Ces discours furent la base de la renommée et de la vie publique du
jeune Cicéron. Mais il fut consumé par sa propre flamme: son corps
fragile ne put supporter ces excès d'études, de parole publique, de
clientèle et de gloire dont il était submergé. Sa maigreur, sa pâleur,
ses évanouissements fréquents, l'insomnie, la voix brisée par l'effort
pour répondre à l'avidité et aux applaudissements de la foule, son
exténuation précoce, qui, pour une gloire du barreau et des lettres trop
tôt cueillie, menaçait une vie avide d'une plus haute et plus longue
gloire, peut-être aussi les conseils que lui donnèrent ses amis
d'échapper à l'attention de Sylla, qu'une si puissante renommée pouvait
offusquer dans un jeune favori du peuple, et que Cicéron avait
légèrement blessé en défendant un de ses proscrits que personne n'avait
osé défendre; toutes ces causes, et plus encore la passion d'étudier la
Grèce en Grèce même, décidèrent Cicéron à quitter Rome et le barreau, et
à visiter Athènes.