DEUXIÈME PARTIE.

I

Nous avons dit, dans le dernier Entretien, que J.-J. Rousseau, le

premier des hommes doués du don d'écrire, était par sa nature, par son

éducation, par sa place subalterne dans la société, par sa haine innée

contre l'ordre social, par son égoïsme, par ses vices, le dernier des

hommes comme législateur et comme politique, faux prophète s'il en fut

jamais, et dont les dogmes, s'ils étaient adoptés par l'opinion séduite

de son siècle, devaient nécessairement aboutir aux plus déplorables

catastrophes pour le peuple qui se livrerait à ce philosophe des

chimères.

Nous avons été confondu d'étonnement, en lisant ces jours-ci le _Contrat

social_, du néant sonore et creux de ce livre qui a fait une révolution,

qui a prétendu faire une démocratie, et qui n'a pu faire qu'un chaos.

Comment un peuple, qui possédait un Montesquieu, a-t-il été prendre un

J.-J. Rousseau pour oracle?

C'est qu'il est plus aisé de rêver que de penser; c'est que le vide a

plus de vertiges que le plein; c'est que Montesquieu était la science,

et que Jean-Jacques était le délire.

Analysons cet évangile d'un peuple qui avait Mirabeau, et courait à

Marat; les théories sont dignes des exécuteurs; tout mensonge est gros

d'un crime.

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 181 / 209 题