BEAUHARNAIS.

Bourienne et Lavalette me chargent de te faire mille complimens, et de

t'assurer de leurs respects.

À la Citoyenne BONAPARTE,

rue de la Victoire, n° 6,

à Paris.

* * * * *

Martigny, le 28 floréal an 8 de la république.

Je suis ici depuis trois jours, au milieu du Valais et des Alpes, dans

un couvent de Bernardins. L'on n'y voit jamais le soleil: juge si l'on y

est agréablement! J'aime bien de te voir gronder, toi qui es à Paris au

milieu des plaisirs et de la bonne compagnie. L'armée file en Italie;

nous sommes à Aoste, mais le Saint-Bernard offre bien des difficultés à

vaincre.

Je t'ai écrit souvent. Quant à mademoiselle Hortense, quand elle sera

grande dame, on lui écrira; aujourd'hui elle est trop petite: l'on

n'écrit pas aux enfans.

Cette pauvre madame Lucai est donc morte? Elle a bien souffert. Son mari

doit être bien triste. Je le plains. Perdre sa femme, c'est perdre sinon

la gloire, au moins le bonheur.

Mille choses aimables à Hortense, et mille douceurs à Joséphine.

Mémoires d'une contemporaine. Tome 2 Souvenirs d'une femme sur les principaux personnages de la République, du Consulat, de l'Empire, etc... · 第 67 / 69 题