VII

La belle définition de la vertu, santé de l'âme, n'est pas moins

éternelle!... Une qualité permanente de l'âme, qui est la raison

elle-même en action!... Son portrait du sage ou du vertueux n'est pas

moins admirable de définition et de style.

«Ainsi supérieure et à la tristesse et à toute autre passion, ainsi

heureuse de les avoir toutes domptées, un reste de passion suffirait

toujours, non-seulement pour priver l'âme de son repos, mais pour la

rendre vraiment malade. Je ne vois donc rien que de mou et d'énervé

dans le sentiment des péripatéticiens, qui regardent les passions comme

nécessaires, pourvu, disent-ils, qu'on leur prescrive des bornes au delà

desquelles ils ne les approuvent point. Mais prescrit-on des bornes au

vice? ou direz-vous que de ne pas obéir à la raison, ce ne soit pas

quelque chose de vicieux?

«Or la raison ne vous dit-elle pas assez que tous ces objets qui

existent dans votre âme, ou de fougueux désirs, ou de vains transports

de joie, ne sont pas de vrais biens, et que ceux qui vous consternent ou

qui vous épouvantent ne sont pas de vrais maux; mais que les divers

excès ou de tristesse ou de joie sont également l'effet des préjugés qui

vous aveuglent, préjugés dont le temps a bien la force à lui seul

d'arrêter l'impression: car, quoi qu'il arrive, nul changement réel dans

l'objet; cependant, à mesure que le temps l'éloigne, l'impression

s'affaiblit dans les personnes les moins sensées, et par conséquent, à

l'égard du sage, cette impression ne doit pas même commencer.»

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 124 / 209 题