«Romains, je garderai religieusement la mémoire de ce que je vous dois,
tant que je jouirai de la vie; et, lors même que j'aurai cessé de vivre,
des monuments certains attesteront les bienfaits que j'ai reçus de vous.
Je renouvelle donc la promesse que je vous ai faite, et je prends
l'engagement solennel de ne jamais manquer ni d'activité pour saisir les
moyens de servir la patrie, ni de courage pour repousser les dangers qui
la menaceront, ni de sincérité pour exposer mes avis, ni d'indépendance
en résistant pour elle aux volontés de quelques hommes, ni de
persévérance en supportant les travaux, ni enfin du zèle le plus
constant pour étendre et assurer tous vos avantages et tous vos
intérêts.
«Oui, Romains, vous que j'honore et que je révère à l'égal des dieux
immortels, oui, mon voeu le plus ardent, le premier besoin de mon coeur
sera toujours de paraître à vos yeux, aux yeux de votre postérité et de
toutes les nations, digne d'une cité qui, par ses unanimes suffrages, a
déclaré qu'elle ne se croirait rétablie dans sa majesté que lorsqu'elle
m'aurait rétabli moi-même dans tous mes droits.»