Tel est ce livre de politique divine autant qu'humaine. Cela est écrit,
comme cela est pensé, _divinement_. On dirait que la lumière d'une belle
âme y découle sans ombre sur le plus _bel esprit_ de tous les temps.
Cicéron, après ce traité de haute politique, voulut écrire sur la
législation, qui dérive de la politique; il écrivit le _Livre des Lois_;
il devait bientôt écrire le _Livre des Devoirs_, afin que la
civilisation tout entière eût pour ainsi dire son catéchisme dans ses
oeuvres, comme elle l'avait dans son âme et dans sa vie. La législation,
selon lui, n'était que la nature morale de l'homme bien interrogée, bien
écoutée, bien rédigée selon les circonstances spéciales et les vrais
intérêts du peuple romain.
Nous ne vous analyserons pas ce livre: ce commentaire des lois romaines
appartient plus à la jurisprudence qu'à la littérature. Admirez
seulement avec quel art d'écrivain Cicéron embellit l'aridité de son
sujet par les charmants péristyles du premier et du second discours sur
les _Lois_: