La chaîne du forçat est composée de dix-huit maillons; chaque maillon a
33 centimètres.
Voici comment s'opère l'accouplement. À peine descendu ou plutôt
transporté de la voiture cellulaire, le condamné est placé à plat ventre
sur la souche, un forçat lui fait plier le genou en lui élevant la jambe
jusqu'à la hauteur d'une enclume fixe; un anneau d'acier nommé la
manille lui embrasse la jambe, et aussitôt est fermé et rivé par le
marteau du ferreur. La chaîne est prise dans la manille. À l'aide d'un
anneau de jonction on marie les deux chaînes et on opère l'accouplement
ou la mise en couple.
Le condamné revêt une ceinture en cuir à laquelle est attaché un crochet
de fer qui supporte une partie de sa chaîne, et la relève le long de la
jambe jusqu'à la ceinture.
La double chaîne est une longue et lourde entrave qui attache à son banc
l'indocile, le récidiviste ou l'évadé quand il subit un jugement à
perpétuité. Cette attache laisse au condamné la faculté de faire
quelques pas dans la salle où il vit tout le jour parmi ceux qui
subissent la même peine et où il a surtout abondance d'air vital.
Un maillon triangulaire, qu'on nomme martinet, réunit pendant la
promenade dans le port qu'on accorde quelquefois plusieurs heures des
condamnés de cette catégorie; et la nuit il est fixé au ramas, anneau où
aboutissent toutes les chaînes.