Le supplice de la roue fut importé d'Allemagne en France sous le règne
de François Ier. Ce supplice, dit M. Cheruel, consistait à placer le
condamné, les jambes écartées et les bras étendus, sur deux morceaux de
bois disposés en croix de saint André et taillés de façon que chaque
membre portât sur un espace vide. Le bourreau lui brisait, à coups de
barre de fer, les bras, les avant-bras, les cuisses, les jambes et la
poitrine; puis on l'attachait sur une petite roue de carrosse suspendue
en l'air par un poteau. On ramenait les jambes et les bras brisés
derrière le dos et on tournait la face du supplicié vers le ciel afin
qu'il expirât dans cet état. Quelquefois, les condamnés d'un tempérament
robuste résistaient aux coups du bourreau, et l'on en vit rester jusqu'à
vingt-deux heures vivants sur la roue. On relayait des prêtres autour
d'eux, et le rapporteur du procès était obligé de rester à
l'Hôtel-de-Ville tant que le condamné respirait encore. Quelquefois,
quand la vie se prolongeait trop chez le patient, le bourreau envoyait
demander la permission de le faire étrangler aux juges de la Tournelle
qui ne l'accordaient pas toujours.