XIX. LE SUPPLICE DE LA ROUE.

Le supplice de la roue fut importé d'Allemagne en France sous le règne

de François Ier. Ce supplice, dit M. Cheruel, consistait à placer le

condamné, les jambes écartées et les bras étendus, sur deux morceaux de

bois disposés en croix de saint André et taillés de façon que chaque

membre portât sur un espace vide. Le bourreau lui brisait, à coups de

barre de fer, les bras, les avant-bras, les cuisses, les jambes et la

poitrine; puis on l'attachait sur une petite roue de carrosse suspendue

en l'air par un poteau. On ramenait les jambes et les bras brisés

derrière le dos et on tournait la face du supplicié vers le ciel afin

qu'il expirât dans cet état. Quelquefois, les condamnés d'un tempérament

robuste résistaient aux coups du bourreau, et l'on en vit rester jusqu'à

vingt-deux heures vivants sur la roue. On relayait des prêtres autour

d'eux, et le rapporteur du procès était obligé de rester à

l'Hôtel-de-Ville tant que le condamné respirait encore. Quelquefois,

quand la vie se prolongeait trop chez le patient, le bourreau envoyait

demander la permission de le faire étrangler aux juges de la Tournelle

qui ne l'accordaient pas toujours.

Peines, tortures et supplices · 第 60 / 104 题