Je ne perds pas un moment pour vous dire que je viens de recevoir
votre lettre du 13 de ce mois. Je vois que vous vous plaignez de
n'avoir pas reçu de lettres et je n'y comprends rien. Il y a dans
tout cela un mystère que je ne m'explique pas. Je vous félicite de
votre heureuse traversée. La mienne n'a pas été aussi bonne pour avoir
été moins longue, je suppose, mais cela ne s'applique qu'aux lettres
de Marseille; je suppose que tout le monde a perdu la tête lors du
passage de l'empereur, et que tous les services ont été suspendus. Un
négociant de Marseille, à qui j'avais écrit pour un envoi très-pressé,
m'a répondu hier qu'il n'avait pas eu le temps, à cause des fêtes. Il
paraît que personne n'était plus à son affaire. Nous avons, depuis
quelques jours, un très-beau temps. Probablement j'en aurais profité
pour aller dire adieu à la campagne, mais j'ai eu chez moi mon ami
Panizzi. Je l'ai emballé hier pour Turin, où il ne restera que quelques
jours. Il doit revenir à la fin de la semaine. Je suis mieux portant
depuis mon voyage en Ãcosse. Seulement, je dors fort mal. Je vous envie
le spectacle que vous allez avoir: la partie arabe, qui doit avoir
un certain caractère d'étrangeté; vous m'en ferez une description
détaillée, j'espère. Adieu, chère amie. Veuillez m'écrire aussitôt que
vous aurez reçu ma lettre. Dites-moi ce que vous pensez de ces lettres
perdues ou retardées, et donnez-moi vos ordres pour le petit paquet que
j'ai à vous envoyer. Je me suis abstenu de chercher moi-même un moyen,
persuadé que vous en trouverez un. Adieu; prenez bien soin de vous. . .
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