TROISIÈME PARTIE.

I

Les savants disent que l'atmosphère dont la terre est entourée a deux

régions distinctes selon la distance à laquelle cette atmosphère se

déroule autour de notre globe, et qu'ainsi, pendant que la partie de cet

air ambiant qui touche à la terre est agitée, troublée, souvent

bouleversée par les vents, les nuées, les orages, l'autre partie, la

partie la plus haute de l'éther, ne sent pas ces convulsions aériennes,

mais demeure calme et impassible dans une éternelle sérénité.

C'est ainsi que l'esprit des philosophes ou des politiques, tels que

Cicéron, échappe, en s'élevant dans les régions sereines et immuables de

la pensée, aux préoccupations personnelles qui les agitent au milieu du

sénat, du peuple, de la guerre civile, sur le sort de leur patrie ou sur

leur propre sort, et que ces esprits sublimes se réfugient dans la

philosophie et dans la religion pour ne plus entendre ou pour mépriser

de si haut les bruits et les oscillations du monde.

C'est ainsi que ce grand homme, séparé des rumeurs de Rome par les

montagnes de la Sabine et par le rideau de ses arbres, écrivait ses

_Tusculanes_, que nous vous analysions dans notre dernier entretien.

C'est ainsi que les grands esprits, en ce moment, se séparent

volontairement des préoccupations publiques et privées qui les

assiégent, pour monter avec Cicéron dans les régions des pensées

permanentes.

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 119 / 209 题