Nous arrivons d'Aboukir en ce moment. Le général expédie un courrier, et
je n'ai le temps que de t'écrire deux mots. Les Turcs sont descendus le
25 du mois dernier; nous les avons battus complétement le 7 de ce mois;
une grande partie de l'armée est noyée, l'autre partie tient encore
dans, le fort d'Aboukir; nous les bombardons en ce moment; j'espère
qu'ils ne tarderont pas à se rendre.
Nous avons encore perdu un camarade. Moi, je me porte très bien. Je
pense sans cesse à toi. Je désirerais bien recevoir de tes nouvelles.
Adieu, on cachète les lettres. J'embrasse Hortense; je n'ai pas le temps
de lui écrire.