M. Valfour sourit avec indulgence.

--Rançon des grandeurs: on les contrôle. Cela ne gêne pas, en somme, et

pourquoi vous en occuper?

--Peste! s’écria René avec une nuance de rancune, vous ne teniez pas le

même langage lors de mon départ pour Paris!

--C’est qu’aussi, que voulez-vous qu’il arrive? riposta l’abbé sans se

démonter.

Au même instant, le gardien de bureau entra: mademoiselle Lormier

désirait parler à M. Chasseloup.

--Hé bien, introduisez-la!

--Mais M. Chasseloup vient de sortir, et il s’agit, paraît-il, d’un

renseignement urgent.

--Soit: qu’elle attende!

Et se tournant vers M. Valfour:

--Connaissez-vous?

Toujours prudent, l’abbé fit une moue incertaine.

--Un bon prêtre doit connaître chacun de ses paroissiens, au moins de

vue.

--Qui est-ce?

--Une personne fort bien, je crois, intelligente, pieuse, et qui vit

avec son père. Toutefois que vient-elle faire ici?

--J’en sais autant que vous. C’est une recrue nouvelle. M. Chasseloup

tient à la satisfaire.

L’abbé prit un air entendu:

--Je reconnais les procédés de la maison: les petits ruisseaux font...

--Les gros, voulez-vous dire.

--Pas possible!

--C’est ainsi.

L’abbé considéra René avec étonnement, puis ramassant son chapeau:

--Au genre de vie des Lormier, je ne l’aurais pas cru... Par où puis-je

m’évader sans être vu?

--Vous avez peur d’une rencontre?

--Non: pourtant, quand c’est réalisable, je préfère n’être aperçu qu’aux

lieux convenant à mon ministère.

--Parfait! Allez avec Broquant (René désignait en même temps le gardien

de bureau): il vous mènera au petit escalier.

Laissé seul, René revint ensuite attendre à sa table la cliente

annoncée. Corvée de métier, dépouillée d’imprévu. Chasseloup serait

désolé de ne pas recevoir lui-même cette Lormier. Au fait, peut-être

celui-ci rentrerait-il sous peu? Alors, autant ouvrir la porte de

communication, de manière à ne point le manquer: et s’étant levé, René

fit comme il disait. Quand il revint sur ses pas, la visiteuse entrait.

--Je vous en prie, mademoiselle, prenez place...

Il avança un fauteuil, et s’installant lui-même, poursuivit:

--Vous désiriez un conseil? A quel propos et en quoi pouvons-nous vous

être utiles?

Déjà plié au métier, il s’exprimait avec le ton détaché d’un marchand

d’épices prêt à ouvrir ses tiroirs au gré de la demande. Il ne regardait

même pas celle à qui il s’adressait: toutefois, en terminant, il se

sentit brusquement retenu par un détail stupide.

La personne qui était là, tenait dans une main un paquet de récépissés

et dans l’autre un parapluie, inutile par ce jour de beau temps, mais

dont le bec avait une forme que René croyait avoir aperçue déjà en

d’autres circonstances.

--Avant de vendre quelques-unes de ces valeurs, j’aimerais avoir

l’opinion de la banque, répondit mademoiselle Lormier.

Déposant ensuite les récépissés devant René, elle prit à deux mains le

parapluie, en promena l’extrémité sur le tapis et parut s’absorber dans

les dessins qu’elle traçait. Plus de doute: René reconnaissait aussi la

voix. L’inconnue de la gare et mademoiselle Lormier ne faisaient qu’un.

Il est parfaitement désagréable de se rendre compte qu’on s’est mépris

en certaines occasions: il est aussi d’usage qu’on affecte alors

d’ignorer ce qui a pu se passer. René reprit donc:

--De quelles valeurs s’agit-il?

Il fit mine en même temps de parcourir les récépissés: puis, parce

qu’aucune réponse ne venait, il se tourna de nouveau vers la visiteuse.

Celle-ci continuait de jouer avec le parapluie.

--C’est bien le même, dit-elle enfin, à l’instant où, entraîné par

l’exemple, René en regardait la pointe.

Aucune ironie perceptible, d’ailleurs. Mademoiselle Lormier semblait

évoquer ce souvenir comme une chose indifférente de sa vie.

Il balbutia, décontenancé:

--Mon Dieu! mademoiselle, croyez bien que, de moi-même, je ne me serais

jamais permis... Aussi bien, je sens en ce moment quelles excuses...

Elle l’interrompit:

--Vous plaît-il de me rendre ceci?

Elle désignait les papiers. Il crut que pour couper court à une

explication gênante, elle souhaitait y chercher tout de suite un

renseignement, et obéit. Mais elle en refit un paquet et de l’air le

plus naturel:

--La vérité est que je n’ai besoin d’aucune indication financière.

J’avais envie tout simplement de revoir mon compagnon d’un soir et de

m’entretenir avec lui. Êtes-vous disposé à reprendre une conversation...

qui fut, je l’avoue, un peu vivement interrompue?

Le plafond se serait écroulé aux pieds de René qu’il n’eût pas éprouvé

une moindre surprise.

--Il est clair, mademoiselle, que je ne puis que m’incliner devant ce

désir... inattendu; les souvenirs que j’ai dû vous laisser rappellent

par trop une inconvenance dont je sollicite humblement le pardon,

balbutia-t-il.

--Je conçois qu’ils vous gênent, surtout en ce moment, répartit

mademoiselle Lormier toujours paisible. C’est sans doute la raison pour

laquelle, passant tous les jours devant moi, vous ne m’avez jamais

aperçue.

Il protesta du geste:

--De cela, du moins, vous ne sauriez m’en vouloir, puisque je n’avais

pas entrevu votre visage!

--Mettons que vous êtes surtout occupé par un autre.

Et la pointe du parapluie sembla tenter de percer le tapis, cependant

que René s’inquiétait soudain.

Mademoiselle Lormier poursuivit:

--On annonce vos fiançailles: mes compliments... A quand la noce?

René, de plus en plus gêné, secoua les épaules:

--Mais... en vérité, rien n’est fixé... Cela dépendra.

--Oui, de beaucoup de choses: avec vous, il est prudent de ne rien

arrêter d’avance, car vos sentiments changent assez vite, si je m’en

rapporte à ma propre expérience.

Et mademoiselle Lormier, détournant la tête, sans doute pour ne point

voir l’accueil reçu par sa remarque cruelle, considéra la pièce voisine,

c’est-à-dire le bureau de M. Chasseloup. René trembla qu’elle ne voulût

fermer la porte; mais il n’en fut rien. Mademoiselle Lormier,

maintenant, était occupée à relever sa voilette. La chose faite, elle

revint à sa position primitive.

Durant un court moment se déroula ensuite une scène muette et

singulière. Tandis que le regard de mademoiselle Lormier, planté droit

sur René, semblait commander qu’il daignât au moins examiner les traits

qu’on lui montrait, René, tout à l’inquiétude du présent, persistait à

ne pas les voir, et devenu on ne sait quoi de fuyant, ajoutait sans le

vouloir un grief cuisant à ceux contre lesquels il prétendait se

défendre. Mademoiselle Lormier parut la première se lasser du jeu:

--Nous disions donc, reprit-elle, que la noce est retardée...

--Non, rectifia René, que la date n’en est pas arrêtée.

--Hé bien, je crois justement me rappeler qu’en entrant ici, je m’étais

proposé de vous inviter à l’ajourner tout à fait.

René accueillit, impassible, la menace que ces mots recouvraient.

--Me permettrez-vous, mademoiselle, de remarquer que, si réels que

soient mes torts à votre égard, vous n’avez aucun titre à me donner

pareil avis?

Mademoiselle Lormier eut un léger haussement d’épaules:

--Vous ferez bien pourtant de tenir compte de mon avertissement.

--Ah!... ce n’est plus déjà qu’un avertissement?

--Croyez-moi. Si vous ne vous résignez à la rupture, les Traversot en

prendront l’initiative.

--J’ignorais que vous eussiez le don de prophétie.

--Ce que je sais de vous me suffit.

--Vraiment! vous savez de moi...

--Beaucoup de choses... plus que vous n’en savez vous-même.

--Vous m’étonnez. Peut-on savoir lesquelles?

--Non.

On entendit un bruit sec: René jetait sur la table le coupe-papier avec

lequel il jouait machinalement.

--En tout cas, et si compromettant que puisse paraître l’abri momentané

offert par un parapluie, je doute que la divulgation en soit de nature à

me gêner!

--Si je désirais autre chose que votre bonheur, il eût été bien simple

de ne pas vous avertir, répliqua mademoiselle Lormier d’un ton paisible.

Et le jeu des yeux, les uns cherchant René, les autres fuyant devant un

appel qu’ils ne remarquaient pas, recommença silencieux.

On peut trouver surprenant que parvenus à ce point, René n’ait pas tenté

de rompre ou mademoiselle Lormier se soit obstinée à poursuivre un but

qui, à l’évidence, prétendait se dérober: c’est qu’il y a, quoi qu’on

pense, d’autres modes que la parole ou le regard pour communiquer. Dans

les circonstances importantes, les âmes recourent au contact direct. Ils

savaient tous les deux que, loin d’être épuisé, l’entretien n’avait pas

encore abordé l’essentiel.

Soudain, mademoiselle Lormier se raidit: enfin! René venait de

l’apercevoir.

Une seconde s’écoula, puis douloureusement:

--Vous n’aviez pas voulu me croire: suis-je assez laide?

--Oh! répliqua-t-il sans parvenir à cacher que cela lui était

indifférent, une femme ne se prétend jamais laide que lorsqu’elle ne

l’est pas.

--Vous êtes bien demeuré le même!...

Et un sourire bizarre éclaira les lèvres de mademoiselle Lormier. On

n’aurait pu démêler quelles parts de satisfaction et d’ironie y

figuraient.

--Le même? interrogea René.

--Si j’étais tentée de vous croire, je n’aurais qu’à rassembler mes

souvenirs pour m’assurer, grâce à eux, qu’entre deux déclarations, vous

mettez au plus un intervalle d’une heure. Supposons que, pour mon

malheur, j’aie pris autrefois la vôtre au sérieux...

--Mais vous ne l’a avez pas fait?

--Que je l’aie fait ou non, en quoi cela excuserait-il votre façon de

jouer avec le cœur des autres? A vos yeux, révéler à une pauvre fille

les premiers troubles de l’amour, l’enivrer de perspectives qui la

détacheront des bonheurs qu’elle avait, quoi de plus simple et pourquoi

s’en soucier? Par contre, il se trouve que je suis de votre monde ou à

peu près; que ma fortune est suffisante pour me valoir l’accueil

empressé de Chasseloup et Cie: aussitôt votre conscience s’inquiète:

avec très peu d’effort, vous songeriez à réparer!

--Êtes-vous donc si sûre qu’il n’y ait eu qu’un coupable? dit

brusquement René.

--Rassurez-vous, je ne m’épargne pas non plus.

--Alors, nous voilà quittes!

--Qu’en savez-vous? On ignore toujours le retentissement de certains

actes dans une âme, acheva mademoiselle Lormier tandis que son regard

allait chercher le sol.

L’accent et la phrase étaient si singuliers qu’aussitôt une pensée

effleura René. N’oubliez pas qu’il était accoutumé de conquérir et de

plaire.

--Vous ne prétendez pas?... commença-t-il, baissant subitement la voix.

Aucune réponse. Il était possible que mademoiselle Lormier se tût parce

qu’elle refusait de s’expliquer mieux, possible aussi qu’elle n’eût pas

écouté.

--Allons donc! reprit René, votre éducation, votre intelligence, votre

fortune même, tout affirme... je ne puis admettre qu’un bavardage d’une

heure ait suffi pour faire de moi autre chose qu’un passant!...

Mademoiselle Lormier releva brusquement la tête:

--Le regretteriez-vous, si cela était?

Il la contempla, à la fois désarçonné et satisfait. Il craignait aussi

d’être entraîné dans un piège.

--A quoi bon vous le dire, puisque cela ne peut être?

--Supposons pourtant... Il y a tant de gens dont la destinée s’oriente

en une minute; pourquoi pas la mienne?

--Dans ce cas, vous auriez su me retrouver. Je ne vous connaissais pas,

mais vous me connaissiez, n’est-ce pas? Vous m’auriez vu, parlé...

--Vous auriez même daigné me faire confidence de la dernière passion en

cours...

Un rire nerveux ponctua la réplique. Puis, soudain, changeant de visage

et redevenue pensive:

--Non, vraiment, surtout alors, je crois que je n’aurais pas reparu. De

loin, plutôt, sans me découvrir, je me serais d’abord attelée à vous

séparer de l’autre. La place nette, vous auriez accusé le hasard, maudit

les circonstances, jusqu’au jour où, me découvrant enfin, avec ou sans

votre consentement, je vous aurais conquis!

--Permettez-moi d’en douter, murmura René presque malgré lui.

--Parce que vous ignorez comment on aime! L’amour pour vous n’est que

caprice passager, dont la mémoire s’évapore avec le temps: pour moi,

c’est le monde où ceux qui se donnent ne se donnent qu’une fois. Ah!

comme je serai bien tout entière à celui que je choisirai! J’adore mon

père: il ne comptera plus. Je crois en Dieu: je ne saurai plus s’il

existe! Une seule volonté au fond de moi: vivre pour _lui_, avec

_lui_... Et ne croyez pas que je m’illusionnerai: à l’avance, j’aurai

mesuré tout ce qui nous sépare, et jusqu’à son cœur! Cependant, ayant

appris déjà à quel point il peut oublier, je n’aurais pas peur, tant je

serais assurée de faire toujours précisément ce qu’il souhaite. Je me

sens de taille à le rendre célèbre s’il en avait envie, et à vivre au

fond d’un bois, si cette ombre lui plaisait mieux. Pour le conquérir,

pour le garder, j’oserais... tout...

--Même le lui dire! interrompit René effrayé par la violence que de tels

mots trahissaient.

--Pourquoi pas?

Dédaignant désormais les faux-fuyants, abattant le jeu sans honte, elle

s’était dressée, le couvrait d’un regard impérieux; mais il arrêta du

geste les paroles qu’elle allait dire:

--Mademoiselle, n’estimez-vous pas que pour vous comme pour moi, il

convient d’interrompre ici un entretien qui ne peut être... qu’inutile?

En même temps, il s’était levé. Les yeux de mademoiselle Lormier

s’éteignirent.

--En effet, dit-elle, pour un peu, vous alliez prendre au sérieux mes...

suppositions, et moi oublier le reste...

--Le reste? répéta René.

A son tour, elle se leva sans répondre et abaissa sa voilette. Elle

faisait cela sans effort apparent: cependant, elle avait tant de peine à

se tenir debout, qu’elle dut prendre contre la table un appui momentané.

--De grâce, interrompit René, se rassurant déjà, allons-nous ainsi nous

quitter sur des paroles amères? Oh! je comprendrais très bien que vous

m’eussiez haï: mais puisque vous êtes venue, puisque j’espère vous avoir

témoigné mon sincère repentir, ne pourrions-nous, avant de nous séparer,

nous tendre amicalement la main, et de nos deux brèves rencontres,

garder au moins le regret de ne pas nous être mieux connus?

Il avait repris, sans y penser, les mêmes inflexions de voix caressantes

qu’au retour de la gare. Il était de ceux qui ne peuvent supporter de

n’être pas aimés, et qui, même sur le pas d’une porte, s’efforcent de

gagner quelqu’un qui ne reviendra plus.

--Mais où prenez-vous que nous ne nous reverrons pas? répliqua

mademoiselle Lormier.

--C’est peu probable.

--Vous avez tort, puisque je voulais précisément vous donner rendez-vous

ici dans huit jours.

--Pour quoi faire?

--Pour m’annoncer que, tenant compte de mes avertissements, vous avez

renoncé à l’idylle.

--Sinon?...

--Je m’engage à la rompre d’office.

René la contempla, se demandant s’il avait entendu.

--Quelle comédie jouons-nous? interrogea-t-il, se refusant à prendre au

sérieux la menace.

Mais les yeux de mademoiselle Lormier heurtèrent les siens:

--Aucune. Je finis seulement par où je comptais commencer: oubliez le

détour... et suivez mon avis.

--Quoi que vous pensiez de ma prétendue légèreté, imaginez-vous que mon

cœur va se déprendre dans la huitaine, parce qu’il vous plaît de vous

venger? riposta René, soulevé par une brusque colère.

--Je n’imagine rien. Je vous défends contre vous-même: cela suffit.

Elle continuait de le défier du regard. On la sentait implacable et

décidée à briser l’obstacle, quel qu’il fût, qui s’opposerait à ce

qu’elle avait résolu.

--Alors, c’est la guerre?

--Ou la paix... à votre choix.

--Jusques à quand?

Elle eut une brève hésitation et dut s’appuyer de nouveau contre la

table; puis, gravement:

--Jusqu’au jour où, ayant découvert la vérité, vous découvrirez aussi

qu’un grand amour vaut bien le sacrifice d’un peu de souffrance et même

les risques de la haine!

Une entrée bruyante l’empêcha de poursuivre: Chasseloup, revenu dans son

bureau, approchait brusquement et, pris de curiosité, dévisageait

l’inconnue.

--Mademoiselle Lormier, dit René froidement, qui vous attendait pour

vous entretenir de ses titres.

La haute taille de Chasseloup fit un plongeon:

--Ah! mademoiselle, désolé...

Ce fut ensuite l’entretien muet de trois visages. Celui de Chasseloup

s’offrait avec l’obséquiosité des grands jours; celui de René exprimait

le soulagement que donne l’arrêt, fût-il momentané, d’un entretien dont

on ignore s’il vaut mieux le poursuivre ou l’abandonner; mademoiselle

Lormier redevenue impassible toisait tour à tour les deux hommes.

--Vous désiriez, mademoiselle?... reprit soudain Chasseloup.

--Je ne souhaite plus rien, monsieur, puisque, grâce à M. de La

Gilardière, je pars aussi renseignée que je le pouvais souhaiter.

Et s’adressant à René:

--Il est donc entendu qu’à défaut de nouvelles, je serai fidèle au

rendez-vous. D’ici là, j’aurai pris mes mesures pour aider au résultat.

--Vous oubliez les récépissés, fit René d’une voix sourde.

--En effet...

--Accompagnez donc mademoiselle! dit Chasseloup.

--Inutile, je connais le chemin. Je ne l’oublierai pas.

Et l’allure hautaine, elle atteignit le seuil.

--Bigre! déclara Chasseloup, en voilà une qui me paraît savoir ce

qu’elle veut. De quoi s’agissait-il?

--Rien de sérieux... des indications d’avenir...

La voix de René était mal assurée. Tant que mademoiselle Lormier avait

été présente, elle ne lui avait pas fait peur: tout à coup, il

commençait de trembler pour Annette.

--L’avenir!... grommela Chasseloup, comme si vous ou moi étions capables

de le prévoir! Qu’elle le fabrique elle-même, si elle tient à l’avoir à

son gré!

René ne répliqua rien: n’était-ce pas cela précisément que mademoiselle

Lormier venait d’annoncer qu’elle ferait?

L'appel de la route · 第 29 / 41 题