NE FAIT PAS LUI-MÊME, ce qui

condamnerait le souverain à monter la garde à la porte de son propre

palais, ou le général à combattre au même rang et au même poste que

chacun de ses soldats!

En matière de religion, J.-J. Rousseau professe dans le _Contrat social_

la doctrine impie qui impose la tyrannie de l'État jusque dans

l'inviolabilité des âmes, la doctrine de l'_unité de religion politique_

dans l'État; SANS CELA, dit-il, jamais l'État ne sera bien constitué.

Ainsi ce n'est pas seulement sa liberté que le citoyen doit céder au

roi, c'est son âme. Dieu est le sujet du peuple ou du roi!

Quel libéralisme dans ce législateur oppresseur de toute liberté! la

philosophie et la théologie aboutissant à une religion civile et non

divine!

Là finit le livre, car la tyrannie populaire ou royale ne va pas plus

loin! _Hic tandem stetimus nobis ubi defuit orbis._

Fermons donc ce livre, et plaignons le philosophe d'avoir rencontré un

tel peuple pour l'admirer, et plaignons le peuple d'avoir eu un tel

philosophe pour législateur!

X

Et maintenant que ce déplorable livre a porté ses fruits de démence et

de perdition dans une démocratie avortée, faute de véritable philosophie

dans son faux prophète, essayons de remettre un peu de bon sens dans la

philosophie politique du peuple, et de substituer en matière de

gouvernement quelques vérités pratiques, et par cela même divines, à ce

monceau de chimères devenu un monceau de ruines sous la main égarée des

sectaires d'un aveugle, qui écrivit de génie et qui pensa de hasard.

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 188 / 209 题