L'ouragan de Nîmes

Le 9 août dernier, vers sept heures du soir, après une journée des plus

chaudes, une trombe s'est abattue sur la ville de Nîmes avec une

violence épouvantable. Pendant un quart d'heure, au milieu d'une

obscurité que déchirait de temps en temps la lueur vive des éclairs, il

est tombé des torrents d'eau mêlée d'énormes grêlons. L'effet a été

terrible. Le jardin de la Fontaine, le parc, inondés, étaient jonchés de

branches d'arbres; les baraques du champ de foire renversées, les

marchandises entraînées par les eaux. Pas de maison qui n'eut quelque

perte à déplorer. Je ne parle pas des vitres: les rues étaient pleines

de leurs débris; et des quatre mille carreaux qui remplissaient les deux

murs latéraux de la gare, il n'en était pas resté dix en place.

Hors de la ville, les ravages n'ont pas été moins grands. Les vignes,

les amandiers ont perdu leurs fruits; les champs ont été ensevelis sous

un linceul de feuilles et de pampres. Heureusement il n'y a point eu

mort d'hommes.

La tempête a suivi une zone étroite, longeant à peu près, sur une

étendue de 2 kilomètres à droite et à gauche, la voie du chemin de fer

depuis Saint-Cézaire jusqu'à Curboussot. Cependant, au delà de

Bouillargues quelques vignes ont été atteintes; par contre, dans la zone

indiquée, certaines places ont été épargnées. Anomalies singulières que

l'on a constatées dans presque tous les ouragans de grêle.

L'Illustration, No. 1591, 23 Août 1873 · 第 13 / 30 题