On commençait par planter un poteau de sept à huit pouces de haut,
autour duquel, laissant la place d'un homme, on construisait un bûcher
en carré, composé alternativement de fagots, de bûches et de paille; on
plaçait aussi autour du bas du poteau un rang de fagots et un second de
bûches. On laissait à ce bûcher un intervalle pour arriver au poteau; le
bûcher était élevé jusqu'à peu près la hauteur de la tête du patient.
Le criminel était déshabillé, et on lui mettait une chemise soufrée; on
le faisait entrer et monter sur les rangs de fagots et de bois qui
étaient au bas du poteau. Là, tournant le dos audit poteau, on lui
attachait le cou et les pieds avec une corde, et le milieu du corps avec
une chaîne de fer; ces trois liens entouraient l'homme et le poteau.
Ensuite on finissait la construction du bûcher, en bouchant avec du
bois, des fagots ou de la paille l'endroit par lequel il était entré, de
façon qu'on ne le voyait plus; alors, on mettait le feu de toutes parts.
Il y avait un moyen pour que le patient ne sentît pas la douleur du feu
et qui s'exécutait ordinairement sans qu'on s'en aperçût: comme les
exécuteurs se servaient, pour construire le bûcher, de crocs de
batelier, dont le fer a deux pointes, une droite et l'autre crochue, on
ajustait un de ces crocs dans le bûcher, de façon que la pointe se
trouvât vis-à-vis du coeur; et, aussitôt que le feu était mis, on
poussait fort le manche de ce croc, la pointe perçait le coeur du
criminel, qui mourait sur-le-champ.