Les prisons de la Seine sont au nombre de huit; plus quatre dépôts de
sûreté. Elles renfermaient l'année dernière, au jour où a été fait le
relevé des écrous, 4520 détenus, dont 3219 hommes et 1301 femmes.
Cette population se divisait ainsi:
Mazas, 1050 hommes; la Roquette (dépôt des condamnés), 384 hommes; la
Conciergerie (maison de justice), 82 hommes; Saint-Lazare (maison
d'arrêt et de correction), 2 hommes et 992 femmes; Madelonnettes (idem),
440 hommes; Sainte-Pélagie (idem), 526 hommes; Saint-Denis (maison de
répression), 618 hommes et 298 femmes; Clichy (prison pour dettes), 117
hommes et 11 femmes.
Voici comment le travail est divisé dans ces maisons:
* * * * *
À la Roquette, il y a surtout des cordonniers, des corroyeurs, des
natteurs, des papetiers, de la sparterie et des tailleurs.
À la Conciergerie, il n'existe pas d'ateliers; tout le travail se réduit
au service intérieur.
À Saint-Lazare, les spécialités de travail sont la couture, le
raccommodage, le service intérieur.
À Sainte-Pélagie, nous trouvons de grands ateliers: agrafes, boutons,
chaînes, chapelets, chaussonnerie, cordonnerie, cuirs, éventails,
menuiserie, joncs, plaques en cuir, sparterie, semelles, tailleurs et
service intérieur.
À Mazas, les industries sont moins nombreuses: les agrafes, les chaînes,
les chaussons, le cuir, les copistes, les épinglettes, les tailleurs, la
papeterie.
Aux Madelonnettes, mêmes ateliers, et, en plus, plumassiers, vieux
linge.
À Saint-Denis, mêmes industries.
La moyenne de la journée de travail est de 47 centimes.
Le travail a produit net: 420 946 fr. 82 c., qui ont été répartis:
157 315 f. aux hommes, 57 567 f. aux femmes et 205 973 f. à
l'entrepreneur.
Aux dépôts de sûreté, le travail est nul.
Nous donnons plus loin une très-minutieuse description de Mazas, la
prison la plus curieuse de Paris. Nous allons seulement passer en revue
quelques établissements pénitentiaires de la capitale, en indiquant
leurs caractères principaux.