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Mais, si cette unité piémontaise de l'Italie, conception désespérée

d'une péninsule justement impatiente de nationalité qui ressuscite, ne

présente à l'Italie monarchisée qu'une perspective de déchirement

intestin sous la pression d'un roi militaire, et ne présente, au premier

grand trouble européen, que la perspective d'un reflux redoutable de

l'Allemagne en Italie; quelle perspective cette unité de la monarchie

de Turin, à Naples, à Palerme, à Rome, à Florence, à Milan,

présente-t-elle à la diplomatie pacifique de la France dans un prochain

avenir?

Examinons, et récapitulons:

Nous avons vu que l'alliance autrichienne était la seule alliance

d'équilibre et de paix pour la France, d'ici à très-longtemps.

Or la monarchie unitaire de l'Italie, sur la tête d'un roi de Piémont,

rend à jamais impossible l'alliance entre la France et l'Autriche.

Pourquoi? parce qu'une Italie monarchique unitaire, sur la tête d'un roi

soldat et sous le joug d'un peuple militaire comme les Piémontais,

tendra éternellement par sa nature à inquiéter l'Autriche, non-seulement

en Tyrol, mais jusqu'en Allemagne. Ne les voyez-vous pas, dès

aujourd'hui, former des légions hongroises et proclamer hautement le

plan d'insurger la Hongrie et de démembrer l'Autriche?

Or la seule menace d'insurger la Hongrie précipite de nouveau l'Autriche

dans les bras de la Russie. Je l'ai toujours dit aux publicistes

français et italiens, complices à leur insu de cette pensée

antifrançaise et antiitalienne: «Prenez-y garde! la première

insurrection fomentée par vous en Hongrie refait la sainte alliance.

«La Russie et l'Autriche oublieront ce jour-là tous leurs ressentiments,

pour écraser de leurs armées combinées les mouvements de la Hongrie, qui

pourraient remuer aussi la Pologne.--Avais-je tort? Demandez-le au

congrès de Varsovie: tout son mystère est percé à jour par qui sait lire

à travers les murailles.»

La monarchie unitaire piémontaise en Italie, à la tête de cinq cent

mille hommes, et l'Autriche toujours menacée, seraient donc sans cesse

l'arme au bras, l'une pour insurger, l'autre pour se défendre et

reconquérir.

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 26 / 209 题