Londres, _British Museum_, 12 mai 1862.
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Pour ce qui est de l'Exposition, franchement, cela ne vaut pas la
première; jusqu'à présent, cela ressemble à un fiasco. Il est vrai
que tout n'est pas encore déballé, mais le bâtiment est horrible.
Quoique fort grand, il n'en a pas l'air. Il faut s'y promener et s'y
perdre pour s'assurer de son étendue. Tout le monde dit qu'il y a
de très-belles choses. Je n'ai encore examiné que la classe 30, Ã
laquelle j'appartiens et dont je suis le _reporter._ Je trouve que
les Anglais ont fait de grands progrès sous le rapport du goût et de
l'art de l'arrangement; nous faisons les meubles et les papiers peints
assurément mieux qu'eux, mais nous sommes dans une voie déplorable,
et, si cela continue, nous serons sous peu distancés. Notre jury est
présidé par un Allemand qui croit parler anglais et qui est à peu
près incompréhensible à tout le monde. Rien de plus absurde que nos
conférences; personne n'entend de quoi il est question. Cependant,
on vote. Ce qu'il y a de plus mauvais, c'est que nous avons dans
notre classe des industriels anglais et qu'il faudra nécessairement
donner des médailles à ces messieurs, qui n'en méritent guère. Je suis
bombardé par les discours et les routs. Avant-hier, j'ai dîné chez lord
Granville. Il y avait trois petites tables dans une longue galerie;
cela était censé devoir rendre la conversation générale; mais, comme
on se connaissait très-peu, on ne se parlait guère. Le soir, je suis
allé chez lord Palmerston, où il y avait l'ambassade japonaise, qui
accrochait toutes les femmes avec les grands sabres quelle porte à la
ceinture. J'ai vu de très-belles femmes et de très-abominables; les
unes et les autres faisaient exhibition complète d'épaules et d'appas,
les unes admirables, les autres très-odieux, mais les uns et les autres
avec la même impudence. Je crois que les Anglais ne jugent pas ces
choses-là .
Adieu, chère amie. . . . . . .
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